Her Harbour

Photo de Her Harbour

Crédit photo : Jamie Kronick

Dans le cadre des concerts-vitrine présentés par le Festival Arboretum dans différents bars d’Ottawa et Gatineau, j’ai eu la chance d’assister à la performance live de Her Harbour, le projet de l’artiste ottavienne Gabrielle Giguère. Un concert tout à fait envoûtant qui m’a donné l'envie d’aller à sa rencontre avant sa prochaine prestation qui aura lieu cette fois-ci dans le cadre du Festival de l’Outaouais Émergent.

Her Harbour en spectacle.

Crédit photo : Ming Wu

Photo : Her Harbour au Festival des arts Arboretum

Crédit photo : Ming Wu (photogmusic.com)

Depuis son association avec la maison de disque E-Tron Records et son passage à Radio-Canada, le nom Her Harbour est sur toutes les lèvres dans la capitale nationale. Ayant moi-même eu l’occasion d’écouter son plus récent album, j’étais fort curieux de voir à quoi pouvait ressembler l’une de ses prestations live, la rumeur voulant que ce soit encore meilleur sur scène que sur disque. Je peux confirmer que je n’ai pas été déçu!

Le cadre était parfait. Petit bar intime du Vieux Hull, des mélomanes ne voulant manquer aucun des rendez-vous du festival Arboretum, une ambiance chaleureuse, mais surtout très amicale : la soirée s’annonçait mémorable. Le bar Le Troquet, pourtant déjà bien rempli, c’est véritablement enflammé lorsque le convoi de vélos en provenance d’Ottawa a fait son entrée. L’atmosphère a alors atteint son comble en cette chaude soirée d’été, où les trop nombreux spectateurs débordaient jusque sur la terrasse. Puis, dès les premières notes, la foule s’est tue vouant toute son attention aux musiciens sur scène. On pouvait véritablement sentir la connexion qui s’était établie entre la foule et les artistes. Dans de telles circonstances, impossible de ne pas tomber amoureux de cette formation!

Rencontre dans son quartier d’enfance

Je donne rendez-vous à Gabrielle Giguère, quelques jours après le concert, dans un café du Glebe à Ottawa, quartier qui l’a vu grandir. « J’aime le quartier! Pas nécessairement qu’il m’inspire directement, mais ça reste mon quartier d’enfance, qui a quand même beaucoup changé depuis que mes parents se sont installés ici […] j’y suis attachée pour des raisons plus nostalgiques que n’importe quoi d’autre », me lance Gabrielle lorsque je lui demande si l’endroit influence son œuvre.

Jeune adulte, elle a quitté son Ottawa natal, puis a habité à différents endroits, dont le nord de l’île de Vancouver. Étant dans un lieu isolé, sans véritable communauté artistique, elle en a profité pour mettre sur papier de nombreux textes, inspirée par la nature qui l’entourait : « ma cour arrière c’était la forêt, puis ma cour avant c’était l’océan, donc ça faisait vraiment un bel espace; j’ai donc passé beaucoup de temps à écrire ». Puis, lorsque l’envie de revenir en ville s’est fait sentir, c’est d’abord vers Montréal qu’elle décide de se diriger, mais c’est finalement Ottawa qui réussit à la retenir! « J’ai commencé le projet d’enregistrer dans ma maison d’enfance, donc c’est sûr que ça m’a growndé un peu; puis en rencontrant les musiciens, ça a aidé aussi ». Elle y réside toujours, trois ans plus tard!

Her Harbour en spectacle.

Crédit photo : Ming Wu

Photo : Her Harbour au Festival des arts Arboretum

Crédit photo : Ming Wu (photogmusic.com)

Un deuxième album en préparation

Après un EP solo enregistré à New York avec son ami Steve, le premier véritable album de Her Harbour, Winter’s Ghots, a donc été enregistré dans la maison familiale, à Ottawa. Puis des musiciens se sont greffés à elle, influençant du même coup le projet. « En faisant des spectacles live, il y a des membres qui se sont ajoutés. Au début on était juste 2, puis, finalement, avec le lancement de l’album, on était 5, puis on est rendu à 4 ». Aujourd’hui, elle ne sait plus trop comment décrire son projet. « Ça devient de moins en moins clair pour moi » avoue-t-elle, « je ne sais plus trop où me situer, parce qu’en même temps ça reste mon projet, mais ça prend pas mal la shape d’un band, au moins dans le contexte live ». Et ce flou ne semble pas vouloir s’estomper pour le moment, puisque les trois musiciens participe déjà au prochain album.

Gabrielle me confirme du même souffle qu’un deuxième album est bel et bien en préparation. Jamie Kronick, Philippe Charbonneau et Pierre-Luc Clément, les trois musiciens qui l’accompagnent sur scène, se mélangent de plus en plus au projet, et bien qu’elle continue d’être la principale auteure des chansons, les gars participent maintenant à la composition musicale. Comme pour son œuvre précédente, Gabrielle va beaucoup puiser en elle-même pour l’écriture des textes, et aborde des sujets très personnels. Les pièces ayant été écrites principalement en automne et en hiver, on pourra le sentir sur l’album, prévu pour l’automne prochain. Il sera vraisemblablement sombre, rempli de grisaille.

Éviter de se sentir trop confortable dans son art

Gabrielle et ses musiciens étant des artistes de grands talents, ils n’aiment pas se retrouver dans un univers trop confortable : « si je deviens trop à l’aise, c’est mauvais signe », lance-t-elle avant d’expliquer qu’ils essaient généralement d’espacer les concerts offerts dans une même région, question de ne pas perdre de leur spontanéité. D’ailleurs, elle me garantit que leur concert au Festival de l’Outaouais Émergent sera fort différent de celui d’Arboretum. En plus d’aimer se réinventer chaque fois, pour cette prestation, ils ne seront que trois sur scène, ce qui a demandé une certaine adaptation. Le concert ayant lieu à AXENÉO7, un centre d’artistes voué à la diffusion des arts visuels, l’ambiance risque elle aussi d’être fort différente, mais néanmoins tout aussi intéressante!

Prochain concert de Her Harbour : le jeudi 4 septembre à 18 h 30 à AXENÉO7 (Gatineau) dans le cadre du Festival de l’Outaouais Émergent.