FLO

C’est dans un petit bar au cœur d’Ottawa que FLO a fait le lancement de son nouvel album la semaine dernière. Pour le deuxième volet de la trilogie vers laquelle il s’aventure, l’artiste a su bien s’entourer et pige allègrement dans son vécu et ses histoires personnelles. J’ai discuté avec lui, avant de me rendre au lancement.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en me dirigeant vers L’Avant-Garde. Même si l’endroit accueille de nombreux concerts, rares sont les artistes francophones qui s’y produisent, je n’avais donc jamais réellement eu l’occasion de m’y présenter. J’arrive légèrement après l’heure indiquée sur l’invitation, question de ne pas me faire trop remarquer. L’endroit est rempli, vibrant, et tout le monde semble se connaître au moins un peu. À ma grande surprise, je croise moi-même quelques personnes que je connais. Définitivement, beaucoup de gens étaient impatients d’entendre la nouvelle œuvre de FLO!

De retour après une longue absence

Après RenESSENCE, un projet en duo qu’il a créé avec Yao au milieu des années 2000, FLO s’est effacé de la scène musicale, travaillant plutôt sur d’autres projets connexes. La musique est néanmoins restée bien présente en lui, et bien qu’il ne planchait plus directement sur de nouvelles compositions, il a su tirer profit de ces apprentissages et ces expériences font maintenant partie intégrante de ses inspirations. « Même si je n’étais pas 100 % investi dans la musique, de temps en temps je me retrouvais quand même à écrire des textes; à voir des mélodies resurgir dans mon esprit; puis je me retrouvais quand même à écrire ici et là ». Puis, au fil du temps, l’envie de revenir s’est fait de plus en plus pressant jusqu’au point où c’est devenu plus fort que lui. « Avec tout ce que j’ai appris dans les autres milieux artistiques, je me suis senti bien équipé pour pouvoir retourner à la musique; avoir un nouveau regard; une nouvelle sonorité à pouvoir partager avec ceux qui choisissent de m’écouter. »

Photo de presse de FLO.

Un album de transition

FLO se lancera tout d’abord avec une dizaine de pièces qu’il fera paraître en 2012 sur l’album Partir pour revenir, titre évocateur de la période d’incubation de laquelle il venait de sortir.

Deux ans plus tard, en mars 2014, il récidive avec Bâtir pour s’établir, un maxi de 6 pièces qui se veut en quelque sorte la base d’un prochain album complet et dont les premières idées ont déjà commencé à germer dans sa tête. « Je voulais donner un avant-goût du prochain projet, qui sera un projet complet. Et puis c’était ça l’idée, un petit démo de 6 chansons, afin de bien me présenter aux personnes qui ne me connaissent pas encore. »

FLO puise allègrement dans ses expériences personnelles, en mettant de l’avant son propre vécu. Il s’inspire également d’artistes de différents styles afin de créer un son qui lui est particulier et unique. Lorsque je lui demande qui l’influence, il m’a bien sûr nommé quelques grands noms du Hip Hop et du R&B, mais a rapidement enchaîné avec une panoplie d’artistes de la scène locale, dont Yao, Le R, AkoufèN et Mehdi Cayenne Club. Me voyant quelque peu perplexe face à cette palette aussi large de styles musicaux, il me rassure en soulignant que « l’influence n’est pas nécessairement strictement par rapport aux paroles de ma musique, c’est également ce que je vois au travers d’eux. Côté sonorité, je suis quelqu’un qui apprécie beaucoup la musique, et donc pour moi la musique c’est universel et on arrive à se connaître au travers d’elle. Je ne suis pas le genre à rester encadré dans ma bulle hip-hop, j’aime beaucoup entendre différents styles musicaux. »

FLO et YAO au lancement de l'Avant-Garde

Cette panoplie d’influences s’entend particulièrement sur la pièce Révolution, sans doute l’une des plus accrocheuses de l’album. « Révolution a une base hip-hop, mais on s’est amusé avec l’énergie et l’intensité du rock; puis, en plus, on a même essayé de jouer un peu avec un p’tit bridge de reggae ». Cherchant à pousser encore plus loin l’idée du mélange des genres, il a également fait appel à Lisanne Bégin, une amie de longue date, afin d’ajouter du piquant à la pièce. « J’aime beaucoup collaborer avec différents artistes justement pour cette raison; des fois c’est l’fun de donner une atmosphère différente, puis d’aller voir quelqu’un qui peut embellir, ou qui peut faire quelque chose que nous on ne peut pas faire ».

C’est en partie pour cette raison qu’il a également invité son ancien compagnon d’armes, Yao, à se joindre à lui pour la pièce Dans la zone. Bien qu’ils aient maintenant leurs projets distincts, les liens entre eux restent très forts. « Même si on a livré notre carrière individuellement, cet amour et ce respect mutuel a toujours été présent, et je suis super heureux qu’il m’ait donné le privilège de clôturer Dans la zone ». Définitivement, on sent que le courant passe toujours très bien entre les deux artistes!

FLO au lanvement de l'Avant-Garde

Soir de lancement

Ce soir-là, on a senti que l’artiste attendait avec fébrilité l’occasion de remonter sur scène. C’est avec beaucoup d’assurance que FLO a présenté les pièces de son maxi, devant un public très attentif, qui a d’ailleurs semblé très satisfait du résultat. Il a été chaleureusement applaudi et on pouvait entendre les gens murmurer leur enthousiasme face au projet. Définitivement, on a déjà hâte d’entendre la suite, car bien que ce maxi nous laisse sur une bonne impression, on sent que l’artiste continu à défricher sa voie et qu’il a encore beaucoup de potentiel non exploité.