FOÉ : résumé d’une fin de semaine hallucinante

Jour 1 : la soirée Galaxie

C’est Daniel Boucher qui aura eu l’honneur de lancer le bal de la 8e édition du Festival de l’Outaouais émergent (FOÉ) ce jeudi. Au départ, cet honneur devait être partagé avec le slammeur gatinois D-Track, qui devait se produire au bar le Où Quoi, à quelques pas du concert de Daniel Boucher.

Le volume dans le tapis, ce dernier a toutefois forcé D-Track à patienter un peu avant de monter sur scène.

Ce sont cependant les spectacles de la scène principale qui retenaient l’attention en cette première journée de festival, tout particulièrement celui de Galaxie, venu présenter essentiellement les pièces de Zulu, son plus récent opus.

Fidèles à eux-mêmes, les membres de Galaxie en ont mis plein la vue à la foule préalablement bien réchauffée par Koriass et Eldorado. Olivier Langevin, le chanteur et guitariste du groupe, n’aura adressé pas plus de 5 mots à la foule.

Galaxie en spectacle sur la scène. Quatre hommes et une femme.

Galaxie

De toute évidence, le groupe était sur place d’abord et avant tout pour nous remplir les oreilles d’envolées de guitare, de basse, de claviers et de voix. Music talks!

Et que dire de cette finale endiablée, une folle improvisation d’environ une quinzaine de minutes où Langevin et Fred Fortin se sont littéralement laissés aller. Aux claviers, François Lafontaine a bien essayé de les accompagner, mais a dû se résigner au bout de quelques minutes.

« Je suis ému », « Je suis jaloux d’Olivier Langevin » ou encore « Je crois avoir eu un orgasme » font partie des commentaires entendus dans la foule après cette performance!

Je me suis ensuite dirigé vers le Bistro pour assister aux concerts de Milk & Bone et de Pierre Kwenders. Le duo composé de Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne a de toute évidence pris de l’assurance et peaufiné ses chansons depuis sa performance au FOÉ l’an dernier, alors que les filles étaient à peine connues.

Si d’un point de vue instrumentation, on était à l’opposé de ce que Galaxie venait de nous servir, on ne pouvait qu’être saisi par la beauté des voix des deux comparses, certainement un des meilleurs duo de voix au pays actuellement.

Quant à Pierre Kwenders, sa forte présence sur scène a permis de terminer la soirée en beauté.

Jour 2 : la sensualité de Timber Timbre… et l’énergie Grimskunk

La deuxième journée du FOÉ commençait en force avec l’ex Vulgaires Machins Guillaume Beauregard d’un côté et Radio Radio, l’artiste surprise du festival, de l’autre. Mais c’est encore du côté de la scène principale que les yeux étaient tournés pour accueillir la plus grosse tête d’affiche du festival : Timber Timbre.

Montés sur scène après le passage de Scattered Clouds, Laurence Nerbonne (Hotel Morphée) et des excellents Royal Canoe, les gars de Timber Timbre sont venus nous présenter l’essentiel de Hot dreams, leur dernier album.

Bien que le son sombre et sensuel de Timber Timbre s’apprécie davantage assis confortablement à la table d’un petit bar enfumé que sur une grande scène extérieure, il aura certes poussé les couples présents à se coller les uns aux autres en cette soirée particulièrement fraîche.

Le spectacle de Timber Timbre terminé, la soirée était encore jeune puisqu’on pouvait choisir entre Dr. Waits and Mr. Tom, le projet de J-F No (Fet. Nat) et Dédé Vander (Les Colocs), Kroy, le projet solo de Camille Poliquin, la « Milk » de Milk & Bone, Cherry Chérie et enfin le concert de Grimskunk…  C’est vers ces derniers que je me suis dirigé.

Montés sur scène après une forte performance de Les Chiens sales, les vieux routiers de la scène punk québécoise se sont montrés particulièrement généreux, offrant une performance de plus d’une heure et demie, comme quoi le groupe n’a rien perdu de sa fougue avec l’âge. Le groupe a offert l’ensemble de ses principaux succès, de Ya Basta à Gros tas d’marde en passant par La vache et Le gouvernement songe.

Grimskunk en spectacle sur la scène. Le chanteur saute en criant, le micro à la main. Deux guitaristes jouent à côté de lui.

Grimskunk / Crédit : LePetitRusse

Et même si les messages que lance le groupe ne semblent pas toujours être bien compris (on a pu voir un drapeau flotter dans la foule pendant Lâchez vos drapeaux!), ils ne se sont pas gênés pour lancer quelques flèches, notamment envers Julie Snyder, à qui ils ont dédié la chanson Mange d’la marde.

Et cerise sur le sundae, la troupe de Franz Schuller et Joe Evil, maintenant accompagnés de Vincent Peake (Groovy Aardvark) à la basse, ont terminé la soirée en interprétant Le petit bonheur, version Groovy Aardvark bien sûr.

Jour 3 : Marie-Pierre réchauffe une foule gelée, et le public est chaud pour Québec redneck bluegrass project

La météo jusqu’ici favorable a été pour le moins peu clémente pour la troisième journée de festival, une situation particulièrement décevante pour les organisateurs qui avaient à l’origine prévu un grand chapiteau, mais qui ont dû se résigner à changer les plans suite à un pépin de dernière minute.

N’empêche, Marie-Pierre Arthur, tête d’affiche de cette soirée, a apprécié le courage de la foule qui s’était déplacée malgré la douche froide de mère nature, rendant une solide performance et y allant de quelques improvisations malgré un début d’extinction de voix (ce qui, sauf un léger toussotement pendant Si tu savais en fin de concert, serait pratiquement passé inaperçu si elle ne l’avait pas dit).

Marie-Pierre Arthur et son groupe en spectacle sur une scène. Quatre hommes et deux femmes.

Marie-Pierre Arthur

Encore une fois, plusieurs options étaient possibles pour la suite de la soirée, mais c’est sans hésitation que j'ai opté pour le concert de Dylan Perron et Elixir de Gumbo, finalistes des dernières Francouvertes, suivi du Québec Redneck Bluegrass Project.

Une foule qui transporte un membre du groupe qui fait du body surfing.

Dylan Perron et Élixir de Gumbo

Le bluegrass a assurément la cote à Gatineau, puisqu’à chacun de leur passage, ces groupes attirent une foule dense et enthousiaste. Cette soirée n’a pas fait exception, alors que l’alcool a coulé à flots au bar Le P’tit Chicago et que le record de body surfing de la place a certainement été battu, au grand dam du lustre au plafond!

Jour 4 : Dumas se fait généreux en fermeture de festival

La dernière journée du FOÉ était plus tranquille, alors que se succédaient en soirée Rosie Valland, le McKenzie Rythm Section et Dumas. La foule présente aura particulièrement apprécié l’énergie et la présence sur scène de ces deux derniers, énergie qui s’est transmise sur la piste de danse.

Et alors que tous croyaient le concert terminé, Dumas et son bassiste sont réapparus au milieu de la foule, pour interpréter un medley de quelques vieux succès anglophones, en version franco et acoustique, un plaisir que Dumas aime s’accorder, selon ses dires, lorsqu’il est en présence d’une bonne foule.

Dumas en spectacle avec deux musiciens. Dumas chante au micro et joue de la guitare.

Dumas

En résumé, s’il est un peu cliché de faire un compte-rendu de festival ou de spectacle qui dit au lecteur « si t’étais pas là, t’as manqué quelque chose », bien dans ce cas, je ne pouvais juste pas faire autrement, parce que c’est ça qui est ça, comme a dit l’autre qui a ouvert le festival (Daniel Boucher).

Alors on se voit l’an prochain!