GAMIQ 2014

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Dimanche soir, le Théâtre Plaza suintait d'artiste et de gens issus de l'industrie musicale venue se réchauffer, prendre une bière et surtout, féliciter les gagnants de la neuvième édition du Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ). Animée avec patience par la talentueuse Tanya Beaumont de la radio CKLR de Québec, la 9e édition a offert une foule de performances et a vu remettre plusieurs prix aux artistes présents dans la salle.

projection d'une vidéo de
Dead Obies

Dû à une tournée européenne, les six Dead Obies brillaient par leur absence. Cela ne les a pas empêchés de remporter quatre trophées. Ils ont ainsi volé la vedette à Koriass pour l’album rap de l’année, en plus de remporter le spectacle, la chanson (Montréal-$ud) et la révélation de l’année. Les Dead Obies ont tout de même tenu à souligner leurs victoires par le biais de vidéos teintés de leur humour un peu décapant : « Ne demandez pas ce que vous pouvez faire pour Dead Obies, demandez-vous ce que Dead Obies peut faire pour la langue française ». Ils ont ainsi souligné au passage ce faux débat sur le franglais qui a eu lieu cet été.

Je me dois de souligner un petit bémol ici. Comme le mentionnait le journaliste Philippe Papineau du Devoir sur Twitter : 7 prix sur 18 ont été remis sans la présence du/des gagnants. Quatre ont été remis a Dead Obies, deux à Jimmy Hunt et un à Owen Pallett. C’est presque la moitié.

Owen Pallett s’est vu récompenser pour l’album Indie rock de l’année. Il était en compétition contre quatre excellents artistes : Mauve, Carl-Éric Hudon, Navet Confit et Fontarabie. Le choix était difficile.

L’étonnement vient plutôt du côté de Jimmy Hunt. Maladie d’amour étant un excellent album ROCK, le voir remporter le prix de l’album folk de l’année devant le merveilleux Ornithologie, la nuit de Philippe B avait quelque chose d’un peu étrange. Il faut admettre que pour son deuxième prix, le choix était difficile. Ces adversaires, les autres auteurs-compositeurs-interprètes en lice pour le prix de l’auteur-compositeur de l’année : Klô Pelgag, Antoine Corriveau, Philippe B et Carl-Éric Hudon avaient toutes les possibilités de l’emporter. Hunt n’a pas volé sa place.

Pour l’album expérimental, le prix est remis à Black Givre pour Autorail.

Le prix de l’album  Jazz / Musique contemporaine a été remis aux Rimouskois Matana Roberts, Sam Shalabi, Nicolas Caloia pour leur album Feldspar.

Photos des membre du groupe Hollow
Hollow ne semblait pas trop déçu de ne pas remporter l’album métal de l’année face à B.A.R.F. et leur album Brûle, Consume, Torture. « Perdre contre des gars qui ont 25 ans d’expérience, ce n’est pas trop décevant. Par contre, c’est triste pour la chèvre qu’on a sacrifiée pour avoir plus de chance de gagner. Au moins, on a donné la carcasse aux pauvres pour qu’ils aient quelque chose à manger. »

Coup de théâtre pour l’excellent album Lonely Lights de Millimetrik qui a remporté le prix pour le meilleur album de Musiques électroniques, décoiffant les excellents Misteur Valaire. Du côté punk, le prix a été remporté par Pypy (formation avec Annie-Claude Deschênes - également de Duchess Says), en lice contre Oktuplut et Les Guenilles.

Canaille est repartie avec le prix du meilleur l’album roots et Jesuslesfilles à crier fort en apprenant qu’ils remportaient le prix pour l’album rock devant les excellents albums de Solids, des Deuxluxes, d’ARIEL et de Sunny Duval. «Tabarnak! On veut dire merci au rock!»

Photo du groupe Les Deuxluxes

 

Petit moment de bonheur pour Toast Dawg qui remporte le EP de l’année pour l’excellent Brazivilain. Mes avis qu’il aurait aussi remporté le remix de l’année (si un tel prix existait) pour le même album. Il a tenu à souligner (avec raison) que Brazivilain avait été réalisé sans aucun argent, avec juste beaucoup d’amour et de talent.

L’album d’Hôtel Morphée n’était pas en lice cette année, mais cela ne les a pas empêchés de repartir avec le panache du meilleur vidéoclip de l’année pour Des histoires de fantômes.

Les GAMIQ servaient aussi à récompenser Klô Pelgag, pour l’album pop de l’année et l’Artiste de l’année. Lui permettant ainsi de faire des remerciements à ses couleurs, n’étonnant personne de son phrasé coloré et décalé. On voit la différence ici. Là où l’ADISQ coiffait Klô Pelgag de révélation de l’année, les GAMIQ la nomment artiste de l’année, les deux sont tout autant mérité.

Prestation du groupe Heat

La soirée fut également ponctuée par plusieurs prestations en commençant par Midnight Romeo et finissant avec les décoiffant et (presque) incompréhensible Oktoplut. Il y avait aussi les excellents Marinnelis, Heat, Dear Criminals, Mara Tremblay, Panache Klô Pelgag, Jesuslesfilles et The Posterz.

Mais un prix aurait dû être remis au houseband de 2014, j’ai nommé le remarquable duo Les Deuxluxes, qui en a décoiffé plusieurs sur le parterre. Possiblement les seuls en habit de gala, Les Deuxluxes ont offert des reprises des gagnants à leur sauce et leur magnifique énergie.

Un beau gala alternatif.

Photo : LePetitRusse et Alexandre Turcotte