FFO : un troisième soir tourné vers la francophonie internationale

Pour la troisième et dernière soirée du Festival Franco-Ontarien, les organisateurs ont misé juste en invitant Karim Ouellet et Tiken Jah Fakoly, la foule étant bel et bien au rendez-vous. La soirée, qui s’était ouverte avec Ivan Ndikuriyo, ancien participant à Rond-Point et hôte de BRBR le Conquérant à Ottawa, et avec les Parisiens Radio Elvis, fut un véritable succès.

Sur la gauche, en pleine action, on voit le batteur de Radio Elvis dont la batterie est posée sur un piédestal. Au centre, le guitariste et chanteur s’exécute devant le micro. Sur la droite on voit le bassiste, concentré, qui regarde légèrement vers le sol.

La formation Radio Elvis sur la scène du Festival Franco-Ontarien.

En cette dernière soirée du Festival Franco-Ontarien, une foule très nombreuse s’était déplacée pour entendre Tiken Jah Fakoly.

Juste avant lui, Karim Ouellet avait aisément réchauffé la foule, sachant plaire à un jeune public, qui entonnait avec lui chacune de ses pièces. La foule, composée en grande partie de jeunes filles, s’est facilement laissée envoûter par le charme de l’artiste.

La soirée s’était préalablement ouverte avec une prestation d’Ivan Ndikuriyo, avec qui j’ai eu la chance de discuter après son concert, suivi du trio électro rock parisien Radio Elvis.

Karim Ouellet et son aisance déconcertante sur scène

Alors qu’il présentait la veille au Métropolis de Montréal un tout nouveau spectacle qu’il avait expressément monté pour les Francofolies, c’est sans hésitation que Karim Ouellet est débarqué au Festival Franco-Ontarien, avec toute sa troupe, afin de présenter ce même concert.

Karim Ouellet, guitare à la main et lunette soleil sur les yeux, regarde vers le ciel. On voit son bassiste en arrière plan.

Karim Ouellet sur la scène du Festival Franco-Ontarien.

Bien qu’il ait dû faire quelques concessions afin de présenter le spectacle sur une scène extérieure, en début de soirée de surcroît, il a sciemment choisi de garder le même alignement de pièces.

« On s’est dit qu’on va faire le même [spectacle], mais sans les projections, sans notre gros écran, sans la grande mise en scène. On se disait : il va faire soleil, il va faire beau et ça va être le fun de pouvoir enchaîner les tounes », me confiait-il après sa prestation.

Malgré l’absence d’effets visuels, le résultat était sans contredit au rendez-vous. S’inspirant sans doute d’autres artistes ayant tenté l’expérience avant lui, il a entre autres fait appel à une chorale, L’Ensemble vocal sénior De La Salle, pour l’accompagner sur quelques pièces, ajoutant au passage une intéressante touche locale à son concert.

Avec trompette et sax à ses côtés, ainsi qu’une aisance sur scène déconcertante, le concert fut des plus réussis. Les nombreux fans massés devant la scène étaient d’ailleurs-là pour le confirmer. La table était ainsi mise pour l’arrivée du grand Tiken Jah Fakoly.

Une prestation à la hauteur des attentes pour le légendaire Tiken Jah Fakoly

Après quelques concerts donnés entre autres à Toronto et Montréal, l’artiste de renommée internationale Tiken Jah Fakoly faisait un dernier arrêt à Ottawa, avant de poursuivre sa tournée en Europe.

Tiken Jah Fakoly, habillé d’une grande robe africaine traditionnelle brune, un bâton de pèlerin dans une main et un micro dans l’autre, chante sur la scène du Festival Franco-Ontarien.

Tiken Jah Fakoly sur la scène du Festival Franco-Ontarien.

Ayant attiré l’une des plus grandes foules de cette 41e édition du Festival Franco-Ontarien, il ne fait plus aucun doute qu’il compte de nombreux admirateurs dans la région. Dès son arrivée sur scène, vêtu d’un habit traditionnel et d’un grand bâton de pèlerin, la foule était conquise.

Il a joué la plupart des pièces de son plus récent album, sorti l’automne dernier, tout en incluant quelques autres de ses grands succès. Peu bavard sur scène, il n’a fait que quelques interventions, chaque fois chaudement applaudies par la foule.

Son public a semblé apprécier plus particulièrement sa reprise de la pièce Get Up Stand Up de Bob Marley, ou encore la prestation de sa pièce Plus rien ne m’étonne, qu’il a offert en version épurée, sur un rythme plus lent que sur l’enregistrement, mais livrée avec passion et ferveur.

Un début de soirée avec Radio Elvis et Ivan Ndikuriyo

Auparavant, la soirée s’était ouverte avec la prestation de Ivan Ndikuriyo, ancien participant à l’édition 2015 de Rond Point, et avec qui l’on s’était entretenu lors du passage de BRBR le conquérant à Ottawa l’automne dernier.

Ivan Ndikuriyo sur la scène du Festival Franco-Ontarien.

Ivan Ndikuriyo sur la scène du Festival Franco-Ontarien.

Après avoir passé les derniers mois à composer de nouvelles pièces, Ivan a profité de son passage au Festival Franco-Ontarien pour les présenter au public. Ses nouvelles compositions, comme toujours très positives et accompagnées d’une musique entraînante, ont semblé séduire la foule. Cela s’annonce donc très prometteur pour son prochain album, son premier en français, dont l’enregistrement devrait débuter au cours des prochains mois.

Très à l’aise sur une scène, Ivan a rapidement réussi à créer une ambiance festive et joyeuse. Profitant de la présence de nombreux fans éparpillés dans la foule, il est aisément parvenu à faire danser et bouger son public, ce qui est loin d’être acquis lorsque l’on est le premier à monter sur la scène, très tôt en soirée.

La formation parisienne Radio Elvis a ensuite pris le relais. Le groupe, qui faisait un dernier arrêt en sol canadien avant de retourner vers l’Europe, a offert une excellente prestation, empreinte de dynamisme. Leur musique pop rock, complémentée d’une intéressante touche d’électro, offrait un prélude parfait à la foule qui se faisait de plus en plus nombreuse.

En route vers 2017

L’édition 2016 du Festival Franco-Ontarien fut donc couronnée de succès. J’ai déjà hâte de voir ce que l’équipe nous réserve pour la prochaine année, qui concordera avec le 150e anniversaire de la confédération.

Est-ce que l’opéra rock, qui réunissait des artistes des quatre provinces fondatrices du Canada, était un préambule à une production de plus grande envergure ? Profiteront-ils de l’occasion pour donner une visibilité aux artistes francophones d’un bout à l’autre du pays ? Le mystère reste entier. Mais une chose est certaine, c’est qu’on ne peut que souhaiter qu’ils continuent dans la voie de la diversité, en invitant des artistes de différents styles musicaux, tout en faisant une place encore plus importante à la musique indie et émergente !