Klô Pelgag et les secrets de la créativité

Pendant le Grand Prix de Formule 1 de Montréal, Klô Pelgag a gagné un grand prix qui n’est aucunement en lien avec les voitures de course. Dans le cadre des Francofolies de Montréal, l’auteure-compositrice-interprète s’est vu remettre le Prix Félix-Leclerc de la chanson 2017. Ce prix qui vise à récompenser la créativité et à encourager la diffusion de la chanson francophone lui a valu des bourses en argent de même qu’une invitation aux Francofolies de La Rochelle en 2018.

Photo de couverture : Klô Pelgag. Photo : Élise Jetté.

La créativité, ça peut sembler subjectif et c’est pourquoi il est intéressant de se demander ce qui caractérise une chanson créative pour un artiste de la chanson. « C’est une chanson qui se fout des conventions et qui réussit à sortir de la forme et du genre pour que ça ressemble plus à une œuvre d’art qu’à une chanson de la grande famille de la chanson québécoise, explique Klô Pelgag. D’après moi, je fais plus de l’art que de la chanson. »

La recette de la toune

Pour donner naissance à des pièces qui se démarquent et qui sortent du moule conventionnel, elle avoue qu’il est essentiel de se connecter sur ses émotions et d’être capable de faire ressortir sa personnalité. « Sinon, y’a pas vraiment de recette, il faut être intègre et ne pas vouloir appartenir à un courant, un son à la mode, ajoute-t-elle. Je trouve que ça s’entend vraiment quand quelqu’un a voulu faire une chanson pour qu’elle passe à la radio. C’est un son formaté. Ça peut donner des belles choses, mais on sent la volonté de plaire au plus grand nombre. » A contrario, ce que Klô souhaite faire, c’est aller à contre-courant. « Par exemple, un monsieur m’a déjà écrit pour me dire que c’était pas marketing, mon nom. Je trouve ça drôle que des gens pensent de cette façon-là. Moi, si je tripe sur un artiste algérien, je vais apprendre son nom même s’il s’appelle pas Sophie Tremblay. T’as pas à t’appeler Lapointe pour faire rayonner la culture francophone ici. »

Ses chansons prennent vie quand elle peut être connectée à son monde intérieur, être à fleur de peau et embrasser un langage autre que celui du quotidien. « C’est une chose de dire je suis triste, je feel pas, mais en musique tu peux aller plus loin, élargir, capter toutes les nuances de la tristesse. Et je trouve ça fou de voir des gens après mes shows qui me disent que ma musique leur a sauvé la vie. Ils pleurent et je suis fascinée parce que c’est ça que la musique a fait pour moi, à l’adolescence. Ça m’a sauvée. »

Les contextes de créations sont multiples et rarement optimaux. C’est le cas pour plusieurs artistes, même si le résultat peut néanmoins être très convaincant. « C’est drôle parce que quand j’ai pris une pause après mon show de rasage de tête, je recommençais à zéro, j’étais pas encore dans l’angoisse. Je voulais me construire un lieu de création chez moi, pour enregistrer et, à ce jour, il n’est pas encore fini d’être construit. Je pensais l’avoir pour répéter le show, mais même pas ! Va-t-il être prêt pour faire mon troisième album ? Qui sait ? »

La poésie des autres

Dans les mots des autres, c’est dans l’imperfection que Klô Pelgag trouve la poésie. « Je suis rarement très touchée par les chansons des gens, admet l’artiste. Je suis plus touchée par la danse, la peinture ou la sculpture. Pour moi, Antoine Corriveau et Violett Pi écrivent magnifiquement et ils ont leur propre langage. Je trouve ça super rare. Je suis vraiment touchée par Fred Fortin, aussi, qui fait des choses plus « Québ », mais qui réussit à faire quelque chose qui gonfle et touche à plein de cordes sensibles. J’aime pas la musique générale, mais j’adore les concepts. Je trouve ça infini et grand la musique. Ça n’a pas de fin. »

Klô Pelgag est en spectacle tout l'été avec son album L'étoile thoracique. Les dates sont ici.