Rien de mieux qu’une bonne Chicane

Imaginez le portrait. Vous avez entre 14 et 18 ans et vous partez avec certains de vos amis ainsi que d’autres jeunes de partout en Alberta pour un week-end à faire de la musique en plein cœur des Rocheuses canadiennes. Génial, non ? C’est précisément ce que feront près de 180 adolescents du 21 au 23 avril dans le cadre de la Chicane albertaine.

Photo de couverture : un des nombreux groupes sur la scène pendant la Chicane albertaine de 2016. Courtoisie.

L'événement existe depuis 17 ans. Il a connu différentes formules, mais depuis plus de 5 ans, il se déroule au Centre Goldeye de Nordegg en même temps que le Festival théâtre jeunesse de l’Alberta. C’est donc dire que dans la journée, entre deux formations, les participants peuvent aller voir les présentations de leurs comparses comédiens alors qu’en soirée, ce sont eux qui offrent le spectacle.

Un des nombreux groupes sur la scène pendant la Chicane albertaine. Crédit photo : CDM

Un des nombreux groupes sur la scène pendant la Chicane albertaine de 2016. Crédit photo : CDM.

« Cette année, on a eu plus d’inscriptions que jamais, admet Matthieu Damer, directeur général du Centre de développement musical (CDM) qui organise l’événement. On va accueillir 16 groupes. On peut donc dire qu’on est à pleine capacité. Le seul ensemble qu’on a dû refuser, c’est un groupe vocal; on ne pouvait pas accueillir tous les membres. »

Logo de la Chicane albertaine 2017

La majorité des groupes qui participent à la Chicane ont déjà suivi les ateliers préparatoires du CDM. En septembre, l’organisme offre aux jeunes musiciens de partout dans la province de s’inscrire à un cours parascolaire crédité en musique. Toute l’année, ils sont chapeautés par des artistes bien connus en Alberta tels que Paul Cournoyer, Marie-Josée Ouimet et Éric Doucet. Le cours se termine avec la prestation à la Chicane albertaine.

« L’objectif principal de la Chicane, c’est de montrer aux jeunes l’importance de la musique francophone et comment elle contribue à garder notre culture en Alberta, rappelle Matthieu Damer. On veut qu’ils aient une expérience positive et qu’ils aient du plaisir avec la musique. »

Tendances musicales

En 17 ans, la Chicane a vu passer bien des jeunes et bien des styles musicaux. « Je dirais qu’il y a des cycles de 2-3 ans. Parfois, on entend surtout des sons country folk, d’autres plus hard rock. Je dirais que dans les dernières années on a atteint un équilibre, c’est-à-dire que les jeunes jouent également d’à peu près tous les styles. »

Bien que le rap soit en émergence dans la francophonie, il ne semble pas encore avoir atteint la scène de la Chicane. « Par contre, on leur en fait beaucoup écouter dans les ateliers qu'on leur offre. C’est important de les exposer à plusieurs styles musicaux en français. Toutefois, je dirais qu’on remarque dans nos cours que les jeunes s’intéressent de plus en plus à la création d’ambiances musicales. »

Des formations et des prix

L’objectif du week-end n’est pas seulement de faire des spectacles devant ses amis, il y a aussi un aspect éducatif. Des formations leurs seront offertes. Parmi elles, une improvisation musicale brise-glace pour apprendre à connaître les musiciens des autres écoles de l’Alberta et une de création littéraire.

Au terme de la Chicane, un groupe sera choisi par un jury présent les soirs de spectacle. Le gagnant va recevoir un enregistrement professionnel de ses chansons. En plus de cela, d’autres prix seront remis à des groupes qui se sont illustrés. Ils auront leur laissez-passer pour aller jouer dans des événements de la francophonie albertaine tels que la Fête franco-albertaine et Edmonton chante.

À suivre, une entrevue avec le groupe gagnant publiée après la Chicane albertaine.