Di Astronauts : Dans une galaxie près de chez vous

C’est à Stoneham, près de la station de ski homonyme, qu’est fabriqué le reggae dancehall électro de Di Astronauts. Une musique joyeuse qui fait rêver de Jamaïque, de Tunisie et de la planète Mars.

Il y a les musiciens qui filent à vive allure dans leur entonnoir, sans jamais écouter ce que leurs voisins font, puis les gens comme Di Astronauts. Des mélomanes voraces qui ratissent les ondes, les sites d’écoute en continu et qui font un gros gâteau avec leurs ingrédients coup de cœur.

En phase avec notre temps, et non sans évoquer Major Lazer eux-mêmes, ils pensent leurs chansons pour un marché global (voire intergalactique) tout en saupoudrant l’album de quelques hits à vocation radiophonique. Une stratégie qui s’avère déjà fructueuse sur le plan local puisque le réseau Energie leur a emboîté le pas en faisant entrer Feeling Better au firmament des hits en rotation forte. Marieme s’emballe : « Lou il l’a entendu deux fois à la radio hier ! »

Lou Bélanger, c’est (accessoirement) l’amoureux de Marieme, le père de ses enfants même, et surtout son grand complice artistique. Certains se souviendront de CEA, projet qu’ils menaient alors avec l’Indien Guillaume Lwazo Sirois, et le même Bob Bouchard qui complète le noyau de Di Astronauts. Un duo auquel se greffe Marieme, l’énergique et sensuelle Sabrina Sabotage (feu Orange Orange), le prince du dancehall arabe King Abid, Pyroman Thierry, les gars de l’émission chyzienne Crehall Soljah Sound System et un type qu’on connaît moins : Papa T.

« Tyron Topping, ça fait trente ans qu’il est au Québec. C’est un pâtissier de formation et il fait de la musique depuis le début des temps de sa vie, détaille Marieme. Nous on fait des shows avec Ty depuis mon premier album en 2011. On l’entend sur Vert Jaune Rouge, sur Danse à Babylone… Il est toujours avec nous en show parce que c’est un bon humain, il a une belle énergie, parce qu’il est bon et on l’aime ! »

« Vous avez toujours été des buddies de la musique »

Amis depuis 1992, depuis le secondaire, Lou et Bob ont passé par une grosse phase exploratoire avant de jeter leur dévolu sur la pop teintée par le hip hop et le reggae. Bouchard se confie : « On trippait beaucoup sur les Doors. Tu sais comme pas par où commencer quand tu t’embarques là-dedans ! T’as aucune idée. Tu taponnes, tu pioches, tu joues avec des petits synthés, tu tapes sur la guit. C’était pas concret, mais c’était nos premiers balbutiements. »

Bob et Lou au secondaire (via Facebook)

Ces deux gars-là sont comme des high school sweethearts (de la création) qui auraient fini par se marier. Des âmes sœurs du groove, en somme, deux geeks des machines à rythmes, des claviers et des échantillonneurs en tous genres qui ont eu la chance de se trouver tôt. « La communication et les processus créatifs, c’est simple ! On se comprend vite. Des fois, en studio, on n’a même pas besoin de se parler. »

Comme un clin d’œil au millésime de cette rencontre déterminante, les gars reprennent All That She Wants de Ace of Base sur la plage 11 de l’album. Une reprise reggae et, ça va de soi, un peu cosmique. L’hymne idéal pour l’ouverture des terrasses !

Di Astronauts se produira le 15 juillet à 20h devant l'Assemblée nationale (Scène Fibe) dans le cadre du prochain Festival d'été de Québec.