Charles-Antoine Gosselin, le nouveau chapitre

Il était reparti avec la médaille d’argent aux Francouvertes 2015, juste derrière Dylan Perron et Elixir de Gumbo. Deux ans plus tard, il dévoile le fruit du chemin parcouru depuis cette première expérience de création musicale en français. Rencontre avec Charles-Antoine Gosselin qui présente cette semaine son premier album solo, Bleu soleil.

Crédit photo de couverture : Le Petit Russe.

Deux ans depuis le dévoilement des premiers balbutiements de son projet… Ça a été long avant qu’on ait un album à se mettre sous la dent ! « C’est le temps que ça a pris, dit Charles-Antoine. Au moment des Francouvertes, j’avais cinq tounes pis ce sont les cinq tounes que je faisais durant le concours. Il fallait que j'étoffe le tout ! » C'est par la suite avec la somme gagnée en remportant le concours de Petite-Vallée qu'il a pu enregistrer l'album.

Connu d’abord au sein de la formation sherbrookoise Harvest Breed, il a évolué en développant l’habitude d’être bien entouré pour désormais faire cavalier seul.  « Je fais tout de façon autonome. C’est indépendant. Je passe mes journées à répondre à des courriels et ça m’arrive de me sentir dépassé. Je prends donc le temps qu'il faut pour faire chaque chose », admet l’auteur-compositeur.

Embrasser l'écriture franco

Les textes empreints de nostalgie de Charles-Antoine nous amènent vite dans ses zones cachées, mais il assure qu’il ne possède pas de technique précise pour écrire ses chansons. « J’ai beaucoup moins de pudeur qu’avant quand j’écris et j’ai l’impression qu’en français t’as pas vraiment le choix de chercher un peu plus parce que les formulations peuvent devenir cliché plus vite. En anglais, tu peux toujours t’en sortir avec un yeah baby. »

Il a rapidement eu la piqûre des histoires à raconter parce qu’en français, on sait que les gens devant nous comprennent tout ce qu’on leur raconte. « Ça m’a même donné le goût de m’ouvrir davantage. Je voulais en dire plus à la fin de chaque toune », explique Charles-Antoine en riant.

Un vrai disque qu'on peut tenir

Co-réalisé par André Papanicolaou, Bleu soleil relate le passage d’une phase de vie à une autre, la transformation du quotidien. Concrètement, le soleil bleu, quant à lui, représente la lumière du matin, « celle qui teinte la chambre à coucher, très tôt, quand t’as pas dormi de la nuit. » Sincèrement attaché à l’objet que représente le disque, l’artiste se considère un peu old school. « Je saurais pas faire autrement, affirme-t-il. Ça doit être un assemblage officiel de douze chansons, sinon, pour moi, le projet devient obscure. J’écoute peu de musique, mais celle que j’écoute, c’est sur CD, dans mon auto. Et je vis une relation de couple avec chaque disque. J’y suis fidèle jusqu’à ce que je sois vraiment tanné. C’est un disque à la fois », plaisante-t-il.

En rupture avec la symbiose d’un groupe et en rupture avec la ville pour vivre à la campagne, Charles-Antoine Gosselin nous livre un premier album sincère où toutes ses petites ruptures nous accompagnent à travers les nôtres. « C’est aussi lumineux parce que les choses qui se sont terminées me permettent de sortir de ma coquille aujourd’hui. J’espère que ça pourra toucher les gens. »

Bleu soleil sera disponible partout le 14 avril.