Eko : de « band de covers » à auteurs-compositeurs

Le groupe Eko (anciennement Eko!) a commencé comme plusieurs autres, en interprétant les succès de leurs artistes préférés. Dans leur cas, c’était les Cowboys Fringants, Tryö ou encore Mes aïeux. Sauf que contrairement à la plupart des autres, le succès, si on peut le dire ainsi, a été plutôt (trop ?) rapide.

Photo de couverture : Eko. Crédit : Martin Lalande.

L'histoire d'Eko a commencé en 2006, lorsque que le groupe a décidé, un peu sur un coup de tête – comme ça, pour le fun – de faire un show lors d'un gala hommage à Gatineau. S’en suivra des prestations lors des principaux festivals de l’Outaouais, tels que Outaouais en fête et le Festival des Montgolfières, avec à la carte des premières parties de leurs idoles d’alors, les Cowboys fringants.

Le succès se transpose aussi au niveau des concours : Concours de la relève culturelle, Gatineau prend la scène et finale Outaouais de l’Omnium du rock. Définitivement, leur talent d’interprète ne faisait aucun doute.

Le besoin d’ajouter le talent d’auteur-compositeur au talent d’interprète

Mais voilà, après un certain temps, les gars – et la fille – d’Eko commencent à être tannés de continuellement jouer les mêmes pièces… et surtout, les pièces des autres. Au talent d’interprète, il fallait aussi ajouter le talent d’auteur-compositeur.

« On roulait toujours  avec le même stock, on a fait tous les festivals avec à peu près la même soixantaine de chansons, donc c’est sûr qu’on avait pu rien à proposer. De faire des covers, nous on se tannait, on avait le goût de faire notre propre stock, mais on en avait pas » d’expliquer François Larivière, guitariste du groupe.

S’amorce donc un premier processus de création qui aboutira à un premier EP. Peut-être était-ce par déformation professionnelle, mais leurs créations y étaient un peu trop collées sur leurs influences.

C’est lors de leur tentative aux Francouvertes que cette réalité viendra les frapper de plein fouet, les juges ne se faisant pas prier pour le leur faire remarquer. Avec le recul, François admet que c’est probablement la meilleure chose qui pouvait leur arriver.

Eko : Geneviève Morasse (violon), François Larivière (guitare) et Jérémy Flynn (percussions), accompagnés de Vincent Compagna (basse) et Nathan Vanheuverzwijn (piano) lors du lancement d'album. Crédit photo : Martin Lalande.

La quête d’identité

Commence donc la quête pour développer un son plus personnel, plus authentique. Et aux grands maux les grands remèdes, les membres du groupes cessent – ou presque – d’écouter de la musique pendant deux ans, question d’être libre de toute influence.

Mais après le tournant des Francouvertes viendra un autre tournant majeur : après leurs études collégiales, certains des membres quittent pour Montréal. Notamment, François veut y trouver du travail en production télévisuelle, ce en quoi il avait étudié.

Avec la distance qui sépare les membres et les horaires variés de chacun, il devient de plus en plus difficile de trouver des occasions de spectacles. Et le groupe n’a pas non plus de nouveau stock à présenter. Ça commence à sentir la fin pour Eko... ce qui inspirera d’ailleurs une des pièces de l’album, Un homme à la mer, écrite par Jérémy Flynn, percussionniste du groupe.

Mais quoi de mieux qu’une passe difficile pour faire émerger la créativité ? Ainsi, François raconte être parti à Montréal « pour me retrouver, me trouver une identité. J’avais rien, je suis arrivé dans mon appartement dans Hochelaga, j’avais aucune job, j’savais pas où je m’en allais dans la vie. […] j’ai commencé à composer. Il y a des affaires super personnelles, super intimes qui se reflètent sur l’album. C’était comme une façon de me soigner, parce que j’ai vécu des moments difficiles là-bas pis la façon que j’ai trouvé pour me soigner a été de composer un album. »

Un premier « vrai » album

C’est ainsi que le groupe aboutira sur son premier « vrai » album, Maintenir le cap, qui malgré tous les changements de cap que le groupe ait pu vivre au cours des dernières années, porte bien son nom : « À travers tout ça, on n’a pas lâché, pis on s’est pas lâchés » souligne François.

Au bout du compte, le groupe aura accouché d’un album comme il le souhaitait, c’est-à-dire avec un son qui leur est propre. On peut parfois trouver des ressemblances avec certaines de leurs influences ici et là, notamment Harmonium qui s’est rajouté à la liste des influences du groupe (ce qui est tout à fait à propos pour un groupe dont l’une des principales caractéristiques sont les harmonies vocales), mais on ne peut certainement pas les taxer d’en être que de pâles copies.

Et pour combler le tout : leur show de lancement a affiché complet…  Comme quoi leurs fans attendaient impatiemment le Eko véritable.