Anthesis : l'art du complexe et du DIY

Le trio métal néo-brunswickois Anthesis lançait plutôt cette année son nouvel album, The Age of Self, fidèle à ses origines DIY et à son lourd et complexe mur de son. BRBR s'est entretenu avec Scott Miller, le guitariste et chanteur du groupe pour jaser de son processus créatif et de sa place parmi la scène des musiques lourdes des Maritimes.

Photo de couverture : Anthesis. Photo : Mike Erb

L'âge du DIY

Anthesis enregistre sa musique soi-même depuis ses débuts en 2006. The Age of Self ne fait pas exception à cette règle.

« Nous avons remarqué une amélioration sur chacun de nos disques, donc plutôt que de demander à quelqu'un d'autre, on répète l'expérience », affirme Scott Miller.

Avant les idéaux du mouvement DIY, cette façon de procéder permet plutôt de faciliter la vie du groupe.

« Ça n'a jamais été une décision consciente, mais plutôt une nécessité. Si on dépense 10 000$ sur l'enregistrement, on ne s'en sort pas parce qu'on ne fait pas d'argent avec notre musique. On est rendu au point où on est confortable avec l'ensemble du processus, de l'enregistrement, aux pochettes et même à l'impression des t-shirts. Ça rend les produits finaux tellement plus personnels que si nous n'étions pas proactifs et qu'on attendait le résultat des mains de quelqu'un d'autre. »

Ce dévouement et ce sens du détail s'entend sur The Age of Self. Miller précise avec fierté qu'une des critiques souligne que le disque donne l'impression d'avoir été enregistré en direct, off the floor.

« C'est un immense compliment. On a tout enregistré individuellement de manière séparée dans le temps. Avec un produit cohésif comme celui-là, que les autres remarquent aussi, c'est une réussite. »

L'âge de l'équilibre

Anthesis compte sur les mêmes trois membres depuis ses débuts. Pour Miller, complétée par le bassiste Scott Lilly et le batteur Andrew Martin, cette chimie favorise l'équilibre entre la complexité et la lourdeur de ses musiques.

« J'écris seul majoritairement et le côté technique me vient de manière spontanée. Pour une raison ou une autre, quand j'écris, ça sort en une rythmique en 7/8 ou 13/8, mais ce n'est pas calculé. On tente aussi de garder toujours un groove dans les chansons, même lorsqu'elles sont dissonantes ou bruyantes. »

Parlons-en du groove et de la dissonance. À un spectacle de Anthesis, il existe une ligne précise entre les spectateurs attentifs au détail et à ceux qui veulent se laisser aller sur la lourdeur des musiques.

« Avant, ça nous déstabilisais, parce qu'on ne savait pas si les gens nous aimaient ou s'ils restaient les bras croisés parce qu'ils s'ennuyaient. Au final, ces derniers venaient nous voir pour exprimer à quel point ils aiment notre musique. C'est bien que les gens soient attentifs. J'aime mieux ça que ceux qui se battent entre eux », précise Miller en riant.

À défaut de pouvoir tourner dû aux engagements professionnels et familiaux du trio, ceux-ci prévoient faire entendre leur musique par deux canaux.

« On va tenter d'écrire et enregistrer le plus possible pour combler le manque de spectacles. »

Le deuxième canal se fait par l'entremise des autres passionnés de musique lourde du monde.  À preuve, The Age of Self est disponible sur cassette via la maison de disques américaine Hibernation Release, basée à Philadelphie.

« Ce fut pas mal spontané. Je partage souvent des disques sur Instagram et la maison de disques s'est abonnée à mon compte. On a jasé du disque d'Anthesis, mais vu que les disques compacts et les vinyles étaient déjà imprimés, je leur ai demandé s'ils voulaient sortir The Age of Self sur cassette et ils ont dit oui. Ce fut aussi facile que cela. »

The Age of Self, disponible depuis le 9 juin 2017.