Le Chelsea Beat : les héritiers du freakbeat

Photo de presse du groupe Le Chelsea Beat

Cette fin de semaine, le bar Le Troquet dans le Vieux-Hull vibrera au son du freakbeat, ou si vous préférez, à celui du rock garage anglais des années 60, puisque la formation Le Chelsea Beat y sera de passage. Entretien avec Stéphane Courval, guitariste et membre fondateur du groupe.

Bien que la scène Freakbeat canadienne ne comporte pas un grand nombre de groupes francophones, Le Chelsea Beat a su bien tirer son épingle du jeu et s’est rapidement fait remarquer, attirant même l’attention de journalistes européens ainsi que de l’étiquette Killer Diller Records de Brooklyn, sur laquelle est paru leur premier album. Le groupe s’est d’ailleurs retrouvé en nomination au GAMIQ 2012 dans la catégorie album rock de l’année. Depuis, ils enchaînent les concerts, en plus de travailler sur un 2e album.

Tout droit sorti d’une autre époque

La formation perpétue véritablement le style rock garage psychédélique des années 60, en reprenant certaines pièces de groupes de l’époque et en arborant le costard, comme le voulait la tradition de l'époque. Un groupe qui semble tout droit sorti d’une autre époque, mais qui demeure pourtant très actuel et original. « On aime être authentique autant au niveau de la sonorité que du look,» avance Stéphane. «On aime bien s’habiller et porter des costards comme le faisait les groupes de l’époque ». Au-delà des reprises, Le Chelsea Beat compte également plusieurs compositions à son actif, pièces qui demeurent fidèles au son freakbeat des sixties. « On n’est pas un groupe rétro ou une revue musicale, on vit de cette musique-là et on veut être authentique au maximum ». L’album se veut donc un bel amalgame de pièces originales en français et de reprises anglophones, avec beaucoup de guitares et surtout un orgue omniprésent.

Le Chelsea Beat a vu le jour un peu par hasard il y a quelques années lorsque Stéphane a répondu à une annonce anonyme de recherche de musicien. À ce moment, il ignorait qu’il s’adressait à Daniel Fiocco, un artiste qu’il admirait. « Ce fut un moment assez cocasse; je le connaissais de réputation, j’étais fan de ses groupes et en jasant avec lui, j’ai réalisé que c’était Daniel Fiocco! On a développé une amitié suite à ça, et on a fini par partir le groupe. » Ils ont par la suite approché d’autres musiciens, dont Pat Meteor des Demon’s Claws. « Pat en arrivant a apporté beaucoup au niveau de la composition des textes. Au départ, il n’avait jamais été front man d’un groupe et il trouvait qu’il serait plus à l’aise s’il jouait de la guitare. On a donc rentré la 12 cordes pour ajouter un peu de sonorité, une couche différente aux chansons, mais petit à petit il a lâché la guitare. » La formation compte aujourd’hui 6 membres, qui ont, au fil du temps, délaissé leurs autres projets musicaux pour se concentrer principalement à Le Chelsea Beat.

Photo du groupe Le Chelsea Beat

Un album en préparation

Avec de nouvelles compositions en main, la formation prépare son deuxième album qui devrait sortir à la fin de l’été. Une première session studio leur a permis d’enregistrer une série de pièces au printemps 2013, puis une deuxième visite l’automne dernier est venue compléter ce qui deviendra vraisemblablement le prochain opus. Pour ce deuxième album, la formation a conservé le concept qui s’était révélé un succès sur Mesdames et Messieurs…, soit un mélange de compositions originales et de reprise. L’album sera encore une fois dans les deux langues, quoiqu’une place un peu plus importante sera faite au français, avec la reprise de Le Responsable de Dutronc et de Les yeux fermés du groupe Les lutins. Une plus grande proportion de pièces seront également des compositions originales qui sont toujours en français. « Au Québec, il y a un bon héritage de groupe garage sixties en français, et on a voulu continuer dans cette veine-là. On aime la sonorité, on aime le feeling, on aime les textes en français sur du bon rock garage. »
Pochette d'album "Mesdames et Messieurs..." du groupe Le Chelsea Beat.

Entre temps, la formation continue à donner des concerts sporadiques, dont le prochain aura lieu aujourd'hui à Gatineau. Puisque c’est la première fois qu’ils visiteront la région, ils en profiteront pour jouer un mélange de pièces du premier album et de leurs nouvelles compositions. Mais surtout, ils affirment qu’il faut s’attendre à un bon party, parce qu'en spectacle, le Chelsea Beat bouge pas mal. « Quand on pense aux sixties, on pense souvent aux groupes yéyés qui sont un peu quétaines, mais nous c’est autre chose, ça rock et ça groove! »

Le Chelsea Beat sera en prestation au bar Le Troquet dans le Vieux-Hull à Gatineau le samedi 1er février et avec Les Revenants au Atomic Café à Montréal le samedi 15 février.