Raphaël Freynet et le projet New Voices : des rencontres inspirantes

Les spectacles en solo de Raphaël Freynet ont été rares dans les derniers mois. Loin de lui l’idée de mettre de côté sa carrière d’auteur-compositeur-interprète, toutefois, ce sont d’autres projets musicaux qui l’ont occupé. Un d’entre eux s’est conclu vendredi soir avec la présentation des chansons écrites avec 7 artistes vivant avec des handicaps.

« C’est un gros projet qui vient de se terminer, avoue Raphaël Freynet. Je suis vraiment content parce que la représentation s’est très bien passée. On a aussi été très chanceux d’avoir autant d’appuis. Plusieurs partenaires, comme ATB Financial et le maire d’Edmonton étaient dans la salle pour voir les projections de 4 vidéoclips inspirés des chansons qu’on a écrites. »

Il y a près de deux ans, Raphaël a proposé au directeur du Nina Haggerty Centre for the Arts de faire un projet musical avec des artistes qui fréquentent l’endroit. Le centre d’art offrait surtout des activités en arts visuels et en multimédia. « Je connaissais leurs projets parce que j’y avait déjà collaboré. Je les avais déjà aidé, entre autres, pour créer des trames sonores pour des installations et des vidéos. Par contre, je trouvais que des ateliers de musique manquaient à leur offre. »

Le projet était ambitieux. Il a aidé 7 adultes vivant avec un handicap à écrire des paroles et la musique de leur chanson. « Certains avaient des connaissances, d’autres non. Par exemple, une des artistes avait déjà plusieurs chansons d’écrites et savait comment jouer du piano alors que d’autres partaient de zéro. Mon rôle s’était de les guider dans le processus, de faire du remue-méninge avec eux et de structurer les chansons. Pour ceux qui n’avaient aucune connaissance, je leur prêtais un petit piano et je leur disais de jouer des notes jusqu’à ce quelque chose soit mélodieux. »

Une fois que les chansons ont été écrites, elles ont été enregistrées, puis quatre d’entre elles ont été choisies pour faire des vidéoclips. Ce sont ces derniers qui ont été présentés vendredi. « Lors de cette soirée, on a aussi projeté un documentaire d’une trentaine de minutes sur le projet », précise Raphaël.

Projet stimulant

Même si les projecteurs étaient surtout orientés sur les artistes du centre, Raphaël Freynet a grandi dans cette expérience. « C’est un projet qui m’a beaucoup allumé. C’était super intéressant de voir ce qu’ils avaient à dire. Tu te rends compte que ces personnes ont beaucoup de vécu. Ce sont des gens qui vivent souvent en marge de la société, alors ils ont une autre perspective des choses. Ça a été une expérience riche qui m’a alimenté d’un point de vue personnel, mais aussi professionnel. C’est dans des occasions comme celles-là aussi que tu te rends compte que tout le monde à de la musique au fond de lui-même. »

Close-up d'une artiste vraisemblablement atteinte de trisomie 21, et Raphaël Freynet de profil.

Photo tirée du documentaire New Voices - A Song Project by Nina Artists.

Selon lui, toutes les collaborations apportent un enrichissement semblable. Il dit ne pas avoir eu à ajuster son approche parce qu’il travaillait avec des personnes vivant avec un handicap comme par exemple avec le syndrome de Down. « Régulièrement, je travaille avec des adolescents. Je dirais que j’ai la même approche que j’ai eu avec les artistes du Nina Haggerty Centre for the Arts. Dans les deux cas, ce sont des personnes curieuses d’apprendre qui ont des expériences différentes. Le processus d’apprentissage est semblable. »

La suite

Dans le futur, Raphaël Freynet espère que le projet continue. Selon lui, ça serait plus simple, parce que l’équipe du centre et lui-même n’auraient pas à partir de zéro comme les fondations ont déjà été coulées. Des partenaires financiers se sont déjà aussi montrés intéressés à s’impliquer si le projet se poursuit.

Raphaël Freynet et une des artistes qui vit avec un handicap sont debout dans un studio d'enregistrement.

Photo tirée du documentaire : New Voices - A Song Project by Nina Artists.

D’ici là, il est possible d’appuyer les artistes qui ont participé au projet en achetant leurs chansons sur Bandcamp. Tous les revenus leur seront directement distribués.