Festival (506) : de l'importance de ne pas sous-estimer le nord du Nouveau-Brunswick

BRBR a participé à la dernière édition du Festival (506), un événement de réseautage, de conférences et de vitrines, organisé par l'association de la musique du Nouveau-Brunswick. Retour sur quatre jours passés sur le bord d'une rivière dans une région sous-estimée de la province.

Photo de couverture : Brookside Mall au Festival (506). Toutes les photos sont de l'auteur.

Jour 1

Pour la première fois de son histoire, le Festival (506), événement de vitrines et de réseautage au Nouveau-Brunswick, se rend dans le nord de la province, à Miramichi plus précisément.

Miramichi est une drôle de bête avec son statut de métropole du nord, répartie en plusieurs quartiers éloignés les uns des autres par des autoroutes et séparés par une rivière qui sert toutefois de pilier à la vie.

C'est toute pour la poésie, car l'événement s'ouvre avec le gala de la remise des prix qui récompensent les artisans de l'industrie de la musique provinciale.

Si la soirée ne lève pas plus qu'il faut, on a tout de même eu droit à un Fais faillite des Hôtesses d'Hilaire, à qui l'on devrait remettre le prix de la toune de l'année à l'ADISQ. Notons que le groupe repart avec les trophées de l'artiste rock de l'année, enregistrement de l’année, enregistrement de groupe de l’année et choix du public.

Les Hôtesses d'Hilaire en représentation sur la scène du Festival (506).

Les Hôtesses d'Hilaire au gala du Festival (506).

Au passage, d'autres chouchous de BRBR sont sortis du centre communautaire francophone de Miramichi avec des prix, entre autres Kill Chicago et l'album de l'année (anglais), et Simon Daniel pour la statuette récompensant la découverte de l'année.

Il faut plutôt attendre l'after pour que la soirée prenne son envol pour de bon avec un open mic où Serge et Mico des Hôtesses y vont d'une prestation en bedaine pour charmer les plus romantiques à Miramichi ce soir. Tant mieux, en retournant vers les quartiers généraux du Festival (506) la rivière sert de point de repère pis c'est beau. Souhaitons le courant de celle-ci emporte également le mal de bloc des délégués demain matin. Bravo, paysage de Miramichi.

Jour 2

Les choses se passent à Miramichi, pendant que les plus téméraires se remettent des émotions de la veille. Les artistes en vitrine arrivent en ville, plus rapidement que le trafic, réduit à une voie, sur le pont principal de la ville.

Le premier sur scène, Pierre Guitard, y va d'un rock ambiant mélancolique, parce que « c'est ben beau l'bonheur, mais y'a pas yinque ça dans vie, » comme le souligne le principal intéressé. En plus de la solidité de son groupe, ce dernier livre la meilleure toune de la fin de semaine, L'amour est gone, un urgent brûlot concis à l'intention garage qui se glisse dans nos trippes, pour chavirer nos coeurs avec la précision d'une peine d'amour. Bravo Pierre, ce fut la meilleure vitrine du Festival (506), d'après l'auteur de ces lignes.

Pierre Guitard sur scène au Festival (506)

Pierre Guitard au Festival (506)

Avec un nouvel album en poche, Kevin McIntyre interprète des chansons tirées de L'axe du viseur, quelque part entre The War On Drugs pis Overbass, parce que le trio n'hésite pas à employer deux basses. Le nouveau matériel opère pleinement sur scène, car on a affaire ici au point d'orgue de l'auteur-compositeur.

Kevin McIntyre aux claviers et micro sur la scène du Festival (506)

Kevin McIntyre au Festival (506).

En fin de soirée, David in the Dark fait danser Miramichi au grand complet grâce à leur rock americana fait sur mesure pour la ville ouvrière. On prend deux caisses de ces chansons remplies d'hameçons qui permettent de finir la soirée avec un sourire en plein visage, gracieuseté de ce groupe qui semblent partager la plus belle amitié de la fin de semaine.

David in the Dark sur scène au Festival (506)

David in the Dark au Festival (506)

Jour 3

Si la programmation des vitrines de ce soir ressort moins du lot que celle de la veille, on retient la vitrine de Cy, fraîchement débarqué des Îles-de-la-Madeleine. Après une tournée monstre de la côte est, le groupe a gagné en confiance au niveau de la livraison de ses chansons, mais aussi en efficacité dans ses interventions.

Cy sur scène au Festival (506)

Cy au Festival (506).

Un peu plus tard, Dillon Ryan's Hindsight offre un post-punk fortement influencé par les The Cure de ce monde. Héros de la région, Dillon repart de Miramichi avec le prix du meilleur jack de la fin de semaine.

Il est temps de reprendre la route vers l'autre bord de la rivière, même si un arrêt nécessaire s'impose pour un bon vieux roteux format jumbo d'un camion de bouffe, pas si douteux que ça finalement. Merci, centre-ville de Miramichi.

Jour 4

Le temps fait son oeuvre et à part quelques âmes courageuses prêtes à affronter cette dernière journée du Festival (506), la grande majorité des délégués et musiciens repartent vers le sud de la province. Heureusement Lisa LeBlanc, héroïne locale originaire d'un village à deux pas de Miramichi, offre des chansons de son nouvel album accompagné de son groupe, mais aussi de plusieurs membres de la famille venus sur scène pour l'occasion. Déjà, le matériel anglophone de l'auteure-compositrice s'impose comme des incontournables, tout comme la reprise d'Ace of Spades, livrée avec l'intensité nécessaire pour amener un peu de Lemmy à Miramichi.

Lisa LeBlanc sur scène au Festival (506)

Lisa LeBlanc au Festival (506).

Pour le reste, il faut déjà reprendre la route, le cœur ben gros après avoir découvert une région si sous-estimée du Nouveau-Brunswick. Merci, Miramichi.