Les Malpris : une bouteille à la mer

Mercredi dernier, la formation gatinoise Les Malpris lançait à La Basoche leur tout premier album, La Bouée. Un premier album, donc, mais ça faisait déjà un petit bout de temps que Les Malpris étaient connus dans le coin.

Les Malpris, c’est le genre de groupe qu’on aime bien voir en festival. Capables d’enligner quelques bons covers, mais aussi des compos originales, d’un rock efficace et rassembleur. On avait notamment pu les apercevoir lors en première partie de Martin Deschamps à Buckingham en fête, au Festival Franco-ontarien ou encore en première partie de Jean Leloup au Festival de la curd.

Photo du groupe Les Malpris en spectacle.

C’est d’ailleurs un peu à cause de ces prestations devant un grand public que le groupe est devenu ce qu’ils sont aujourd’hui. “Les Malpris d’aujourd’hui n’ont d’ailleurs plus grand chose à voir avec le Pivi et les Malpris (le nom d’origine du groupe) des premiers jours,” m’explique Mario Boulianne, bassiste et « plus ancien nouveau membre ».

D’abord un band de covers mis sur pied par Pierre Vachon (Pivi), animateur à NRJ Gatineau et seul membre original, le groupe offrait essentiellement ses prestations lors des partys de Noël d’Astral ou autres occasions festives. Puis, Les Malpris ont commencé à faire de vrais shows. Et presque à chaque fois, un des membres originaux quittait pour être remplacé par l’un des membres actuels du groupe. Mario a d’ailleurs intégré le groupe dès le tout premier vrai show des Malpris.

Il y a ensuite eu la première partie de Martin Deschamps, devant une foule de quelques milliers de personnes à Buckingham en fête. « On voulait pratiquer pour pas avoir l’air fou » m’avoue Mario. Et c’est là aussi que le groupe a commencé à faire de ses propres compositions.

Puis il y a eu la première de Jean Leloup, lors du Festival de la curd l’été dernier. C’est alors que Pierre Picard a fait son entrée comme guitariste du groupe. « Ça a donné un autre son au groupe, on trouvait ça important de le garder avec nous » confie Mario.

Photo du groupe Les Malpris en spectacle.

De fil en aiguille, Les Malpris ont abouti dans les studios Musimédia pour y enregistrer leur premier album. Après plus de 150 heures seulement pour l’enregistrement et le mixage, sans compter l’apport de Michel Villeneuve à la réalisation et de Richard Addison du réputé Planet Studio au mastering, leur Bouée a finalement été lancée mercredi dernier. « Un osti de beau moment. On a pris les gens par surprise. Ils pensaient venir voir et encourager une gang de chums, mais ils ont vu un band professionnel sur scène,» dixit Mario.« On est un groupe sérieux mais sans se prendre au sérieux. On reste humble face à tout ça ».

Et elle est comment cette bouée? Assez éclectique. Il peut manquer un peu de fil conducteur, peut-être du fait que l’écriture a été partagée à trois, mais je prédis que cette diversité tournera à leur avantage sur scène.

Ainsi, on passe du rock bluesé sur Laisse à la power ballade Libre de sens au gros rock plus pesant sur Scorpion. Les Malpris s’offrent même une dose de douce ballade tranquille, mais la plupart des pièces font dans une pop-rock groovy très accessible. En général, on peut dire que Les Malpris nous offre une musique qui se trouve quelque part  entre du Zébulon (ou peut-être même encore plus simplement Marc Déry) et des groupes plus rock tels que La Chicane ou Noir Silence, le tout avec des influences biens senties de classiques rocks comme Offenbach.

Il manque peut-être seulement une ou deux pièces qui se démarquent du lot…  Vous savez, le genre de pièce qui reste pris dans la tête et qu’on s’attend à entendre en fin de show ou en rappel. Mais l’ensemble en soi mérite tout de même plusieurs bonnes écoutes. Les Malpris ont beaucoup de talent, ce n’est qu’un premier album et déjà ils surprennent. Le reste viendra!

Pochette d'album des Malpris.

Après un lancement réussi, des prestations qui les attendent déjà en Beauce et à Jonquière, de même qu’une entente avec DEP, on peut s’attendre à ce que l’aventure des Malpris prenne encore plus d’importance. Heureusement pour eux, bien qu’ils soient tous bien établis dans leur carrière respective, ils ont tous la possibilité de faire de petites pauses pour tourner ou pratiquer. Vous devriez donc avoir la chance de les voir par chez vous dans pas très long!