Polyfonik : un tremplin pour la chanson émergente de l'Alberta

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le directeur musical de Polyfonik, Robert Walsh, est un homme occupé ces jours-ci. Et pour cause, il lui reste moins d’une semaine pour préparer le spectacle qui regroupe 3 jeunes artistes de la relève de la francophonie albertaine. Vendredi 9 juin, ses protégés Érik Ringuette, Aladan et Yves Lécuyer mettrons en application tout ce qu'il leur a appris dans les derniers mois.

Photo de couverture, de gauche à droite : le directeur musical de Polyfonik Robert Walsh, Aladan et la directrice artistique Mireille Moquin. Photo : CDM.

Le processus de création de ce tremplin de la chanson émergente aura pris environ 6 mois. Pendant ce temps, Robert Walsh a rencontré à plusieurs reprises les trois artistes sélectionnés. « Même si mon titre est directeur musical, dit-il, je me considère aussi comme le réalisateur de ce qu’ils vont présenter le 9 juin. Au début, je leur pose une foule de questions. J’essaie de comprendre qui ils sont, ce qui les intéresse, ce qu’ils veulent transmettre comme message, etc. Ensuite, je crée une musique pour le groupe maison qui accompagnera leur chanson le soir du spectacle. »

Les styles musicaux présentés cette année seront éclectiques : Érik Ringuette évolue dans les country-roots, Yves Lécuyer dans le rock et Aladan dans le rap. « C’est certain que le mélange de tous ces styles pourrait être un casse-tête, mais ça ne l’a pas été pour moi. Pas avec ces jeunes-là en tous les cas. Ils sont bien rodés. Aussi, on a tellement joué ensemble dans les derniers mois qu’on a appris à se connaître. »

Sur l'affiche de Polyfonik 2017, on voit les trois candidats de Polyfonik sur fond jaune.

L'affiche de Polyfonik 2017.

Et pour le rap, est-ce que c'était difficile de créer des arrangements pour le groupe maison ? « Je dois dire que j’étudie tous les styles, leurs sons, leurs approches. C’est certain que ça va changer beaucoup de choses pour Aladan de jouer avec un groupe, mais au final ce n’est pas trop difficile parce que cette année, nous avons des artistes avec un bon niveau d’expérience. »

Plus qu’un concours

Polyfonik est d’abord un spectacle/concours qui permet à l’artiste choisi de se rendre au Chant’Ouest, un concours de la chanson francophone dans l’Ouest. C’est ensuite ce qui donne une porte d’entrée à deux artistes élus au Festival international de la chanson de Granby.

On voit Mireille Moquin dans la loge de la salle de spectacle dont les murs sont tapissés de graffitis. La photo est prise à travers un cadre de porte.

La directrice artistique du spectacle Mireille Moquin en 2016. Crédit photo : Julianna Damer.

Toutefois, mis à part cet aspect de l’événement, l’objectif principal est de donner un maximum d’outils aux professionnels de la musique en devenir. « On a travaillé ensemble sur la musique et les textes. Mireille Moquin, qui est la directrice artistique du spectacle, a aussi mis son grain de sel. Marie-Josée Ouimet leur a donné des ateliers de chant, Ariane Mahryke Lemire de textes et Gisèle Lemire de présence scénique. »

Des influences qui s’entendent

Fait qui ne s’était pas vu depuis des années, un artiste des Territoires du Nord-Ouest - Yves Lécuyer - sera sur la scène à Edmonton pour Polyfonik. « Nous sommes vraiment contents que ça ait fonctionné cette fois, ajoute Robert Walsh. »

Les Territoires du Nord-Ouest font en effet partie du territoire de couverture du Centre de développement musical (CDM). « Les applications au programme des T. N.-O. sont rares, constate Matthieu Damer du CDM. Effectivement, si ma mémoire est bonne, les candidatures sont ouvertes depuis 1993 et on a eu qu'un participant des T. N.-O. »

Robert Walsh est dans une salle dont les murs sont tapissés de graffitis. il tient un livre de musique.

Le directeur musical de Polyfonik, Robert Walsh, en 2016. Crédit photo : Julianna Damer.

« Dans le son de cet artiste, je trouve que ça s’entend qu’il demeure dans le Nord, décrit Robert Walsh. On sent une ouverture dans sa musique. » Selon lui, tous les artistes qui participent à Polyfonik cette année ont une empreinte géographique dans leur musique. Érik Ringuette vient de Bonnyville, située à 240 km au nord-est d’Edmonton. Aladan, lui, vit à Edmonton, mais sa musique est teintée par ses origines burundaises et par les autres villes où il a vécu.

Pour bien s’immerger dans ces univers différents, les trois artistes présenteront chacun leur tour trois chansons. En deuxième partie du spectacle, un cercle d’auteurs composé d’Ariane Mahryke Lemire, Raphaël Freynet, Jason Kodie et France Levasseur-Ouimet seront présents, tout comme le groupe Les Triolet.

L’événement se déroulera à La Cité francophone d’Edmonton dès 20h ce vendredi, vous pouvez vous procurer vos billets (15$) ici.