FET.NAT : Danse le lab

C’est au Temporaire, un atelier et espace de diffusion artistique établi dans le Vieux-Hull, que les gars de FET.NAT. m’ont donné rendez-vous. À leur arrivée, JFNo et Pierre-Luc me racontent à quel point ç’a été difficile de trouver un café en cette matinée ensoleillée, et me font remarquer à quel point le centre-ville est désert la fin de semaine. S’en suivra une longue conversation sur les difficultés de convaincre les Gatinois d’animer leur ville et surtout de s’intéresser à autre chose qu’aux courants artistiques mainstream.

La formation semble pourtant tirer plutôt bien son épingle du jeu. S’étant fait remarquer il y a un peu plus d’un an par Benoit Poirier de feu Bande à part (NDLR: nouveau collaborateur de BRBR, soit dit en passant), le collectif formé d’artistes aux nombreux projets connexes a réussi à attirer l’attention, aussi bien dans la région que dans d’autres coins du pays. À la base, FET.NAT. c’est d’abord et avant tout une gang qui se rassemble pour le simple plaisir de jouer ensemble et tester leurs idées. Olivier Fairfield (batterie) et Pierre-Luc Clément (guitare) sont derrière les compositions, JFNo y ajoute voix et paroles, alors que Davey Quesnel et Daniel Boivin se chargent de la basse. Plus récemment, le saxophoniste Linsey Wellman s’est joint à eux, et la slameuse Marjolaine Beauchamp les accompagne de temps à autre.

Les gars perçoivent le collectif comme étant une façon d’expérimenter et de tester leurs idées; un truc vivant qui ne cesse de se transformer. « Il n’y a pas de ligne directrice, avance JFNo, on vit constamment des changements et on a le culot de se “bander” sur commande; on pourrait classer ça comme un lab». La formation est effectivement un véritable laboratoire, en constante évolution; ce qui compte totuefois le plus, c’est le plaisir de jouer ensemble: «On a déjà toutes nos petites business, mais quand on arrive ensemble, on a du fun; c’est pour ça que ça marche.»

C’est donc sur une base irrégulière que les gars se rencontrent, au gré de leurs implications dans d’autres projets et des possibilités de concerts qui s’offrent à eux. Selon Pierre-Luc, de tous ses bands, c’est le seul qui soit aussi flexible. « On fait pas trop de répètes, parce que s’il y en a trop, on trouve qu’on devient pas assez brun. En fait lorsqu’Oliver trouve que c’est rendu trop tight, il tente de nous surprendre pour nous déstabiliser; il fait exprès pour nous débalancer». Le résultat peut parfois être surprenant, mais, selon ce dernier, c’est toujours fait sur une base volontaire et contrôlé.

Cette complicité est d’ailleurs palpable lorsqu’ils montent sur scène, où les changements de dernière minute et les improvisations sont la norme. « On se connait bien, donc sur le stage on peut se permettre de se surprendre. Et ça rentre toujours au poste, car on est habitué de jouer ensemble », assure Pierre-Luc. Ils seront d’ailleurs de passage à la Casa Del Popolo de Montréal le 7 août prochain (ce soir), puis au Festival Arboretum d’Ottawa le 17 août, où ils seront l’une des rares formations francophones à se produire lors de cet évènement. Car le collectif propose effectivement des compositions en français, parsemé de mots anglais, et rien n’indique qu’ils changeront de formule. « J’ai perdu le goût de composer en anglais, je ne trouve pu ça le fun », avance JFNo, « par contre je compose de plus en plus en franglais; c’est ce que je préfère du rock québécois ».

C’est ainsi que leur prochain album, dont l’enregistrement est prévu entre les concerts de Montréal et d’Ottawa, sera dans la continuité des précédents. Plus léché selon JFNo; moins léché selon Pierre-Luc! Les deux éclatent de rire en affirmant que c’est ça la beauté de FET.NAT., chacun perçoit les choses à sa façon! Bien que le format ne soit pas encore clairement déterminé, la formation songe à opter pour un long jeu dont la face A sera plus conceptuelle, le brun de ce qu’ils veulent avoir, mais qui se termine souvent en queue de poisson, alors que sur la face B ce sera le contraire : vivant, avec des tounes quasi live.

Et l’avenir? Ils ne savent pas trop. Ils prennent les choses un jour à la fois, et tant qu’ils auront du fun ils vont continuer. « On n’a pas de cause. On a du fun. S’il y a de bons shows avec des amis puis de bons bands, on y va, pis sinon, on n’y va pas.»

Concerts à venir :

Casa Del Popolo (Montréal), le 7 août

Festival Arboretum (Ottawa) le 17 août

Mugshots (Ottawa), le 12 septembre