Joanie Michaud prendre la scène

Photo de Joanie Michaud

Crédit photo : Benoit Paillée

Il y a de ces concours-vitrines auxquels on ne donne pas toujours toute l’attention qu’il faudrait. Gatineau prend la scène est de ceux là. C’est un genre de Petite-Vallée (il y a un important volet formation) de moindre envergure et organisé par la ville de Gatineau. Pourtant, ce concours a su, au fil du temps, s’associer avec des artistes « parrains/marraines » plutôt bien établis. On pense notamment à Laurence Jalbert ou Paul Piché, pour ne nommer que ceux-là.

Outre ces grosses pointures, Gatineau prend la scène nous a offert quelques cuvées remarquables. Prenez la dernière : Antoni Gilbert (La Cavale), véritable étoile montante en Outaouais et qui a d’ailleurs été l’objet d’un billet BRBR par Jonathan Chagnon, tout comme William Lamoureux (Billy love band, La Cavale), jeune violoniste prodige qu’on devrait bientôt voir dans l’une des sessions BRBR.

Et, enfin, Joanie Michaud… C’est d’elle dont il est question aujourd’hui.

Joanie Michaud sur scène au FOÉ.

Crédit photo : Lévy L Marquis

Joanie Michaud lance le festival de l’Outaouais émergent

Le jeune Joanie Michaud avait la lourde tâche d’ouvrir le festival, un jeudi soir, le soir du sacro-saint 5 à 7 des fonctionnaires (qui représentent environ 98% de la population locale). Éxagération, oui, mais disons qu’à Gatineau, il est un peu difficile de faire déplacer les foules pour de la musique émergente un soir de semaine.

Mais la poignée de festivaliers présents sur place est littéralement tombée sous le charme de la planante et poétique musique de Joanie et, surtout, de sa voix toujours juste. Une voix à la fois mélancolique, mais énergique et douce à la fois, une voix qui fait rappelle celle de Marie-Pierre Arthur; une de ses influences d’ailleurs.

C'est lors de ce spectacle qu'on a pu apprécier les différentes facettes de son œuvre, qui va tantôt dans l’autodérision, tantôt dans l’introspectif et l’émotion brute. D’ailleurs, on va retrouver ces parcelles de personalité sur le EP qui promet d’être « une belle carte de visite ». Un EP enregistré par Jérôme Boisvert (Les 3 accords, Rouge pompier, Langue de chemise) et qui devrait paraître à la fin de l’automne.

Joanie Michaud en spectacle.

Crédit photo : Valery Lemay

Grâce à Granby

Pourtant, on a bien failli ne jamais découvrir Joanie Michaud. Tout avait bien commencé, avec notamment un bon succès à cégep en spectacle. Mais elle est passée par une crise existentielle qui l’a amené à laisser la musique de côté pendant un environ 2-3 ans, période pendant laquelle elle a étudié l’animation culturelle, puis la cuisine, métier qu’elle exerce toujours en parallèle.

En 2012, elle décide de donner une autre chance à la musique en s’inscrivant à l’école de la chanson, à Granby.  « C’était soit je continue, soit j’arrête,» confie Joanie. Non seulement elle a été acceptée à l’école, mais les choses ont tellement bien été que, le lendemain du grand show de fin d’année, elle reçoit un appel du festival lui offrant d’être des demi-finales.« C’était vraiment mon catalyseur, j’ai vraiment décidé après Granby de continuer là-dedans,» avoue-t-elle.

La même année, son chemin croise celui de Julien Morissette (Tracteur Jack, Bourbon bay) et Thierry Faucher (aussi de feu Tracteur Jack – et aujourd’hui remplacé par Mathieu Péloquin à la batterie), alors que Tracteur Jack donnait son concert d’adieu au FOÉ. À eux s'est ajouté Steven Boivin (Langue de chemise, Les Jaseurs), celui qui, selon Joanie, a toujours cru en elle plus qu’elle-même ne l'a fait et grâce à qui elle a aujourd’hui un band.

Joanie Michaud sera en concert le 4 octobre à La Basoche (Gatineau)