JOLY : s’exprimer autrement que par le rock pesant

La formation de Hawkesbury JOLY a fait paraitre un premier EP le mois dernier. Un mini-album folk-rock-ambiant, offert uniquement en numérique, et dont le lancement s’est fait sur Facebook Live. Je suis allé à la rencontre de Marc-Antoine Joly, principal protagoniste du groupe.

Crédit photo de couverture : Benoît Léger.

Le guitariste de l’est-ontarien Marc-Antoine Joly (The Great Diversion, AkoufèN) a récemment démarré un nouveau projet, qu’il a tout simplement nommé JOLY. Se sont joints à lui deux des membres de son groupe anglophone The Great Diversion, soit son frère Simon Joly (batterie) et Patrick Harrison (basse). Le claviériste Fred Levac (Pandaléon) vient compléter la formation.

En noir et blanc. Fred Levac aux claviers joue en jetant un regard vers Marc-Antoine Joly à la guitare.

JOLY - Crédit : Benoît Léger.

L’idée de composer en français trottait dans la tête de Marc-Antoine depuis un certain temps. Un peu à la blague, il avait proposé une pièce franco aux gars de The Great Diversion, mais après réflexion, il a préféré garder l’écriture dans la langue de Molière pour un nouveau projet.

Après en avoir discuté entre eux, les quatre membres ont choisi de ne garder que le nom JOLY et de mettre Marc-Antoine de l’avant, ce qui leur permet d’avoir une plus grande flexibilité. « On s’est dit que c’est mieux si j’y allais tout seul, comme ça, quand on a des shows en solo, ou des shows en duo, on peut bouger la formule. »

Il insiste toutefois sur l’importance des autres membres et de leur indispensable contribution au projet. « J’ai été les chercher parce que je les aimais, parce que c’est des amis, et j’adore faire de la musique avec eux autres. » Chacun apporte donc sa touche personnelle, sans laquelle le résultat ne serait pas le même.

S’éloigner du rock pesant pour se rapprocher du rock ambiant

En se lançant avec JOLY, Marc-Antoine a choisi de s’éloigner du son plus lourd duquel il est familier, pour présenter un projet rock ambiant à saveur folk.

« Je voulais faire quelque chose qui m’amenait ailleurs. J’avais d’autres choses à dire et je ne voulais pas le dire en rock. J’ai fait du gros rock en français avec AkoufèN, j’avais maintenant le goût de faire autre chose » dit-il en guise d’explication. Puis, il ajoute que cette identité rock-là, il la garde pour AkoufèN, mais qu’à ce moment-ci il a besoin d’une identité plus acoustique pour présenter qui il est.

Photo en noir et blanc prise de l’arrière-scène. On voit les gars de JOLY en prestation sur scène. La photo est prise de dos et on devine qu’ils sont devant un public.

JOLY. Crédit : Benoît Léger.

C’est donc sous un chapeau folk-rock-ambiant qu’il a choisi d’orienter son nouveau projet. « Il y a plein de monde qui ne voit pas le côté folk, mais moi je vois le côté folk parce que ça a été écrit à la base comme ça, avec une guit. Le rock évidemment, parce que n’importe quoi que je touche va le devenir, ça fait partie de moi. Puis bien l’ambiant parce qu’il y a beaucoup de reverb, de délais, d’images sonores. »

Bien que ce soit principalement lui et son frère qui composent les pièces, lorsque vient le temps d’écrire les paroles, il fait souvent appel à Patrick, voire à Fred dans le cas de Le cœur noir. Il n’en demeure pas moins que chacun ajoute sa touche pour en arriver au résultat tel qu’on le connait.

« Je trouve vraiment qu’il y a quelque chose qui se passe quand il y a un band qui travaille ensemble et que le but ultime c’est de faire de la musique ensemble », lance Marc-Antoine, en ajoutant qu’il a toujours été dans des bands, parce que c’est ça qui le fait triper.

Un lancement entièrement numérique

Lorsqu’est venu le temps de lancer son album, l’idée du 5 à 7 devant médias ne résonnait pas particulièrement à ses oreilles, surtout qu’il avait choisi de présenter son album uniquement en format numérique.

« Fred me parlait de l’idée d’un lancement, mais ça ne me tentait pas de faire juste un show, je trouvais que c’est plate un peu, surtout que je ne fais pas d’albums physiques ». C’est alors que lui est venue l’idée de le faire en Facebook Live, pour tenter d’aller chercher un plus large auditoire, tout en respectant l’idée du lancement en bonne et due forme.

Photo en noir et blanc du batteur Simon Joly, penché derrière sa batterie, à demi caché par une cymbale.

Crédit photo: Benoît Léger.

L’album étant à présent disponible sur les différentes plateformes numériques, JOLY se prépare maintenant à monter sur scène.

Deux prestations sont déjà prévues. Tout d’abord, il y a celle de la St-Jean Baptiste au Townhouse de Sudbury le 24 juin. Ce sera un concert en formule trio, qui sera très rock. « Ça va être beaucoup plus lourd, beaucoup plus distorsionné qu’à Contact [Ontarois], mais tout aussi ambiant », explique Marc-Antoine.

Puis le MIFO l’a invité à se produire à la Station 4 Saisons d’Hammond un peu plus tard dans l’année.

Ayant affaire à des musiciens hors pair, en concert on peut s’attendre à un résultat différent de ce que l’on retrouve sur l’album. C’est un projet très musical, et bien qu’on reconnaisse les pièces du EP, il y a des interludes assez longs. Puis ils se permettent de faire quelques covers, mais uniquement des pièces qui leur parlent vraiment, ne voulant pas allonger le show juste pour remplir du temps !