L’Ambassade Culturelle

Philippe Roy, Steven Boivin et Philippe Gaudreault ont uni leur savoir-faire en créant L’Ambassade Culturelle dont l’objectif est d’offrir des spectacles abordables aux mélomanes de la région. Les trois amis producteurs de Gatineau ont décidé ainsi d’unir leurs forces afin de lancer un tout nouveau projet culturel dédié à la scène musicale émergente en Outaouais. Je me suis entretenu avec Philippe Roy, afin d’en apprendre davantage sur cette idée.

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Un nouveau projet est né

C’est au Bistro, dans le Vieux-Hull, que L’Ambassade Culturelle a présenté son tout premier concert à la fin du mois de janvier. C’était un premier pas, mais certainement pas le dernier, puisque les instigateurs du projet en ont profité pour dévoiler la programmation de leur première saison, soit une vingtaine de spectacles musicaux qui auront lieu au centre-ville de Gatineau au cours des prochains mois.

Il faut l’avouer, l’idée est accueillie comme un vent de fraîcheur sur la ville qui est trop souvent l’oubliée des tournées de musique émergente québécoise. Philippe Roy et ses camarades sont arrivés un peu au même constat, et c’est ce qui les a poussés à lancer leur projet. « J’étais un peu tanné de voir que toutes les tournées passaient par Ottawa [plutôt que par Gatineau], lance Philippe. Je me suis dit ce serait le fun de donner une alternative, surtout à nos groupes québécois. Je voyais les tournées, ça faisait Québec, Jonquière, Sherbrooke, Ottawa, mais jamais Gatineau. » C’est effectivement plutôt surprenant qu’une ville de la taille de Gatineau passe si souvent sous le radar musical émergent. L’arrivée de L’Ambassade viendra, souhaitons-le, combler cette lacune.

SARATOGA à l'ambassade culturelle de Gatineau

Construire l’identité culturelle musicale de la ville

Selon Philippe Roy, il y aurait jusqu’à 10 % de la population qui aimerait la musique au point de se déplacer pour aller voir un spectacle. Pour une ville de la taille de Gatineau, c’est donc un potentiel de 25 000 mélomanes. Pour les convaincre de venir entendre les artistes, L’Ambassade Culturelle compte inviter des formations de différents styles musicaux, certaines plus connus, d’autres moins. L’aspect abordable fait également partie de l’équation, surtout lorsqu’on cherche à faire connaître de nouveaux talents et c’est pour cette raison qu’ils incluent dans leur programmation des dimanches découvertes à 5 $, toutes les deux semaines, au Petit Chicago. « En général, on veut que la soirée, avec une consommation ou deux, coûte moins de 20 $, c’est un peu la règle qu’on s’est donnée », m’explique Philippe au sujet de cette partie de l’initiative.

MEDORA à l'ambassade culturelle de Gatineau

Ainsi, pour leur toute première programmation, les trois gars y sont allés d’un mélange d’artistes qu’ils chérissent particulièrement et qu’ils aimeraient faire découvrir au public gatinois, en plus d’inviter des valeurs sûres, c’est-à-dire des artistes qu’ils ont déjà vus en concerts et pour lesquels le public d’ici était au rendez-vous. Au fur et à mesure que le projet évoluera, ils seront en mesure de mieux saisir l’identité musicale de Gatineau et d’ainsi adapter leur programmation en conséquence. « De réussir à construire l’identité culturelle musicale de la ville, c’est un peu ça notre objectif; c’est ce qu’on aimerait qui se passe dans la prochaine année. On veut que les mélomanes sortent de l’ombre, puis qu’ils viennent dans les spectacles à la place de juste écouter leur musique chez eux. »  Beau défi en perspective, et je ne peux qu’espérer qu’ils y parviendront.

HARFANG à l'ambassade culturelle de Gatineau

Faire une place aux artistes locaux

Il faut l’admettre, il n’est pas toujours facile de faire sortir le Gatinois de chez lui. Plusieurs promoteurs de la région tentent déjà tant bien que mal de remplir leurs bars et salles de spectacles. Pour relever ce défi, L’Ambassade Culturelle compte faire une place importante aux artistes locaux dans l’idée avouée de développer une scène locale vibrante. Elle promet ainsi d’inviter au moins un artiste de la région lors de chacun des concerts qu’elle présente. « C’est le centre de nos préoccupations. La construction de l’identité culturelle en Outaouais va passer en grande partie par la vitrine que nous donnons aux groupes locaux et leur présence sur chacun de nos spectacles. Si on fait 40 spectacles, il y aura 40 groupes locaux d’impliqués. On veut donner aux groupes d’ici la place qu’ils méritent, soit sur un stage, idéalement avec un groupe connu ou déjà établi, afin qu’ensemble, ils puissent donner un bon spectacle et que ceux qui étaient au spectacle retournent à la maison en se disant qu’ils seront présents la semaine suivante pour refaire la fête ou encore redécouvrir de nouveaux artistes. »

Je ne peux que leur souhaiter la meilleure des chances. Cette initiative, qui se veut permanente, est une belle occasion de consolider la scène musicale émergente qui cherche à se développer depuis quelques années à Gatineau et par le fait même d’offrir une alternative pour les jeunes, et moins jeunes, qui cherchent à se divertir un samedi ou dimanche soir! Pour découvrir leur programmation, rendez-vous sur leur page Facebook.