Contact Ontarois 2014 : retour sur l'événement

Premièrement, si je vais parler de Contact Ontarois, il faudrait expliquer qu’à moins d’être musicien, de travailler dans le monde du spectacle, ou de participer au milieu culturel franco-ontarien, c’est normal de pas savoir c’est quoi.

Dans le fond, c’est une semaine de spectacles (des vitrines, de 20 minutes), à laquelle assistent divers diffuseurs de spectacles. Les artistes viennent un soir faire un spectacle; leur agent reste la semaine pour vendre le show. Bien sur, il y a aussi des ateliers, des vitrines scolaires, des spectacles “after”, et un salon le samedi (comme un salon du livre, mais avec des agents d’artistes), mais généralement ça ressemble à ça. C’est un modèle qui existe à travers le Canada, et qui permet à plein d’artistes de se faire connaitre.

Stef Paquette en session BRBR.

Quelques réflexions (parce que j'arrive pas à faire un article plus cohérent que ça):

- C’est l’année de Stef Paquette. Deux vitrines, cinq prix (les prix sont accordés par divers diffuseurs et c’est d’habitude de l’appui financier pour des tournées), et un public en feu, Stef Paquette a pris à cœur sa victoire de l’an passé aux prix Trille Or pour l’album Le Salut de l’arrière-pays. Il n’a que deux albums en plus de 15 ans de carrière, et sa carrière musicale prend souvent le bord au profit de ses autres carrières d’animateur radio, de comédien télé, et même de formateur dans des festivals scolaires, mais si sa semaine à Ottawa laisse présager quoi que ce soit, c’est qu’il sera souvent sur scène en 2014. Sa vitrine de théâtre (La Vraie Vie de Stef Paquette) où il termine sa scène en battant un voleur jusqu’au sang, en a laissé plusieurs confus que leur adorable clown (ah oui, j’ai oublié de le dire, mais Stef Paquette, en franco-ontarie, c’est la plus grosse vedette qu’y’a) soit si violent. Mais son show de musique, la dernière soirée, a levé en ciboulot. Un standing ovation après la première toune. Pauvre Jonathan Painchaud, qui venait de jouer.

- Je ne sais pas exactement comment les sélections sont faites ni comment les vitrines sont attribuées. Je sais simplement qu’il y a certaines vitrines que j’ai vues qui n’auraient pas dû être là, et des artistes que je sais qui auraient dû y être qui n’y étaient pas. L’exemple numéro un pour moi, c’est l’ottavien-via-Paris-via-Togo Wolanyo. Sans passer de commentaires sur sa musique, sa vitrine était faible, son show n’était pas prêt. Manque d’assurance, trac, ou simplement en besoin de rodage, je ne sais pas, mais je l’aurais plus vu dans un concours comme Ontario Pop, où les musiciens maison et la semaine de formations (par, entre autres, Stef Paquette) l’auraient grandement aidé.

De l’autre coté, il y a Marie-Claire Cronier, qui a fait paraitre un disque à l’été passé, et a fait tourner des têtes à Granby cette année, qui s’est essayée à Contact Ontarois, sans succès. Pour l’avoir vu à maintes reprises, je peux dire que son show (avec ¾ de Strange Attractor en guise de band Hula-Hoops) est beaucoup plus tight que celui de Wolanyo. Pourtant, c’est ce dernier qui a joué, dans une vitrine grand public, juste avant les Hay Babies.

- Si Marie-Claire n’a pas eu de vitrine, ça ne l’a pas empêchée de venir passer la semaine à Ottawa, voir des vitrines, faire la fête et serrer des mains. Va de même pour les gars de Pandaléon, de Mastik, et d’AkoufèN. Anique Granger et Patrick Wright, participants à une soirée préContact organisée par la SOCAN, sont restés toute la semaine. Le vendredi soir, les musiciens de Dayv Poulin (le Paysagiste) sont arrêtés à Ottawa vendredi soir avant de se rendre à Montréal le lendemain pour commencer l’enregistrement d’un nouvel album. Ces gens viennent voir des spectacles, faire la fête, tisser des liens, viennent participer au processus dans le fond. Ça donne des moments comme Pandaléon et les Haybabies qui jasent de leurs albums jusqu’aux petites heures du matin, ou VioleTT Pi et Mastik qui essayent de trouver de la bière ensemble après le last call, et ça c’est juste les choses que j’ai vues, mais il se passe de centaines de moments semblables pendant la semaine. Tout le monde se connait et ça donne une atmosphère ben ben ben vivable. Les gens le reconnaissent même; on entend souvent “Est-ce que c’est ton premier Contact?”. Des membres du groupe Automat, de Québec, n’étaient pas en vitrine cette année, mais sont venus passer la semaine à Ottawa quand même pour revoir les gens qu’ils avaient rencontrés l’année d’avant. Melanie Brulée, auteure-compositrice-interprète de Toronto-via-Cornwall et partenaire de tournée d’Anique Granger (comme l’a si bien démontré l’émission Arrière-Scène), lance bientôt un album en français et a profité de Contact Ontarois pour rencontrer plein de monde.

Tout ça pour dire que c’est vraiment quelque chose de voir tous ces Franco-ontariens à la même place en même temps.

- Mehdi Cayenne Club va avoir une grosse année. Checkez ça.