Outaouais : Dans les coulisses du Festival de l'Outaouais Émergent

Steven Boivin en spectacle au FOÉ.

Half Moon Run, Les Trois Accords, Caféïne, Alexandre Désilets, We are Wolves, Alaclair ensemble, Dead Obies, Philippe B., Klô Plegag, Antoine Garatton, Ill Scarlett, Cargo Culte, Dominiq Hamel, Charabia, Eldorado, Gabriella Hook, Her Harbour et plusieurs autres. La programmation de la 7e édition du Festival de l’Outaouais Émergent (FOÉ), présenté du 4 au 7 septembre sur les terrains de la Fonderie à Gatineau, impressionne.

Je pourrais bien sûr vous parler en long et en large de la programmation, en dire un peu sur chacun des artistes qui seront présents, comme c’est souvent fait lors de lancement de programmation de festival. Mais le lancement de la prog du FOÉ m’a aussi amené à m’intéresser à ce qui précède ces lancements.

Pour les festivaliers, un festival commence essentiellement lorsque la prog est connue. Par contre, la préparation d’un festival commence bien avant. Dans le cas du FOÉ du moins, il s’agit d’un travail colossal qui requiert de nombreuses heures supplémentaires, pas nécessairement payées temps double!

J’ai rencontré Steven Boivin, qu’on connaît aussi pour son projet solo ainsi que pour avoir joué aux côtés de Joanie Michaud, qui est directeur artistique de cette 7e édition du FOÉ. La première fois que je l’ai rencontré, il me dévoilait sa prog non officielle, bien tranquille autour d’une bière dans un bar du Vieux-Hull. La deuxième fois où je lui ai parlé, au téléphone cette fois, j’ai dû sauter sur les 10 minutes qu’il avait de disponible. Et la troisième fois, j’ai dû le relancer 2-3 fois avant que je puisse voir un Steven aux traits tirés, n’ayant pas dormi depuis 2 jours! Comme quoi, c’est tout un travail d’organiser un festival.

Il faut aussi dire que Steven s’est lancé corps et âme dans le projet. L’opportunité de travailler sur un festival qui le fait autant tripper était toutefois trop belle. Steven exerce déjà dans le domaine, travaillant pour les productions Mélomanes (Festibière de Gatineau, Bal de Neige, Grands Feux). C’est par hasard qu’il avait vu que le FOÉ recherchait un nouveau d.g. Il en a parlé à son patron, Alain St-Jean, qui a tout de suite embarqué.

Mais bon, concrètement, c’est quoi s’occuper de la direction artistique d’un festival? Selon Steven, « la première chose, c’est de comprendre le festival et sa mission, ses objectifs, comprendre le lien entre l’offre et la demande au niveau culturel, quels artistes rejoignent quel public, faire une cohérence avec tout ça. Il faut offrir des artistes que les gens aiment, mais aussi leur offrir des découvertes. »

Ensuite, commence le travail pour booker les artistes. Et pour le FOÉ, ce n’est pas toujours chose facile. Le temps est un premier obstacle. Les gros artistes, ça se booke un an à l'avance. Il y a un an, l’équipe de la 7e édition n’était même pas encore formée! Le fait que le FOÉ ait lieu début septembre n’aide pas non plus. C’est bon pour faire un gros party de la rentrée, mais c’est la fin de la saison des festivals. Certains artistes ont terminé leur tournée d’été et rentrent en studio ou retournent aux études justement. Et évidemment, il y a les budgets restreints. Mais à force de revenir à la charge, parfois ça débloque. Half Moon Run est probablement le meilleur exemple…  Ça a pris quelques relances de la part de Steven, mais ils ont finalement trouvé le moyen de se libérer pour le plus grand plaisir des festivaliers!

Mais essentiellement, le travail de directeur artistique, c’est « courriel par-dessus courriels! Il faut faire affaire avec beaucoup d’instances, les gouvernements, les agences, les journalistes, les commanditaires, le comptable, le conseil d’administration. Et il faut réussir à vendre le même projet à tout le monde et faire beaucoup de compromis. Et ensuite, il faut faire le suivi et tout passe par le directeur artistique : les communications veulent les bios d’artistes, le directeur technique a besoin des devis, le d.g. veut le contrat, etc. »

Et lui qui est habitué à l’organisation d’événements avec productions Mélomanes, en quoi la direction artistique du FOÉ est-elle différente des autres événements? « Par rapport aux contrats corporatifs, ça nous permet d’être créatifs, c’est une occasion de m’éclater! ».