Les Francouvertes - Préliminaires, soirée 6

Soucieux de l'étayage séminal des avenues à développer avec la prosodie nourricière, BRBR vous fournira un compte-rendu de chacune des soirées des étapes (7 préliminaires, 3 demi-finales et finale) du concours-vitrine de l’espace francophone des Francouvertes.

Le Lion d’or baignait dans une odeur de frites en ce lundi soir qui présentait trois auteurs-compositeurs-interprètes sauditement bien entourés de musiciens dont les réputations les précédaient (choix ad hoc de la part du concours d’avoir programmé ces dits dans la même veillée, l’éclat était mutuel). Julie Blanche s’environnait d’Antoine Corriveau, du corniste Pietro Amato (Bell Orchestre, The Luyas) et du batteur Stéphane Bergeron (Karkwa), Marc-Antoine Larche était bordé par l’ex-staracadémicienne Sophie Vaillancourt et du participant à la seizième édition des Francouvertes Thierry Bruyère (et, pour les plus versés, du batteur de Lavabo), puis Maritza, elle-même ex-staracadémicienne, comptait aussi sur les services de l’éminent bassiste JF Lemieux. Grosses pointures gros souliers.
julie blanche aux francouvertes 2014

En ouverture, la délicate Julie Blanche a posé sa voix feutrée sur une instrumentation riche et cohérente, qui aurait pu lui faire ombrage, à elle et son seul micro. Ceinte de quatre musiciens, elle savait cependant occuper son espace avec une gestuelle simple, mais envoûtée et plutôt envoûtante. Les textes, cosignés par Antoine Corriveau, affichaient une facette glauque qui se couplait soigneusement aux textures païennes des musiques. Une performance plutôt irréprochable, l’une des plus achevées et sensibles du concours, avec une mise en scène modeste qui exploitait la notion de l’espace – dans les pièces, entre les musiciens – sinon que ces derniers ne semblaient pas vraiment communiquer sur scène.

Photo de presse de marc-antoine larche
Précédé du petit buzz de son premier album qui vient tout juste de paraître, Marc-Antoine Larche s’est pointé de façon cabotine sur scène, bien seul au centre avec cinq accompagnateurs en périphérie, en semblant se demander quoi faire avec ses mains pendant qu’il récitait son premier micro-succès Les courants d’air. De jolies mélodies pop pas trop sucrées qui portent des textes qui ont, eux aussi, une résonance pop certaine, grâce au leitmotiv et au lexique usuel un peu creux des relations amoureuses. Ici, si les musiciens communiquaient, manquaient la synergie, voire parfois l’énergie tout court, et le personnage de scène de Larche, confusément blagueur et enjôleur, reste à définir.

Photo de Maritza aux Francouvertes 2014
En clôture, la folk chaude et élaborée de Maritza s’est révélée sans faille, avec des musiciens combien enlignés et une prosodie qui mettait en valeur une voix juste qui ne semblait jamais forcer, sinon que l’ensemble versait un peu dans le spectre de l’adulte contemporain tellement tout était léché. Une proposition originale, cependant, avec une percussionniste-claviériste polymathe bien affairée derrière une forteresse de tambours et JF Lemieux qui vaquait successivement à la basse, aux séquences et à quelques percus itou, la folk plongeant parfois brièvement dans des jams électriques, pour des pièces parfois quelque peu figées, mais porteuses d’émotions, et prêtes à être présentées à un plus grand public.

Au terme de cette pénultième soirée, le classement :

1.Joëlle Saint-Pierre
2.Philippe Brach
3.Jacques Bertrand Junior
4.Julie Blanche
5.Maritza
6.Bobby One
7.P.A.P.A. (Pas d’Argent pas d’agent)
8.Gab Paquet
9.Maison Brume