Hip-hop francophone : les meilleurs clips et chansons de 2016

Avant de se tourner officiellement vers le moment présent, on retourne une dernière fois dans les méandres de l’année dernière pour vous offrir ce double palmarès, visant à souligner les clips et les chansons qui ont marqué la scène hip-hop francophone locale.

Photo de couverture : KNLO dans un Dollarama. Crédit : Laurence Dauphinais.

TOP CLIPS

10 : Koriass – Nulle part

Construit à partir de trois heures de prestation retransmises en direct sur Facebook, Nulle part profite d’une réalisation dynamique et délirante de Mathieu Grimard. Sans ligne directrice précise, le clip tire dans tous les sens et mise sur le charisme du rappeur, qui fait preuve d’une endurance implacable.

9 : Les Sozi – Carte blanche [Contenu explicite]

Réalisé par Carl Méthot, Carte blanche montre l’envers du décor de la ville touristique de Sosua en République Dominicaine. Loin des resorts et des plages, ce fascinant clip du duo emblématique de Québec Les Sozi met l’accent sur les armes, la drogue et, surtout, les combats de poules.

8 : Souldia – Mordor 2.0

Prenant place dans le décor historique de Ouarzazate au Maroc, Mordor 2.0 bénéficie d’une réalisation impeccable, qui n’a rien à envier aux productions historiques américaines. Le réalisateur Usef Naït y illustre l’éternel dualité entre le bien et le mal, que Souldia personnifie avec sang froid. Qu’on aime ou pas ce genre d’esthétique, on se doit de reconnaître l’immense travail qu’il y a derrière tout ça.

7 : Alaclair Ensemble – Alaclair High

Les Gamins visent dans le mille encore une fois avec une réalisation simple et désinvolte qui met en valeur le charisme des six membres du groupe (et des deux indispensables mascottes). Dévoilant l’arrière-cour du mythique 1036 Cartier, appartement où la magie Alaclair opère depuis près de 10 ans, le travelling aérien de la finale s’avère mémorable.

6 : Dead Obies – Explosif

Vinoth Varatharajan met en scène un Montréal nocturne empreint de mélancolie dans Explosif. À bord d’un VUS , qui traverse la ville et le pont Jacques-Cartier, les six membres de Dead Obies s’échangent la vedette devant la caméra, alors que les feux d’artifices explosent.

5 : Rednext Level – Get Lit

Sublime pastiche des clips du duo français PNL, qui a construit son esthétique autour du travelling avant à trajectoire frontale, Get Lit de Manu Nunovurbiswaks a malheureusement été retiré de Youtube en raison d’une plainte du Complexe immobilier du village olympique. Dommage, car Robert Nelson et Maybe Watson y brillaient comme des princes bien sapés. En attendant une projection publique, on se remémore les séquences en regardant cette image rescapée.

Robert Nelson et Maybe Watson devant le complexe immobilier du village olympique.

Capture d'écran du vidéoclip Get Lit.

4 : Dead Obies – Waiting

Poursuivant son exploration des rapports obsessifs qu’entretient la jeunesse avec ses appareils technologiques, qu’il avait brillamment entamée sur Kosmo Shinobi de High Klassified, le réalisateur Laurence Morais met ici en scène les cinq alter égos féminins des cinq rappeurs de Dead Obies. La chimie entre les jeunes comédiennes opère bien.

3 : Alaclair Ensemble – Sauce pois

Le réalisateur Vincent RC et le directeur photo Marc-Olivier Gilbert (alias Les Gamins) repoussent les limites du délire Alaclair Ensemble avec un clip de haut vol, filmé au restaurant hochelagais Bonne Bouffe Créole. Adoptant une esthétique décalée d’infopub, les deux complices se dépassent avec une réalisation aussi hilarante que déroutante.

2 : Alaclair Ensemble – Ça que c’tait

L’incroyable hymne bas-canadien Ça que c’tait bénéficie d’une réalisation sans failles de GED, qui multiplie les prouesses de mise en scène. Revêtant de traditionnels habits bas-canadiens de bûcheron/coureur des bois, les six acolytes d’Alaclair enchaînent les péripéties boisées avec grâce et distinction.

1 : KNLO – L’an 16

Réalisé par Phil Chagnon (de la boîte La Maine), ce court métrage musical est une touchante et captivante incursion d’une journée complète dans la vie de KNLO, du matin jusqu’au soir. Audacieux mélange croisant comédie musicale, docufiction et vidéoclip, L’an 16 donne un aperçu révélateur de l’ambiance et des chansons de l’excellent premier album officiel du rappeur de Québec.

TOP CHANSONS

10 : Obia le Chef – Pinel

Véritable ver d’oreille, Pinel marque le retour en force du vétéran Obia le Chef, plutôt silencieux depuis la parution de son deuxième album collaboratif avec Cotola en 2013. Déchiré « entre le 9 à 5 et la vie criminelle », le rappeur montréalais enchaîne les rimes percutantes avec un flow toujours aussi précis.

9 : Souldia – Inoubliable

On peut aimer ou ne pas aimer l’approche moins incisive et plus sirupeuse de Sacrifice, le dernier album de Souldia, mais on ne peut remettre en doute la qualité d’une chanson aussi intense qu’Inoubliable. Intègre à propos de son tortueux parcours, le rappeur de Limoilou replonge dans ses épisodes de souffrance avec une virulence libératrice.

8 : Joe Rocca – Commando [Contenu explicite]

Commando s’aventure avec brio sur le terrain fertile du indie R&B, un mouvement musical popularisé à Toronto, mais encore peu exploité en français au pays. S’appuyant sur un brûlot sensuel et enveloppant signé VNCE Carter, son collègue de Dead Obies, Rocca donne le ton pour son EP solo à venir l’an prochain sous la nouvelle etiquette Make It Rain Records.

7 : Rednext Level – Baby Body

En termes de hip-pop québécois, on a rarement vu mieux que cette douce perle de Rednext Level, accrocheur et habile mélange de rap et de house concocté par le producteur fantôme Tork (remplacé par le divin Tiestostérone en show). À la fois hommage au corps mou de bébé et ode à la vitesse masculine, Baby Body a tout pour égayer vos instants de spleen les plus intenses.

6 : Lost & White-B – Pas de journée off

Pièce maîtresse d’En noir et blanc, la meilleure mixtape de l’année au Québec, Pas de journée off expose les ambitions de Lost et White-B, deux rappeurs de haut calibre. Contrairement à beaucoup de leurs collègues de la scène street rap montréalaise, les deux acolytes livrent un portrait à la fois nuancé et frappant du crime et de la rue.

5 : KNLO (avec Jam) – Mai (Ayayaye)

Ode aux journées ensoleillées de printemps qui annoncent le début des réjouissances estivales, Mai (Ayayaye) est une dose de bonheur, magnifiée par les flows mélodieux et détendus de KNLO et Jam, deux collègues du collectif K6A. Avec son ambiance tropicale et ses subtiles touches de saxophone, la composition se pose comme l’une des plus achevées de Long jeu.

4 : Rowjay – Tour de France

Tiré de son deuxième album A Trappin Ape, paru à la toute fin de l’année dernière (soit après la conception de nos palmarès 2015), Tour de France met de l’avant le flow syncopé et on ne peut plus précis de Rowjay. À sa manière, le rappeur montréalais rehausse les standards trap québécois, grâce à son débit unique ainsi qu’à la charge mordante et ingénieuse du producteur Blasé.

3 : Brown – Parapluie

La réunion entre les deux frangins Snail Kid (Dead Obies) et Jam (K6A) avec leur père Robin Kerr et le beatmaker/arrangeur Toast Dawg atteint son apogée avec Parapluie, une chanson au groove imparable et au refrain plus qu’accrocheur. Au micro, les deux rappeurs abordent leur rapport à la nostalgie sans tomber dans les lieux communs.

2 : Alaclair Ensemble – Ça que c’tait

En à peine quelques semaines, Ça que c’tait est devenu l’hymne emblématique d’Alaclair Ensemble. Forte d’un succès démesuré en spectacle, la chanson repose sur une production à tout casser de Vlooper, qu’arpente avec audace et adresse le cortège de rappeurs étoiles.

1 : Dead Obies – Explosif

Hymne à l’intoxication massive, Explosif nous immerge dans un nuage de fumée planante, exhalé avec finesse par VNCE et les cinq rappeurs, qui signent chacun des couplets mémorables. Encore une fois, le sextuor réussit à capter notre attention avec une longue pièce aux arrangements riches et imaginatifs.