Antoine Tremblay Beaulieu et sa déconstruction musicale

Le troisième album solo du Sudburois Antoine Tremblay Beaulieu, La couleur de mon cœur, est sorti en avril dernier. Un album folk qui allie sonorités jazz et poésie, sur lequel l’artiste prend un malin plaisir à déconcerter son auditoire. J’ai discuté avec lui de sa démarche !

Photo de couverture : Antoine Tremblay Beaulieu. Crédit: Joël Ducharme.

Officiellement, il décrit sa musique comme étant du folk-jazz-punk croulant. Dans les faits, Antoine Tremblay Beaulieu n’aime tout simplement pas l’idée des étiquettes. Ce qu’il aime, c’est briser les moules !

« Je trouve que les définitions sont limitées. Je touche à plein de choses. Lorsque je fais allusion à croulant, ou autre chose, c’est de la déconstruction de chanson », lance-t-il d’entrée de jeu.

Antoine Tremblay Beaulieu sur scène en plein solo de guitare.

Antoine Tremblay Beaulieu. Crédit : Joël Ducharme.

En écoutant son troisième album, La couleur de mon cœur, sorti en avril dernier, on constate qu’il touche effectivement à plusieurs styles, ce qui le rend difficile à catégoriser.

Bien qu’on y retrouve un côté folk omniprésent de par la guitare sèche prédominante, certaines sonorités peuvent parfois faire penser au jazz (La couleur de mon cœur), alors que d’autres pièces, très poétiques, ne sont pas très loin du spoken word (Nous risquons TOUT à TOUS les jours), parfois même à la limite saugrenue (La belle erreur humaine).

Une œuvre bien ficelée en soi, mais qui conserve néanmoins un petit côté déroutant. « J’aime qu’il y ait une surprise ou deux, un tournant, j’aime tirer l’oreille plutôt que de rassurer l’oreille. Je veux qu’il y ait un certain niveau d’inconfort. J’aime déstabiliser les gens. »

Carte blanche à ses collaborateurs

Pour l'album, Antoine Tremblay Beaulieu a su bien s’entourer en allant chercher deux collaborateurs à la feuille de route bien garnie. Les Gatinois Daniel Boivin (co-réalisation, basse et guitare) et Simon Meilleur (batterie) ont su mettre leur talent au profit de l’univers musical d’Antoine.

« Ce sont des gens avec cette affinité et cette facilité avec les sonorités, et donc en plus d’être bassiste, guitariste et batteur écœurant, ce sont des gens qui ont vraiment les paysages sonores à cœur. »

Bien que la composition et l’écriture soient l’affaire d’Antoine, il aime bien laisser une entière liberté à ses musiciens et se dit toujours malléable et ouvert à leurs idées. C’est pour cette raison qu’il fait attention pour s’entourer de gens à qui il fait entièrement confiance. « Plutôt que de laisser à peu près n’importe qui s’impliquer et ensuite les aligner, je veux trouver les collaborateurs parfaits et leur donner de la place. »

La famille Never Ending

Pour la sortie de l’album, Antoine s’est également joint à la jeune maison de production sudburoise Never Ending, fondée par Simon Jutras (Mclean, Konflit) et Christian Berthiaume (Konflit) qui regroupe, à ce jour, principalement des artistes francophones du nord de l’Ontario.

Au-delà du coup de pouce avec la distribution de l’album, ce qu’il recherche d’abord en s’associant à eux, c’est une collaboration avec une communauté artistique qui ose sortir des sentiers battus et faire les choses autrement.

« C’est l’idée de la famille et de cette gang d’artistes qui se permettent d’expérimenter; c’est des gens qui poussent un peu et qui ont des idéaux semblables », souligne-t-il.

Sur scène avec un soupçon de post-punk

Avec l’album en main, Antoine s’affaire maintenant à monter un spectacle pour faire de la tournée.

Sur scène, on peut d’ailleurs s’attendre à une performance très énergique, ce qui n’est pas étranger à son expérience passée avec la formation Varge!, un groupe post-punk dans lequel il a œuvré pendant quelques années.

« Je me suis laissé aller au bout de l’énergie, mais aussi, de la performance, explique-t-il en décrivant son passage avec Varge! Lorsque je prends la scène, j’essaie de tout donner. Même avec mon matériel solo, qui sur l’album se traduirait comme folk, en spectacle je le livre corps et âme. On a chaud, on balance nos guitares, on s’amuse, on se fait du fun, c’est du sport. »

Ça promet !

Et puis, tout bonnement, juste avant la fin de l’entrevue, il m’annonce qu’il songe déjà à un nouvel EP, question de « garder ça frais » !

« J’ai le goût de sortir de quoi en dedans de 6 mois, pour garder ça vivant ». C’est ce qu’on appelle un artiste en perpétuel renouvellement !

Entre temps, vous pouvez vous procurer son album sur bandcamp et iTunes!