Claude Munson : Élargir les horizons

Claude Munson Pochette. Couverture par Arianne Beauchamp

Claude Munson est quelqu’un de très occupé ces jours-ci. C’est au cours d’un de ses rares moments libres que j’ai finalement pu le rencontrer au Raw Sugar Café, dans le Chinatown d’Ottawa, quelques heures avant son show au Pressed.

Il faut dire que Claude gère les open mics du Café Nostalgica et du Mugshots, en plus de travailler au même Mugshots ainsi qu’au Pressed. À ces emplois s’ajoutent quelques heures sur appel dans d’autres cuisines. Et bien sûr, Claude est d’abord et avant tout un auteur-compositeur-interprète plutôt prolifique côté spectacles, un ou deux par semaine. Bref, pas étonnant qu’il soit difficile de trouver un trou dans son horaire.

Voyager pour se reposer…  et travailler!

Mais si Claude est autant occupé, c’est un peu beaucoup parce qu’il se prépare à passer plusieurs mois en Europe, essentiellement en Irlande, Écosse et Angleterre. Des vacances bien méritées, mais aussi une façon de se renouveler, d’aller chercher de nouvelles inspirations, d’être challengé. « J’ai mis deux ans pour préparer le premier album, puis j’ai fait des shows pendant un an et demi. C’est toujours les mêmes tounes, ça devient répétitif, j’ai besoin d’inspiration (…) Je joue 2-3 fois par semaine, j’ai développé un niveau de confiance. Je suis comme coincé dans ma ville. C’est soit que je fais ce voyage-là, soit que je pars à Montréal ou Toronto, mais je ne veux pas ça, j’pas un gars de grande ville, j’aime ça ici, j’aime la vibe à Ottawa ».

En Europe, après un peu de repos, Claude espère donc pouvoir se mettre à composer, « le plus possible, pour pouvoir aller piger le meilleur ensuite ». Mais aussi faire des prestations ici et là, des open mics, question de se faire connaître un peu ailleurs, mais surtout question de « scoper » son matériel, de s’approprier ses chansons. D’ailleurs, s’il n’a pas trouvé le temps de booker d’avance quelques spectacles comme il l’espérait, il s’est déjà déniché une petite auberge « play to stay » à Dublin…  Ce qui n’est pas négligeable quand les dépenses sont en livres sterling!

Claude Munson en spectacle.

Retour aux sources

En plus de partir quelques mois à l’étranger, dernièrement, Claude est aussi retourné passer quelques jours avec son frère dans un chalet près de la mer au Nouveau-Brunswick. Né en Chine et ayant passé son enfance en Nouvelle-Écosse, c’est toutefois au Nouveau-Brunswick que se trouve sa famille élargie, et, surtout, c’est là qu’il allait, enfant, passer ses étés. « Y avait comme la magie des souvenirs d’enfance. J’aimerais ça y retourner pour enregistrer. » D’ailleurs, Il y a écrit quelques tounes, inspirées par le départ de sa blonde en Europe… qu’il s’en va rejoindre dans quelques semaines.

Avec quelques chansons écrites depuis un moment, dont certaines même au moment de faire son précédent album, il y a deux ans, et pour lesquelles la pré-production est déjà amorcée, des tounes écrites au Nouveau-Brunswick et d’autres qui le seront en Europe, le prochain album promet d’être riche en influences. Mais Claude assure quand même que l’album sera cohérent. Le prochain album, qu’il prévoit intituler « The silence came after », du nom d’une des pièces qui figurera à l’album, fera d’ailleurs une belle suite au précédent « The storm outside ».

Paul Simon, Van Morrison, Bob Dylan et les autres

Il reste que le prochain album sera moins mélancolique et plus rock’n’roll, plus dynamique, plus « été », dit celui qui écoute beaucoup du Led Zeppelin, Paul Simon, Van Morrison et Bob Dylan, ces derniers temps. Aussi, sa voix et ses chansons devraient être mises un peu plus de l’avant par rapport au premier album où c’est l’ensemble du band qui était mis de l’avant.

Claude Munson revient néanmoins avec pratiquement la même « équipe », soit le bassiste Philippe Charbonneau (Ferriswheel, Scattered Clouds) ainsi que Thean Slabbert (Bosvel) et son vieux compagnon Pascal Delaquis (Phil Motion & the easy lo-fi) que Claude a connu à l’école secondaire de Lasalle, et avec qui il avait formé le défunt groupe franco-folk-gitan Marabou… Une expérience qu’il a visiblement beaucoup aimé et qui, m’avoue-t-il, il aimerait bien revivre un jour.

Toi et moi

Autre expérience qu’il a bien aimé et ne détesterait pas revire un jour : écrire des chansons pour la télé ou le cinéma. Celui qui a composé la chanson thème de la série Toi&Moi dit avoir eu beaucoup de fun avec cette expérience, même si c’était parfois difficile de vivre avec les deadlines serrés et le devoir de répondre à des besoins spécifiques…  Aussi difficile que de chanter en français! Même s’il a grandi en bilingue (père anglophone, mère francophone) et qu’il s’exprime parfaitement dans les deux langues, au point qu’il n’exclut pas de chanter davantage en français, ses influences sont essentiellement anglophones. « Personnellement, ce sont souvent des tounes anglo qui m’émeuvent, me rentre dedans. Mes grandes influences demeurent aussi Jeff Buckley et la poésie de T.S. Eliott. »

Claude Munson sera en spectacle au Café-bistro Le Troquet (Gatineau) le 4 novembre (20 h) et au Raw Sugar Café (Ottawa) le 7 novembre.