FOÉ 2016 - Première partie

Ce jeudi était lancée la 9e édition du Festival de l’Outaouais Émergent (FOÉ), une édition qui, on nous l’avait annoncé, devait marquer un retour aux sources. Et retour aux sources il y a eu.

Photo de couverture : Saphir Avenue au FOÉ.

La chaleur du béton

D’abord et avant tout, le FOÉ a réinstallé ses pénates au cœur du Vieux-Hull, dans le centre-ville de Gatineau. Pas très loin du précédent site de la Fonderie, mais juste assez pour être plus près des autres lieux de diffusion du centre-ville, permettant une plus grande symbiose entre les divers lieux et formes d’art.

Surtout, le FOÉ est retourné au cœur du béton, le site principal s’élevant sur un stationnement étagé à l’ombre des gratte-ciel. On s’y sent un peu moins perdu qu’au milieu du terrain vague qu’était l’ancien site. Paradoxalement, l’ambiance au cœur de cet univers bétonné y est donc plus chaleureuse qu’elle ne l’était sur l’ancien site !

Orkestar sur scène au FOÉ 2016

Orkestar Kriminal.

Yiddish gangsters en ouverture

Chose certaine, le nouveau site convenait parfaitement pour le concert d’ouverture, assuré par les Yiddish gangsters de Orkestar Kriminal. Entre autre parce que la foule peu compacte aurait parue bien mince au milieu de l’ancien site de La Fonderie, mais aussi parce que l’énergie gitane-art-de-rue du groupe était dans son élément au cœur du béton.

D’ailleurs, je soupçonne que c’est ce petit côté gitan, qui a teinté à des degrés divers plusieurs des éditions précédentes du FOÉ, qui a permis aux Montréalais de Orkestar Kriminal de se frayer un chemin dans la programmation musicale autrement majoritairement locale.

Quoiqu’il en soit, les quelques spectateurs présents auront été bien servis par l’énergie contagieuse de la chanteuse Giselle Claudia Webber… et de sa petite fille haute comme trois pommes aux maracas ! Et ce, même si la majorité d’entre eux ne comprenaient rien aux paroles, qui allaient du yiddish au grec en passant par le russe et l’arabe. Il n’y a pratiquement que l’anglais et le français qui n’ont pas fait partie du répertoire !

Au tour des « têtes d’affiche »

La foule était heureusement plus au rendez-vous ce vendredi pour la 2e journée de FOÉ. Il faut dire que la foule gatinoise sort difficilement les jours de semaine, il y avait donc plus d’espoir pour cette journée du vendredi. Et la présence des « têtes d’affiche » que sont Pandaléon et Les Hôtesses d’Hilaire allait aussi aider

C’est le groupe Saphir Avenue qui ouvrait le bal côté musical. À l’instar d’Orkestar Kriminal, mais dans un son bien différent (jazz-swing-rétro), Saphir Avenue est aussi  bien ancré dans le béton, particulièrement celui du Vieux-Hull. Pour bien des spectateurs, les finalistes de Gatineau Prend la Scène 2015 furent une belle surprise.

Les Hotesses d'Hilaire sur scène au FOÉ 2016

Les Hotesses d'Hilaire.

Bonsoir Ottawa !

Les Acadiens Hôtesses d’Hilaires ont enchaîné sur la scène principale peu de temps après…  Trop peu même, puisque Saphir Avenue, qui n’avait pas encore terminé sur l’autre scène, a dû composer avec un bon bruit de fond. D’ailleurs, croyant que les premières notes des Hôtesses d’Hilaire entendues au loin relevaient d’un test de son de dernière minute, j’ai malheureusement raté le début de ce spectacle fort divertissant.

Mais j’en aurais vu assez pour résumer simplement que l’ironie des Hôtesses d’Hilaire est bien davantage mise en évidence en concert qu’elle ne l’est sur album, eux qui ont maintes fois répété être bien heureux de jouer à… Ottawa !

Okies sur scène au FOÉ 2016

Okies.

Coups de cœur locaux

Après l’americana du Français Kepa, on a pu se régaler de l’indie-folk de Okies, le coup de cœur de l’édition 2015 du FOÉ. Pour ceux qui ne les avaient pas alors connus, ils auront eux aussi, été une autre belle découverte de la soirée. Il sera d’ailleurs intéressant de suivre le parcours de ces encore très jeunes Gatinois à mesure que leur répertoire s’étoffera et que leur aisance sur scène grandira encore davantage.

Charabia, un autre groupe hullois bien ancré dans le bitume, a ensuite pris la relève et a redonné une dose d’énergie à la foule pour bien amorcer le dernier droit de la soirée. Par contre, sachant de quoi Charabia est capable, la dose d’énergie aurait pu être un tantinet plus forte.

Fin de soirée aux ambiances planantes

Pendant ce temps, dans la ruelle Aubry, à quelques pas du site principal, The Suns Assembly déployait son arsenal. Le collectif y proposait un projet des plus originaux, recréant une trame sonore au classique du film muet Metropolis, projeté simultanément sur un mur de brique.

Perchés sur un balcon adjacent, les membres du collectif balançaient leurs notes électros aux rythmes que dictait le film, tel un maestro. Pari réussi, la foule nombreuse est restée captivée tout au long de la prestation. On a déjà hâte de voir les autres projets sur lesquels ils travaillent.

Pandaléon sur scène au FOÉ 2016

Pandaléon.

C’est aux Franco-Ontariens Pandaléon qu’est revenu l’honneur de fermer le volet musical de cette 2e journée. Le groupe nous a offert une performance digne de ce qu’ils sont capables. Toujours aussi spectaculaires. Toujours aussi planants. Toujours la même aptitude à créer et jouer avec les ambiances. Un pur plaisir !