Ariel

Photo de presse du groupe Ariel

Après une fracassante victoire aux Francouvertes de 2009 et un premier album fort remarqué, la formation Ariel s’était faite plutôt discrète ces dernières années. Voilà qu’ils reviennent en force avec Fauve, un album autoproduit qui penche largement vers le grunge. Comme quoi la scène rock francophone est loin d’être éteinte! Entretien avec Ariel Coulombe, leader de la formation.

C’est avec un esprit d’urgence et de survie qu’Ariel a composé le deuxième opus de la formation. Préoccupé par de nombreux défis, il a d’abord et avant tout cherché à maintenir le groupe en vie pour arriver à faire un deuxième album. « Il y a beaucoup de ça dans Fauve dans les textes et dans les ambiances, il y a toute cette urgence de vivre et de survivre ».

Il faut dire qu'après la sortie du premier disque, les choses n’ont pas été de tout repos pour la formation montréalaise. S’il s'est écoulé près de 3 ans entre les deux albums, ce n’est pas qu’Ariel était parti en retraite créative, mais plutôt parce que la formation n’arrivait plus à s’entendre avec son label. « La maison de disque avec qui on était pour le premier album a été vendue à une grosse compagnie qui a remplacé toute l’équipe avec laquelle on avait signé au départ. On a bien essayé de s’entendre avec eux, mais en vain, ça n’a vraiment pas fonctionné. On n’avait vraiment pas la même vision ni de l’art ni de l’industrie de la musique ». Ils ont donc mis fin à leur contrat préférant produire eux même l’album, tout en prenant en main la réalisation, pour créer une œuvre sans compromis, un album qu’ils ont voulu encore plus rock que le précédent.

Remplacer une bête de scène… par une bête de scène!

Entre temps, le guitariste Philippe Lemire a tranquillement délaissé la formation afin de se joindre à Dance Laury Dance. La conciliation des horaires devenant de plus en plus difficile, les membres d’Ariel l’on zenement laissé partir, les forçant toutefois à se réorganiser. Avant son départ, Phil a composé Espace, seule pièce de l’album n’étant pas entièrement écrite par Ariel Coulombe. « C’est la première fois qu’une chanson se retrouve sur un de nos albums et qu’elle n’a pas été composée juste par moi, c’était une expérience, puis ça a été fructueux. C’était un genre de testament de Phil juste avant de partir, et on était content de mettre ça sur l’album en l’honneur de beaux moments passés avec lui. »

Une importante décision a cependant dû être prise par le groupe, à savoir s’ils cherchaient à remplacer le guitariste ou plutôt la bête de scène qu’était Philippe. Quitte à se retrouver avec deux bassistes, ils ont choisi d’intégrer Marie-Anne Arsenault à la formation, optant du même coup pour l’énergie plutôt que pour la guitare. « On s'est dit que ça nous prend d’abord une bête de scène, ça nous prend de la personnalité, plus que d’absolument remplacer le départ de Phil à la guitare. Et puis d’avoir deux filles dans le groupe, ça amène une dynamique différente, ça amène une plus grande richesse au niveau des harmonies vocales ». Un changement qui semble avoir été plutôt bien accueilli par les fans.

Photo de presse du groupe Ariel

S’éloigner de la formation rock classique

Malgré cet important renouveau, le son du groupe n’en a pas souffert pour autant. Au contraire, pour Ariel ce changement arrive à point donné, puisqu’il était un peu tanné de la formation rock très classique formée d’une basse, d’un drum et de deux guitares. Il avait envie de composer pour d’autres instruments tout en demeurant un band de rock.

Avec une basse en plus et une guitare en moins, l’album Fauve est plus lourd que le précédent. Un son qui s’éloigne légèrement du hard rock pour se rapprocher du grunge. Et comme pour en rajouter une couche, Ariel a invité un saxophoniste baryton à se joindre à eux le temps de quelques pièces, accentuant du même coup le côté pesant de l’album, tout en brisant ce modèle rock plus classique duquel il cherchait à s’éloigner.

L’idée du saxophone lui est venue en découvrant St. Vincent, une guitariste indie rock américaine qu’il a beaucoup écoutée entre ses deux albums. « Elle utilise des brass de temps en temps, souvent quelques cuivres, un saxophone ténor ou baryton, puis ça m’a donné envie d’amener un invité sur l’album! » À cette influence s’ajoute l’envie d’un retour quasi nostalgique aux années 1990, pour donner un son plus grunge à l’album. « J’ai ressorti des vieux trucs, du vieux Nine Inch Nails, du Nirvana, j’avais envie d’amener un esprit un peu grunge à cet album là. Je voulais qu’on sente un peu plus de saleté, qu’on sente un peu plus le groupe, la pièce dans laquelle on a joué, donc je me suis laissé baigner un peu par l’atmosphère du grunge du début des années 1990. » Le résultat est plus qu’intéressant et fort apprécié dans l’univers musical récent, où les artistes folks et country ont été plus nombreux que les groupes rock francophones.

C’est avec un certain empressement qu’Ariel attendait de pouvoir remonter sur scène. Après des lancements plus que réussis à Québec puis à Montréal, c’est à Gatineau que la formation entame sa tournée qui les mènera d’un bout à l’autre du Québec au cours du printemps et de l’été. À surveiller!