Ariane Vaillancourt : La grande séduction

Pianiste et chanteuse techniquement très solide, Ariane Vaillancourt s’illustre déjà (ceci est une prédiction éditoriale !) comme l’une des favorites de la 21e Francouvertes. On a discuté avec elle.

Photo de couverture : Ariane Vaillancourt. Crédit : Philippe Provencher.

Sa prose est poétique, sa musique, généreusement instrumentée, est terriblement cinématographique. Sorti en octobre 2016, son premier EP témoigne de son ambition dévorante comme musicienne, comme artiste. Ariane Vaillancourt ne fait pas dans le folk banal ou le rock lo-fi.

FIG. 1, c’est le titre de cet opus initiatique, se compose de sept pièces : cinq chansons et deux interludes qui appellent au rêve. Un maxi qui évoque le froid, des titres comme La Banquise et Aurores Boréales en témoignent, une thématique qui s’étend bien au-delà du champ lexical. « Il y a plusieurs personnes qui me disent que ma musique a quand même une tendance un peu scandinave, se réjouit Ariane, à la manière de Sigur Rós. J’ai l’impression que c’est dû au fait qu’il y a beaucoup d’espace, que c’est assez nostalgique comme musique. »

 

Ce qui marque aussi sur cette offrande, c’est la qualité des arrangements et le nombre d’interprètes qui accompagnent l’auteure-compositrice sur les bandes. Une choriste, un contrebassiste en plus d’un quatuor à cordes, un guitariste/bassiste/claviériste (en l’occurrence : le polyvalent Pierre-Philippe Côté) et un percussionniste. De fidèles comparses qui, pour la plupart, l’entoureront aussi sur la scène du Lion d’or dans le cadre de la première ronde des Francouvertes. Un set de seulement 30 minutes, après tout, mais pour lequel elle sort le grand jeu. « Je me gâte. […] On va être une gang. Je vais avoir le quatuor à cordes avec moi en plus du band. La seule différence, c’est que la contrebasse sera remplacée par une basse électrique. »

Essentiellement composé d’extraits du EP, le court programme s’annonce riche et surtout purement organique. Ariane Vaillancourt, voyez-vous, se tient plutôt loin des populaires trames enregistrées. Les pads ? Très peu pour elle. « On y va au naturel. Pour moi, c’est sacré. »

Au gré des saisons

Totalement investie de son art, cette diplômée de l’École nationale de la chanson de Granby a commencé par étudier le piano classique avant de tergiverser vers le jazz et la musique populaire. Une expertise, un parcours académique qui s’entend.

Ariane Vaillancourt de trois-quarts.

Ariane Vaillancourt - Crédit : Philippe Provencher.

En parlant avec elle, on réalise aussi qu’un lien presque ésotérique la lie à son instrument principal, ce piano qui la guide dans son processus de composition. « C’est comme si la musique me dit quelque chose. C’est incroyable pour ça, la musique. Elle porte un message, une émotion, un sentiment. Après ça, j’essaie de le définir avec des mots pour appuyer ce que la musique me dicte. »

Bientôt, promet-elle, d’autres chansons verront la lumière du jour. Des partitions et des paroles qui, cette fois-ci, seront vraisemblablement teintées par la chaleur du printemps.

Vendredi 17 mars à la Petite Boîte Noire, Sherbrooke
(En double plateau avec Maxime Auguste)

Lundi 27 mars au Lion d’Or, Montréal
(Dans le cadre de la ronde préliminaire des Francouvertes)

FIG. 1Disponible maintenant