Geoffroy : la musique sans domicile fixe

Son album Coastline est au top des ventes électroniques depuis sa sortie numérique et ses pièces voguent entre plusieurs eaux, son style se trouvant au confluent de multiples intérêts. Électro, soul, reggae, hip-hop. Difficile de ne coller qu’une étiquette à celui qui mêle si bien les choses. Rencontre avec Geoffroy, le nouveau prince d’un style indéfini.

Difficile d’apposer des termes clairs pour décrire le son hybride de l’auteur-compositeur-interprète. À l’orée d’un nouveau genre ? « J’aimerais ça, j’en serais fier, dit-il humblement. Je fais mes trucs. Si des gens n’ont jamais entendu ça, tant mieux. C’est un ramassis de toutes mes influences et ça se veut quelque chose qui est unique pour moi, donc j’espère que ça peut être aussi unique pour les autres. »

Un team work

Si l’expérience sur scène est un produit livré en trio, il y a néanmoins une délégation complète qui a collaboré à l’album. De Max-Antoine Gendron et Gabriel Gagnon à Fjord et Men I Trust pour la préproduction, Geoffroy s’est ensuite laissé guider vers Charles Papasoff (flûte et clarinette), Simon Pedneault (guitare) et Clément Leduc (clavier) lorsqu'il fut temps d’ajouter les instruments. « C’est avec Max-Antoine que l’album s’est échafaudé au début. C’est avec lui que j’avais fait mon premier EP (Soaked in Gold). Gab, je voulais travailler avec lui depuis longtemps. Je suis arrivé à lui avec sept squelettes de chansons et on a continué avec ça », se rappelle Geoffroy.

Après, les contacts et connaissances de chacun d’eux ont permis d’aller chercher la crème des musiciens pour chacune des parties. « Tout le monde qui joue sur l’album est top niveau, dit Geoffroy avec assurance. Je leur ai vraiment dit de faire ce qu’ils voulaient parce qu’ils sont tous des génies dans leur domaine respectif. »

Partir ou rester

Le besoin d’évasion est au cœur du discours de l’artiste qui cherche constamment un nouvel endroit où poser ses bagages. « Les textes de mes chansons parlent tous de mes expériences personnelles, ajoute-t-il. Ça parle tout le temps du désir de s’évader un peu, de partir, de se retrouver soi-même. Mon désir de vivre un amour pleinement se confronte constamment avec mon besoin d’être complètement libre et de ne pas m’enraciner. Ça parle de ça aussi. »

Son but en ce moment : voyager et être sur scène. Le spectacle le comble, c’est tangible. C’est pourquoi ce bonheur est l’élément à préserver. « Sur scène, avec mes musiciens, on utilise beaucoup de samples étant donné que je ne peux pas traîner tous mes musiciens avec moi. Je ne veux pas qu’on s'en mette trop sur les épaules non plus parce que c’est important de conserver le plaisir d’être là, d’être réceptif à l’énergie du public. C’est super essentiel pour moi. »

Même si on pourrait s’attendre à ce que le public soit déjà gagné après un passage remarqué à La Voix (2014), l’objectif premier du principal intéressé est de construire son fan base au Québec et au Canada. « Les gens qui me suivent maintenant, ce ne sont pas les gens qui votaient pour moi à La Voix. Mon mixeur sonore ne savait même pas que j’avais fait l’émission quand je suis entré en studio, confirme le musicien. Je suis allé là parce que c’était un dare de mon ami. J’ai trouvé ça awkward souvent parce que j’étais pas un « typique » de La Voix. J’ai continué parce que la production était nice et que je me faisais des bons contacts, mais le monde qui avait liké pour La Voix ont arrêté de me suivre depuis longtemps. »

Pour faire partie du « nouveau public » de Geoffroy, Coastline est disponible partout depuis le 10 mars. Il sera en spectacle à Québec le 22 mars et à Toronto le 20 avril. Toutes les infos à ce sujet se trouvent sur son site web.