House of PainT : Dessine-moi une maison

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Le festival des arts de la rue House of PainT célèbre souffle ses dix bougies cette année. Survol d’une programmation riche en hip-hop de tout acabit, mais aussi en jazz, en soul et en r&b.

Les amateurs de musique indie sont comblés ces semaines-ci à Ottawa-Gatineau, les festivals s’enchainant les uns après les autres! Il y a tout d’abord eu Arboretum à la mi-août, ont ensuite suivi le Festival de l’Outaouais Émergent et le Folk Fest d’Ottawa, et c’est maintenant au tour d’House of PainT de prendre le relais.

Ce festival d’arts et de culture urbaine fête cette année ses 10 ans. Ayant débuté de façon très humble pour célébrer le premier mur de graffiti légal à Ottawa, personne n’aurait cru qu’une décennie plus tard ce festival serait devenu un incontournable. « La ville d’Ottawa avait légalisé un mur de graffiti et Sabra [Ripley], la fondatrice, avait participé au projet. Le maire lui a demandé de faire un événement pour promouvoir le mur, et c’est comme ça que ça a commencé. C’était petit, un événement de quartier,» affirme Véronique Strasbourg qui fait partie de l’organisation.

Au fur et à mesure qu’il prenait de l’ampleur, le festival s’est diversifié et de nouvelles formes d’arts y ont fait leur apparition. Bien entendu, les graffiteurs et artistes hip hop sont toujours à l’avant-plan, mais, au-delà de ceux-ci, le public pourra également assister à une compétition de break dance (samedi), à des projections cinématographiques (dimanche), à des performances musicales diversifiées, ainsi qu’à des prestations de DJ qui mixeront pour l’occasion.

Quelques nouveautés sont au menu cette année, dont un volet dédié spécialement aux jeunes avec entre autres Hey Kids! le samedi après-midi. Une nouvelle série de conférences viendra également conclure le festival dimanche. Véronique, qui semble très enthousiasme de l’initiative assure « qu’il y aura des conférences très intéressantes, dont l’une d’Afrika Bambaataa, qui est en quelque sorte le parrain du hip hop, et c’est gratuit ».

Pour le volet musical, en plus du susmentionné Afrika Bambaataa et Big Daddy Kane, s’ajoute l’artiste canado-africaine récemment nommée au prix Polaris 2013 Zaki Ibrahim, de même que plusieurs artistes de la scène locale. En voici d’ailleurs quelques-uns qui ont retenu mon attention.

Tout d’abord jeudi soir, à l’événement Musique Globale, vous pourrez voir Le R. Né au Bénin, l’artiste est maintenant bien établi à Ottawa, d’où il a composé son premier album solo, paru il y a un peu plus d’un an. Ayant offert de nombreux concerts au cours des derniers mois, il a indéniablement acquis une bonne expérience de scène, qu’il devrait faire valoir jeudi soir lors de sa performance au café Nostalgica.

Plus tard dans la soirée, après Jaguar Priest, c’est l’incontournable Boogat qui prendra le relais. La réputation de cet artiste montréalais n’est plus à faire. Bien qu’il ait commencé sa carrière solo en français, c’est maintenant en espagnol qu’il nous offre ses plus récentes œuvres.

D-Track au FestFOE

C’est le vendredi soir qu’une grande partie des concerts auront lieu, lors de la soirée House of PainT Sound Clash : Concert Under the Bridge, à l’endroit même où le festival a vu le jour. En plus des têtes d’affiche (Dj Afrika Bambaataa, Big Daddy Kane, et Zaki Ibrahim), vous pourrez entre autres voir D-Track. Ce sera l’occasion de découvrir les pièces de son nouvel album, dont le lancement a eu lieu il y a quelques jours à peine. D-Track, qui a offert une solide performance la fin de semaine dernière au Festival de l’Outaouais Émergent, a également remporté la finale de Slam Outaouais dimanche au Troquet. Une étoile montante du hip hop, qui mérite d’être découvert.

Samedi, le devant de la scène reviendra aux b-boys et b-girls lors de la compétition de break dancing ainsi qu’à la formation ottavienne The Souljazz Orchestra. Mariant habilement soul, funk, jazz et afrobeat, le groupe revient tout juste d’une tournée qui les a menés aux quatre coins de l’Europe. C’est eux qui feront la trame musicale de la finale de break dancing avec un mixte qu’ils ont composé spécialement pour l’occasion. Ils offriront par la suite un « funktastique » concert, qui sera suivi d’une prestation de DJ Mz. Revolution. Plus tard en soirée, DJ Zattar, l’instigateur des légendaires soirées Timekode du Eri Cafe, prendra les commandes du café Nostalgica, et ce, jusqu’aux petites heures du matin.

Photo du groupe The Souljazz Orchestra.

Crédit photo : Alexandre Mattar

Pour reprendre les mots de Véronique Strasbourg, « il n’y a pas d’autre festival comme ça ailleurs. Même Under Pressure à Montréal c’est à un autre niveau, car [House of PainT] ne se concentre pas seulement sur des graffiteurs ». C’est donc définitivement un événement à ne pas manquer si vous êtes dans le coin d’Ottawa-Gatineau en fin de semaine!