Wolanyo : un peu de soleil dans l'hiver

Wolanyo, photo de presse.

Il l’a particulièrement bien choisi son moment pour sortir son premier album, ce Wolanyo. Alors que le froid et la grisaille s’abat sur le pays, l’artiste franco-ontarien nous sert Frénésie, un album tout ensoleillé. Mais après tout, D-Track nous a bien sorti Abri tempo en plein été et Philémon prévoit le lancement de son nouvel album L’été pour le mois de janvier…  C’est à croire qu’on devra s’habituer à ces albums «anachroniques »!

Wolanyo a grandi au son des rythmes africains et des polyphonies, lui qui est originaire du Togo, ainsi que des chorales, univers dans lequel il a été plongé une bonne partie de son enfance. Ainsi, ce n’est pas très surprenant que sa musique fasse une grande place à la rythmique et que pratiquement toutes les pièces de l’album possèdent sa dose de chœurs.  Ajoutez à cela des influences reggae et vous avez la recette pour oublier l’hiver.

Pochette d'album "Frénésie" de Wolanyo

Du Togo à… Paris

Mais bien que Wolanyo soit originaire du Togo, il a passé une bonne partie de sa vie, une dizaine d’années, à Paris. Et sa musique s’en ressent aussi. D’ailleurs, lui-même décrit sa musique d’abord et avant tout comme une pop urbaine. « Je m’inspire des bruits et des scènes quotidiennes de la Ville pour dépeindre, avec légèreté et une pointe d’humour, un univers marqué par la frénésie à la fois exaltante et oppressante. La ville est composite et cosmopolite. Elle exalte en même temps qu’elle oppresse. Elle absorbe et régurgite. Elle attire et inspire aussi. L’individu s’y fond et s’y confond en même temps qu’il cherche constamment une façon originale de se construire une identité propre. »

Ainsi, les sujets abordés par Wolanyo sont essentiellement ancrés dans des univers très  urbains. Il est ainsi question de l’empressement (La Cata) ou encore de la routine (L’horaire de Mister Wo). Le titre de l’album (et de l’une des pièces à laquelle participe aussi Le R), Frénésie, en est aussi une illustration. À cela s’ajoutent des influences de spoken words qui font de Frénésie un album définitivement urbain.

Et de Paris à… Ottawa

Définitivement urbain, oui, mais les différentes urbanités qui ont habité Wolanyo au cours de son parcours s’y retrouvent, mêlées les unes aux autres. On y retrouve tant des expressions très parisiennes, comme « être en rebours » ou « la cata »; mais aussi des références très canadiennes, comme le fait de « prendre son café chez Tim Hortons »…  Après tout, Wolanyo est ottavien depuis maintenant un peu plus de trois ans.

Et si la musique de Wolanyo demeure une musique très ensoleillée malgré des textes surtout inspirée par la vie urbaine de grandes villes du nord, c’est un peu parce qu’il commence ses compositions par la musique d’abord, et que les paroles viennent ensuite. « Je commence à chanter une rythmique qui me trotte dans la tête. Parfois c’est une ligne de basse. À cela s’ajoutent à un moment donné des mots qui percutent et qui jouent avec le tempo. Viendra ensuite le temps de composer où, avant de m’attabler pour harmoniser, organiser, je me laisse aller à l’improvisation. Je débloque complètement, c’est la partie la plus jouissive alors je la prolonge le plus possible ».

Photo de Wolanyo en spectacle.

Crédit photo : Jonathan Chagnon

Juste le premier!?!

À voir le plaisir que Wolanyo prend à composer et partager sa musique, le plus surprenant est que Frénésie ne soit que son premier album. Ce n’est pas d’hier que Wolanyo est dans le monde de la musique. Très jeune, il était s’impliquait dans les chorales. Pendant ses années à Paris, il a été musicien dans de nombreux groupes. Dans les plus récentes années, il a aussi composé des trames sonores pour des pièces de théâtre, dont la plus récente pour L’Arche part à 8 heures.

Avant de quitter Paris, il avait aussi créé un spectacle solo, Tumani Samba, un spectacle rassemblant musique, conte et théâtre. Et il a même enseigné la musique de nombreuses années. Là-dessus, Wolanyo dit que « la composition, l’improvisation, tout ça ont amené beaucoup de collaborations par le passé et, à un moment donné, j’ai eu le goût de m’adresser directement au public »…  Et ça, pour notre plus grand plaisir!

Site web : wolanyo.ca