Kimya : portrait

Il n’écrit ses chansons que depuis 2012. Il n’a pas encore d’album ou d’EP à son actif. Mais ça n’a pas empêché Kimya de faire un passage remarqué lors de la dernière édition de Rond Point et encore plus au Festival franco-Ontarien. Portrait d’un artiste en émergence.

Crédit photo de couverture : Cedric Djohossou, Wetrusthatstudio.

Paix

Kimya, c’est du Lingala, l’une des langues officielles du Congo, où l’artiste a habité jusqu’à ce que sa famille et lui immigrent au Canada en 2004. Kimya donc, en Lingala, ça signifie paix, tranquillité, calme.

La paix, c’est d’ailleurs un des thèmes principaux de Kimya. « Dans mes textes, il y a souvent un message rassembleur qui dit que, quand les choses ne vont pas bien, on va quand même essayer de s’en sortir ensemble. Il y a beaucoup de messages d’amour et de paix dans mes textes, c’est des thèmes qui m’accrochent. »

Rap de vie

Plus globalement, Kimya aime dire qu’il fait du rap de vie. « C’est pas du rap qui est cliché et où j’essaie de m’inventer une vie, mais c’est vraiment du rap qui parle de la vie de chaque jours, qui parle de nos problèmes, de nos amours, de nos peines. »

Au niveau musical, Kimya dit avoir été surtout influencé par le rap français, notamment IAM, Shurik’n, Mc Solaar ou encore Youssoupha et Passi, eux aussi d’origine congolaise. Plus près d’ici, il y a aussi eu les Loco Locass, qu’il a commencé à écouté à l’âge de 14 ans, lorsqu’il est arrivé au Canada. Mais c’est surtout Grand corps malade qui lui aura donné le goût de l’écriture et l’a incité à se lancer dans le slam et le rap.

Mais en plus de ses influences rap, Kimya dit aussi s’intéresser beaucoup à la musique classique. « Quand j’essaie d’écrire, si je n’ai pas par exemple un instrumental de rap, je vais mettre de la musique classique, qui m’aide aussi à pouvoir m’inspirer pour écrire des textes. »

Racines

Bien sûr, ses racines congolaises viennent aussi teinter sa musique. « J’essaie vraiment de mettre des touches dans mes chansons pour rappeler d’où je viens, ça me permet de me rattacher à ma culture, à mon pays d’origine, par exemple en incluant des instruments qui rappellent un peu une vibe africaine. »

Enfin, Kimya se dit aussi influencé par l’architecture, discipline dans laquelle il a étudié. En fait, c’est plutôt dans sa méthode que l’architecture vient l’influencer : « au niveau création, lorsque j’écris mes chansons, je commence comme si je dessinais un bâtiment. Je commence avec une fondation solide, comme de connaître exactement c’est quoi mon sujet, c’est quoi le message que je veux passer. Et ensuite, il y a le reste qui vient s’ajouter au niveau musical. »

L’après Rond Point et FFO

Avec son passage à Rond Point (anciennement Ontario pop) – un passage qui lui a notamment permis d’apprendre à gérer sa carrière et à perfectionner son utilisation des outils de communication – et dont en a découlé son expérience sur les planches du Festival Franco-Ontarien 2016 – qui lui a permis de jouer devant son plus grand public jusqu’ici mais aussi de réseauter avec plusieurs artistes, dont Karim Ouellet et Tiken Jah Fakoly, et aussi avec les autres personnes qui travaillent dans le monde musical – Kimya peut maintenant regarder l’avenir avec confiance.

Dans les cartons, un EP qui devrait sortir d’ici la fin de l’année. Pas de nom ni de date officielle pour l’instant. Toutes des choses qui restent à confirmer. Par contre, Kimya dit être entrain de travailler sur d’autres formes d’art qui devraient accompagner l’EP…  Mais encore là, il préfère garder le mystère pour le moment ! On attend donc le tout avec impatience !