Cellarghost : facteur bud

Parmi l'offre anglophone néo-brunswickoise, Cellarghost se distingue avec son post-punk architectural et hypnotique. BRBR a rencontré le groupe, en plein blizzard, à l'aube de la sortie de son nouvel EP, Ritual.

Photo de couverture : Cellarghost. Crédit: Blake Creamer.

Moins d'un an après la sortie de In The Whiteout, un premier album phare de la communauté artistique néo-brunswickoise, Cellarghost récidive avec Ritual.

« Nous avons tous un besoin constant de poursuivre sur notre lancée », affirme Charles Harding, batteur du quatuor originaire de Fredericton.

Bien que celui-ci avoue aimer la longueur du processus d'enregistrement afin de peaufiner chaque détail, le groupe précise toutefois que ses chansons ne sont jamais coulées dans le béton et que même les titres du premier disque bénéficient d'une évolution constante.

« Nous avons les chansons de Ritual avec nous depuis assez longtemps pour que nos parties respectives changent selon ce qu'offrent les autres gars », souligne Luke Wilson, le bassiste.

« C'est important pour nous d'explorer de nouvelles avenues et expériences du côté musical », précise Charles.

Ça s'entend à un spectacle de Cellarghost. Sur scène, la section rythmique met sous cadenas une solide toile sur laquelle les guitaristes imposent des couleurs foncées qui attirent la foule avec son caractère mélodieux. Le résultat est un monument de béton gris érigé de chanson en chanson.

« Il y a beaucoup de communications et de pensée critique entre nous quatre. Avec tous nos spectacles en 2016, on sait jauger ce qu'on veut amener aux oreilles des gens en concert », résume Charles.

Le résultat impose une dynamique naturelle à la formation, qui livre ses envolées avec le dynamisme de ses instruments saturés et la précision de son offre. Selon Colin Bonner, le guitariste, cela se traduit sur scène en ouvrant de nouvelles portes au groupe.

« Y'a plus de passages instrumentaux. Même les grooves ont plus de grooves. »

Pochette de Ritual, le nouvel EP de Cellarghost

Pochette de Ritual par Graeme Kennedy.

La patience des quatre gars est récompensée; ceux-ci ont réconcilié l'urgence de leur spectacle à leur amour du travail en studio.

« En enregistrant le EP par nous même, nous étions très confortables lors des différentes prises. On a pris notre temps et ça nous a permis de garder un résultat plus près de notre son en spectacle », précise Carter Boyle, le chanteur du groupe.

Sur le premier extrait de Ritual, Mothic, ce dernier offre un constat universel : « Why am I drawn to that which harms me? » – traduit librement à « Pourquoi suis-je attiré vers des trucs qui sont néfastes pour moi ? » – Nul besoin de chercher une réponse à cela toutefois.

« Je ne sais pas, c'est pourquoi c'est une question », répond-il en riant.

D'amour, d'amitié et de tacos

Bien qu'établi à Fredericton, le groupe tient ses origines de pratiques dans un sous-sol de la région de Saint John, toujours formé des quatre mêmes membres.

« C'est de l'amour », avance Colin.

« Bud factor », rétorque Carter.

Cet amour fraternel et le facteur bud, combiné à une chimie évidente permet à Cellarghost de transcender uniquement la musique.

« S'Il n'y avait pas de groupe, nous écouterions quand même de la musique ensemble tout en jouant à Dr. Mario. Ça nous arrive aussi de faire des tacos », résume Colin.

« Nous avons aussi appris à jouer nos instruments les uns avec les autres », souligne Luke.

Cette dynamique existe au-delà du groupe, au sein des diverses têtes d'affiche de la scène indépendante du Nouveau-Brunswick où l'authenticité et la camaraderie servent de point commun.

« Les meilleures formes de créativité ont lieu avec une amitié. Être dans un groupe, c'est se dévouer à une relation qui fonctionne, » précise Charles.

S'il reçoit un accueil chaleureux et attentif des foules du Nouveau-Brunswick, le groupe prévoit partir en tournée au printemps et à la fin de l'été. Celui-ci ne s'en cache pas, mais il a hâte de prendre la route pour se faire de nouveaux amis.

« J'aimerais visiter l'ouest du pays, je ne suis jamais passé là-bas », rappelle Carter.

Ritual sera disponible le 25 février.

Spectacles de lancement :

Le 25 février au Capital Complex à Fredericton avec Jane Blanchard et OCOV.
Le 28 février au Taco Pica de Saint John.
Le 3 mars au Thunder & Lightning de Sackville.
Le 4 mars (pour tous) chez Read's à Fredericton, avec Sour Smoke et Wrote.