MEGAPHONO : 60 artistes à découvrir en 4 jours

Les vitrines MEGAPHONO sont de retour pour une deuxième année consécutive. Du 2 au 5 février, ce sont pas moins de 30 délégués qui seront de passage dans la capitale pour y découvrir une soixantaine d’artistes qui joueront dans différents lieux d’Ottawa et Gatineau. C’est également une occasion en or pour le public de découvrir le meilleur de la musique locale. J’ai profité de l’occasion pour demander à Jon Bartlett, directeur de l’événement, à quoi l’on pouvait s’attendre.

Photo de couverture : The Acorn. En vitrine le mardi 2 février à l'Église St Alban. Crédit photo : Rémi Thériault.

Le logo de MEGAPHONO en blanc sur fond noir. Il s'agit d'un M surmonté d'un haut parleur de mégaphone, entouré d'un cercle.

Logo de MEGAPHONO.

La scène musicale d’Ottawa-Gatineau demeure largement méconnue à l’extérieur de la région. Pourtant, il y a beaucoup de talents. On pourrait même dire des secrets qui sont peut-être un peu trop bien gardés ! C’est donc pour faire découvrir et rayonner cette scène d’ici que Jon Bartlett et ses partenaires ont créé le festival MEGAPHONO.

En plus de révéler l’effervescente scène musicale d’Ottawa-Gatineau, les organisateurs cherchent également à encourager les mélomanes locaux à sortir de leur zone de confort pour découvrir des styles et des lieux qu’ils connaissent moins. « Les gens sont un peu trop dans leur coin à faire de la musique et, sans le faire exprès, ils créent des divisions, explique Jon. On veut donc faire des connexions entre les musiciens locaux, pour que les gens puissent découvrir de nouveaux groupes. »

C’est donc en mélangeant sur une même scène différents styles, ainsi que des artistes francophones et anglophones, que les organisateurs comptent encourager le public à faire des découvertes. Cette façon de faire permet également aux formations de jouer devant une foule qui n’est pas leur public d’ordinaire et d’ainsi pouvoir espérer se faire remarquer par un plus large auditoire.

Claude Munson sourire aux lèvres, devant les portes vitrées d'un lieu public.

Claude Munson. En vitrine le jeudi 4 février à The Record Center.

Faire de la capitale un arrêt incontournable dans le circuit des showcases nord-américain

L’équipe de MEGAPHONO ne le cache pas, elle aimerait faire d’Ottawa l’un des arrêts incontournables du foisonnant circuit des showcases nord-américains. Pour y arriver, elle mise non seulement sur le talent musical, mais également sur les aspects qui différencient la capitale des autres villes.

Jon prend en exemple l’Islande, qui a réussi à créer quelque chose « de vraiment spécial » en mettant en valeur le côté musical et touristique du pays. Selon lui, Ottawa pourrait en faire tout autant et tirer son épingle du jeu en misant sur l’aspect nordique de la ville pour mettre en valeur ses artistes. « Il s’agit de célébrer les choses qui sont uniques. On ne devrait pas avoir peur du froid et d’avoir des invités de L.A. en février ! » lance Jon en rigolant.

En célébrant ainsi la nordicité de la capitale, tout en mettant l’accent sur l’aspect « grass roots » et « do it yourself » du festival, MEGAPHONO a réussi à attirer plus d’une trentaine de délégués d’aussi loin que New York, Los Angeles, Londres, Toronto et Montréal. « Je pense que c’est le meilleur regroupement de professionnels [de l’industrie musicale] qui n’a jamais été ici, à Ottawa, en même temps », lance Jon pas peu fier d’avoir su attirer ici des gens qui ont un réel désir de travailler avec de nouveaux artistes. « On ne veut pas inviter des gens qui ne travailleront jamais avec ces artistes. On veut créer une situation qui va générer du business. On veut ouvrir des portes; ne pas créer quelque chose qui serait de la poudre aux yeux. »

Un festival ouvert à tous !

L’un des aspects intéressants de MEGAPHONO, c’est que toutes les vitrines sont ouvertes au public. C’est donc une occasion en or de découvrir, en quelques jours, les meilleurs artistes de la région.

Une autre nouveauté intéressante cette année est que l’événement déborde du côté de Gatineau, avec des vitrines présentées au Troquet, au Gainsbourg et à AXENÉO7.

Bien que la majorité des artistes soient originaires de la région, quelques-uns sont de l’extérieur, l’idée étant de mettre en contact les artisans de la scène locale avec ceux des grands centres voisins. Tel que l’affirme Jon, « faire des connexions montréalaises et torontoises, ça aussi c’est important pour le succès. »

La formation Scatterd Clouds sur la scène du Festival Arboretum. La photo est en noir et blancs et les musiciens sont volontairement flous.

Scattered Clouds. En vitrine le vendredi 5 février à AXENÉO7. Crédit photo : Ming Wu.

Qui aller voir

Je ne me risquerai pas ici à faire de véritables suggestions musicales, car le choix est trop vaste et la programmation est diversifiée et de grande qualité. Je vous invite plutôt à aller voir l’horaire, ainsi que la liste des artistes présents, sur le site de MEGAPHONO. Voici néanmoins un rapide tour d’horizon de ce qui sera présenté tout au long de la semaine.

Le festival s’ouvre mardi 2 février à l’église St Alban avec la conférencière Jessica Hopper (MTV ; auteur de « The First Collection of Criticism by a Living Female Rock Critic »), suivi de la prestation de Pipahauntas, Emilie & Ogden et The Acorn. Plus tard en soirée, vous avez le choix entre November, Heavy Bedroom et The Visits au Black Squirrel Books, ou High Waters, Règlement 17 et Patchostars à House of targ.

Le lendemain, mercredi 3 février, la cadence augmente avec pas moins de 17 formations qui monteront sur les différentes scènes du festival, et ce, dès 16 h. Vous pourrez entre autres voir Michael Feuerstack au Pressed, Fred Woods au Two Six {Ate}, Andy Shauf à l’église St Alban, The PetTides au Zaphod Beeblebrox ou Duchess Says et Fet.Nat au Dominion Tavern.

Jeudi 4 février, Lynne Hanson sera au Elmdale Tavern, Claude Munson à The Record Center, Mehdi Cayenne au Happy Goat Coffee, Ice Cream à House of Common, SILKKEN au Babylon Nightclub. Vous pouvez également vous rendre au cinéma Bytowne pour visionner THE MEGAPHONO MOVIE.

Pour la dernière journée du festival, vendredi 5 février, Yao sera au Centre de bienvenu Zibi; Her Harbour et Isaac Vallentin offriront une expérience sonore hors du commun avec le Secret Mill Tour Sound Experience (le point de rencontre est au Centre de bienvenu Zibi); Chris Page, Jack Pine et Chérie seront à la brûlerie Bridgehead; Pony Girl sera au Gainsbourg; Kristine St-Pierre au Troquet; Scattered Clouds et New Swears à AXENÉO7.

Il est possible de se procurer un laissez-passer pour 50 $, valide pour tous les concerts en soirée. Les prix pour chacune des vitrines individuelles varient entre 8 $ et 15 $, avec plusieurs d’entre elles où une simple contribution volontaire est demandée.

Je termine en vous souhaitant un bon festival et, pour reprendre les mots de Jon, soyons fiers de notre scène musicale !