Mastik

Mastik album de sol et d'ether

Trois ans après la sortie de leur EP Mille morceaux, la formation Mastik revient en force avec De sol et d’éther, un album complet dont le lancement aura lieu le 24 février à Ottawa. J’ai profité de leur passage à Contact Ontarois, en janvier dernier, pour m’entretenir avec le trio originaire de l’Est ontarien.

Bien que Mastik, groupe formé de Chris Coshall, Simon Poirier Lachance et Martin Charbonneau, ait mainte fois dû reporter la date de sortie de l’album, les fans avaient néanmoins eu la chance d’entendre plusieurs des nouvelles pièces lors de différents concerts offerts au cours de la dernière année. De mon côté, c’est à l’automne, lors de leur passage au Festival de l’Outaouais Émergent, que j’ai pu avoir pour la première fois un avant-goût de l’album à venir, De sol et d’éther, qui sera lancé le 24 février au Mercury Lounge à Ottawa.

 

Acquérir expérience et expertise

Grâce aux nombreux spectacles qu’ils ont offerts, ainsi qu’à leur participation à plusieurs concours dont ils ont souvent été lauréats, ces dernières années furent pour les gars de Mastik une période d’apprentissage et de transformation. Il en ressort un groupe mature, prêt à se tailler une véritable place parmi les principales formations indies rock du pays. Bien qu’ayant dû se séparer de l’un de ses membres, Mastik se sent néanmoins en pleine possession de ses moyens. « Sur scène, je pense qu’à trois on va chercher de quoi de quasiment plus naturel; on l’a peut-être plus dans le sang », affirme Chris en expliquant leur adaptation au départ de l’un de leurs membres.

C’est toutefois suite à la rencontre de Laurence Currie (Sloan, Holy Fuck, Hey Rosetta!) que le groupe a entamé un véritable tournant. « Il a aiguisé notre façon de travailler », lance Chris en parlant de leur collaboration avec ce producteur. En leur proposant une approche différente, Laurence leur a fait prendre conscience du plein potentiel de leurs compositions. En prenant le temps de s'asseoir et de bien décortiquer les pièces, plutôt que de simplement utiliser leurs instruments pour les travailler, le groupe a réussi à mener le perfectionnement de leurs compositions à un tout autre niveau. « C’est de mettre les parties de ta chanson visuellement sur un tableau, de la scruter, puis de travailler ça plus au stylo qu’au coup de poignet et au grattage de guitare », explique Simon en décrivant la façon dont le producteur les a guidés dans le perfectionnement des pièces, « c’est vraiment de la travailler, de la façonner plutôt que d’y aller de la manière hippie comme on faisait; là on prend le temps d’y penser; est-ce que ça marche; est-ce que ça raconte l’histoire qu’on veut? » Le résultat est plus que convaincant. On sent que le groupe a acquis une maturité et une expérience technique qu’ils avaient jusqu’à maintenant à peine effleurée.

Mastik. Crédit Photos : Julien Lavoie

Écrire et composer pour éveiller les consciences

Bien que j’aie senti une légère hésitation en leur demandant s’ils font de la musique militante, ils sont néanmoins d’accord pour affirmer qu’ils utilisent leur art pour prendre position face aux enjeux de société. Leurs textes sont réfléchis, mais le groupe ne milite pas pour autant en faveur d’une cause en particulier. En d’autres mots, c’est une formation qui cherche d’abord à faire du rock, mais avec des paroles intelligentes. « Je n’aurais pas autre chose de quoi j’aimerais parler », affirme Chris; « il y a en masse de monde qui parle de rien dans leurs tounes; je ne vois pas en quoi ça rend un service à la société ». En écrivant des paroles engagées, Mastik peut donc espérer transmettre un message aux gens intéressés, sans pour autant déplaire aux fans qui s’intéressent principalement au côté rock de la formation. « C’est notre façon de sublimer un peu toutes les croches puis toutes les affaires qui nous frustrent puis qu’on trouve injustes de la vie; c’est notre façon de rendre ça beau, de faire de l’art avec », explique Chris.

Concernant l’enregistrement studio, les gars ont décidé d’y mettre le paquet, quitte à ce que sur scène le résultat soit quelque peut différent. Amateurs de vinyles, ils savaient dès le départ que l’album serait offert sur ce support. Ils ont donc fait appel à Éric Auclair pour les conseiller, puis c’est João Carvalho (City and Color, Death From Above 1979, The Sheepdogs), qui s’est occupé du matriçage. En ajoutant de nombreuses couches sonores à l’album, ils savaient d’emblée que ce serait plus difficile de refléter sur scène le son de l’enregistrement. Néanmoins, les gars voient plutôt ce contraste comme une expérience live comparativement à une écoute dans ton salon. « Tant qu’à moi, un bon show live c’est plus gras encore que l’album, un show rock tu veux que ça bûche plus que l’album », lance Chris, « moi c’est le genre de show que j’apprécie! ».

Vous pourrez d’ailleurs faire la comparaison par vous-même au cours des prochains jours, puisque l’album sera disponible dès le mardi 24 février et que plusieurs concerts sont prévus, autant avant qu’après le lancement. Il ne fait néanmoins aucun doute que la formation a fait beaucoup de chemin depuis le EP, et que l’album qu’ils présentent mérite d’être entendu, autant sur scène que sur support audio.

 

Concerts à venir :

  • Sudbury (Townehouse), le 20 février 2015 (avec Pandaléon et LANORME)
  • North Bay (Raven and Republic), le 21 février 2015 (avec Pandaléon)
  • Ottawa (Mercury Lounge), le 24 février 2015 (Lancement officiel de l’album à Ottawa)
  • Kingston (Centre culturel Frontenac), le 27 février 2015
  • Montréal (La Vitrola), le 4 mars 2015 (Lancement à Montréal)
  • Ottawa (Le CNA présente Mastik au Festival Quand ça nous chante), le 6 mars 2015
  • Hamilton (Jackson Square Mall) le 13 mars 2015 (spectacle présenté dans le cadre du JUNOfest)
  • Sudbury (La Nuit émergente présentée par La Slague), le 27 mars 2015