MCLEAN : lorsque le temporel disparait de ta vie

L’artiste pop-alternatif de Sudbury MCLEAN a sorti un premier album, Sans l’abri d’un quand, en août dernier. Entouré de professionnels de renoms, dont Olivier Fairfield et Stéphane Rancourt, il nous présente un projet bien ficelé et réfléchi. Entretien avec cet auteur-compositeur-interprète déterminé et très prometteur !

Photo de couverture : MCLEAN.

MCLEAN assis sur un fauteuil avec le canon d'un révolver en plastique dans sa bouche ouverte.

MCLEAN.

Le Sudburois Simon Jutras ne chôme pas! En plus de collaborer à de nombreux projets artistiques, dont ceux de KONFLIT et de Cindy Doire, il vient de sortir un premier album sous son nom d’artiste MCLEAN, en plus de poursuivre des études en guitare classique.

MCLEAN, qu’il décrit lui-même comme de la pop-alternative, demeure néanmoins son principal projet. « Ce sont des chansons pop à la base, des chansons qui sont écrites par l’entremise d’une ligne mélodique avec un texte puis un instrument harmonique, donc une chanson qui peut se porter aussi bien en format solo qu’en format band. »

D’ailleurs, sur scène il adapte son projet selon les opportunités qui se présentent, de sorte qu’il lui arrive autant de le monter en format solo qu’en format band à géométrie variable.

Peinture d'un immeuble situé au pied d'une falaise

Pochette de l'album Sans l'abri d'un quand de MCLEAN. Image par Josh Herd.

Un album bien ficelé

Tout a commencé il y a deux étés, lorsque MCLEAN s’est enfermé pendant quelques semaines dans un chalet pour composer ce qui allait devenir son premier album, Sans l’abri d’un quand.

Il a ensuite approché Olivier Fairfield (Timber Timbre, Fet.Nat, Mehdi Cayenne) pour l’aider avec la partie studio du futur opus, ce qui lui permettait ainsi de se concentrer uniquement sur les instruments.

« Je savais mes forces et mes faiblesses et je savais avec qui je voulais travailler. Je pensais à Olivier Fairfield en particulier. J’avais entendu ce qu’il avait fait avec Mehdi Cayenne Club et avec l’album de Tricia Foster. C’était la personne parfaite pour travailler avec moi. »

Pour le mixage, c’est à Stéphane Rancourt (Jean Leloup, Pascale Picard) qu’il a fait appel. Puis, il a approché l’orchestre symphonique de Sudbury pour l’ajout de cordes, trompettes et timbales sur certaines pièces.

Il est également l’un des premiers artistes à collaborer avec les Productions Never Ending, une nouvelle compagnie de production et d’encadrement des artistes franco-ontarien dont Simon fait lui-même partie en tant que directeur musical.

Puis, c’est en août dernier, dans cadre du festival Up Fest de Sudbury que l’album a été lancé, en formule 5 à 7. « Je me suis payé la traite avec le cachet que j’ai fait, j’ai pu faire le lancement avec un nineties, donc on était neuf sur l’estrade, puis on a vraiment pu faire en sorte que tous les arrangements de l’album, ou presque, ont pu être faits ! »

MCLEAN s'allumant une cigarette alors qu'il est assis dans le bain d'un appartement en décrépitude.

MCLEAN.

Sans l’abri d’un quand

l’opus tire son nom de la dernière pièce du disque, qui est également l’une des dernières chansons écrites pour l’album. « L’une des chansons les plus fragiles aussi, mais je trouvais qu’elle allait vraiment loin dans ce que je voulais dire. »

« En écrivant les chansons, j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup d’éclectique dans les choix de sujets, mais qu’à la base ça avait toujours un peu rapport avec l’idée du quand. Et puis le concept de ça c’est d’être dans un état d’esprit où tu te retrouves sans l’abri d’un quand. Le quand qui est familier, un endroit temporel qui disparait de ta vie. »

MCLEAN profite donc de la perte de cet abri-là, pouvant être provoqué par une peine d’amour, la fin d’une relation, ou encore « une situation qui t’est rentrée dedans », pour écrire des chansons et retrouver ce moment de réconfort.

Puis, peu à peu, cette idée est devenue le fil conducteur de l’album. Alors qu’au départ il y avait plus de 25 pièces ayant la possibilité de se retrouver sur le disque, plus le concept se raffinait, plus le choix devenait clair pour lui.

Bien qu’au moment de composer une pièce, MCLEAN s’imprègne complètement de l’univers de celle-ci et de la thématique qu’il essaie de communiquer, lorsque vient le temps de sélectionner les pièces qui se retrouveront sur l’album, il choisit celles dont le fil conducteur permet de voyager au travers de chacune des chansons.

Il réfléchit entre autres à la façon dont la pièce peut l’affecter, mais également comment ça peut affecter les gens qui l’écouteront. « Je vois vraiment la musique comme une forme de communication et pour moi c’est important de voir quel message j’essaie de communiquer. »

MCLEAN en prestation lors du gala des prix Trille Or

MCLEAN au gala des prix Trille Or.

La suite des choses

Au cours des prochains mois, MCLEAN veut prendre le temps d’ancrer son projet sur de solides bases et trouver des créneaux qui lui seront réceptifs.

Il rêve entre autres d’une tournée pancanadienne où il pourrait se forger différents contacts au travers du pays. Entre temps, on sait déjà qu’il sera de la cuvée 2016 de Contact Ontarois qui se tiendra du 13 au 16 janvier prochain à Orléans, et dont vous pouvez retrouver la programmation ici.

Et bien qu’il n’ait pas voulu me dévoiler trop de détails, il affirme continuer à travailler avec ses collaborateurs de longue date qui préparent quelques nouveautés pour l’année à venir !