FFO : un deuxième soir pour plaire à un large public

La 2e soirée du Fesival Franco-Ontarien à Ottawa s’est ouverte de façon très festive avec la loufoque troupe de Marco et les Torvis. Mélanie Brulée a ensuite conquis le cœur des festivaliers, avant de céder sa place au multitalentueux Grégory Charles.

Marco et les Torvis sur le scène du Festival Franco-Ontarien.

Marco et les Torvis sur la scène du Festival Franco-Ontarien.

Je dois l’admettre, j’étais un peu moins enthousiasmé par cette deuxième soirée du Festival Franco-Ontarien, que par celle de la veille. Bien que Grégory Charles soit un artiste au talent indéniable, son style me rejoint peu. J’ai toutefois été agréablement surpris par les deux prestations qui le précédaient, soit celle de la formation Marco et les Torvis, ainsi que celle de Mélanie Brulée.

Marco et les Torvis cassent la baraque

Leur réputation les précède, et une fois de plus ils n’ont pas déçu. Dès la deuxième pièce, les sept musiciens de la formation Marco et les Torvis avaient déjà réussi à faire lever les festivaliers qui semblaient pourtant assis un peu trop confortablement sur leur chaise de parterre. Un exploit, car il faut l’admettre, le public de début de soirée n’est généralement pas le plus fougueux.

Ils sont passionnés, et ça paraît ! Leur musique très festive invite déjà à bouger, puis ils y ajoutent une bonne touche d’humour, tout en s’adressant continuellement à leur public. Et ça fonctionne !

D’abord, le saxophone, la trompette, la contrebasse et les solos d’harmonica donnent le ton. À cela, ils ajoutent par moment un banjo ou même un solo de poubelle en métal. Puis il y a Marco, le front man de la formation, qui entrecoupe les pièces de blagues, d’histoires loufoques ou incite simplement le public à entrer dans son jeu. On l’a entre autres vu aller s’asseoir dans la foule ou faire le clown avec sa guitare.

Penché vers l’avant, Marco de Marco et les Torvis a les deux bras dans les airs, baguettes aux mains, et s’apprête à frapper sur la poubelle de métal qui lui sert de batterie.

Marco de Marco et les Torvis nous offre un solo de poubelle en métal.

Mais au-delà de la prestation invitante, il y a leur musique. Un mélange de tsigane et de folk-pop. Certains disent d’eux qu’ils sont un mix entre les Colocs et la Bottine souriante… je suis plutôt d’accord ! Les pièces sont accrocheuses et les histoires s’élèvent déjà au rang de légendes.

Le groupe, qui a passablement tourné en Ontario au cours de la dernière année, a une impressionnante feuille de route à son actif. Ils ont acquis une expérience de scène indéniable, de sorte qu’ils savent être festifs même lorsqu’ils se retrouvent devant un public moins enthousiaste.

Si vous n’avez pas eu la chance d’être sur place hier soir, jetez un coup d’œil à leur liste de concerts et courez les voir s’ils passent près de chez vous !

Mélanie Brulée charme les festivaliers

La deuxième partie de la soirée était assurée par la talentueuse Franco-Torontoise d’adoption Mélanie Brulée. Accompagnée de sa guitare, et entourée de trois musiciens, elle a charmé son public qui, faut-il l’admettre, était conquis d’avance. Ayant grandi à Cornwall, elle était en terrain connu en montant sur une scène ottavienne, et ce, même si elle en était à sa première visite au Festival Franco-Ontarien.

Après quelques années au sein de formations anglophones, Mélanie a plutôt décidé de changer de registre et de composer en français. En plus de se sentir à l’aise de créer dans la langue de Molière, elle a réalisé que son public anglophone réagissait positivement à son répertoire francophone.

« J’ai passé quelques années à Toronto en faisant de la musique bilingue, surtout en anglais, mais chaque fois que je fais une pièce en français, les anglophones adorent ça, ils aiment ça avoir quelque chose de différent ! »

Penchée vers l’arrière, devant le micro, Mélanie Brulée s’exécute à la guitare sur une scène à l’éclairage rouge.

Mélanie Brulée sur la scène du Festival Franco-Ontarien.

Hier soir, en plus de présenter ses propres compositions, elle s’est également permis quelques reprises. Il y a d’abord eu Tandem de Vanessa Paradis, une pièce qu’elle avoue avoir souvent chantée, plus jeune, devant le miroir avec une brosse à cheveux entre les mains.

Puis il y a également eu cette reprise, fort réussite, de Balade à Toronto de Jean Leloup, qui pourtant, à première vue, ne cadre pas nécessairement avec son style musical, mais qu'elle a su transformer et s’approprier. « On l’a appris parce qu’on a fait Balade à Toronto [NDLR émission sur la chaîne Unis.tv] qui va être en onde cet automne. Au début, ce n’est pas une chanson que j’adorais, car c’est du spoken word, et je ne suis pas une spoken word artist, je suis une catchy pop artist. Ça détonnait ! Mais finalement, lorsque je l’ai travaillé, puis retravaillé, puis retravaillé, j’ai mis mon spin dessus et I can stand behind it ! »

Elle poursuit sa tournée estivale avec un arrêt au Festival folk sur le canal ce soir à Montréal, avant de reprendre la route en Ontario où elle a plusieurs concerts prévus en juillet.

Fin de soirée avec Grégory Charles

La soirée s’est ensuite poursuivie avec la prestation fort attendue de Grégory Charles. Dès les premières pièces, on a pu constater à quel point la scène est son milieu naturel. Tout est calculé, tout est mesuré, même s’il ne cesse de répéter qu’il ne sait pas ce qu’il fait et qu’il improvise.

Il sait comment s’y prendre pour plaire à son public et, je l’admets, il est très talentueux. Je lève également mon chapeau aux quelque 200 élèves du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario qui sont montés sur scène pour chanter avec Grégory Charles. Sans aucun doute une expérience inoubliable.

Rendez-vous ce soir pour la troisième et dernière soirée du Festival Franco-Ontarien au parc Major’s Hill d’Ottawa. Je serai particulièrement attentif aux prestations d’Ivan Ndikuriyo et de Radio-Elvis, tout en ayant un œil très intéressé sur Karim Ouellet et Tiken Jah Fakoly. De plus, je vous invite assister à la finale de l’intéressante initiative Challenge Planète Urbaine, qui se déroule en après-midi.