Aliocha - Eleven Songs

Le premier album entier d’Aliocha se nomme Eleven Songs et c’est bel et bien parce qu’il contient onze chansons, vous aviez deviné ! Enregistré en Suède et en France, avec Sami Osta, entre autres, l'album installe l'auteur-compositeur dans une carrière de musicien alors que son EP, sorti en 2016, lui offrait déjà une belle carte de visite.

La logique que l’on perçoit dans le titre de l’album se poursuit avec le début de l’album qui commence avec The Start.

As Good As You dépeint ensuite une personne qui possède de grandes qualités : « Talking about the fights you fought, You know I’ll never be as strong as you. » Musicalement, on installe une facture épurée, la voix étant magnifiée à la fin de chaque couplet par des superpositions.

Moins, c'est mieux

Sorry Eyes, chanson titre du EP sorti l’automne dernier, arrive ensuite sans choquer. Les chansons du EP et de l’album ayant été enregistrées au même moment, on ne sent aucune entrave à la continuité.

Une langueur bluesy s’installe sur Jamie où l’on implore un ami d’aller mieux, de répondre à l’aide qu’on veut offrir. L’image du rêve dans les paroles est très évocatrice : « I shouldn’t tell you that, But I heard you cry In a dream that I had You told me “I’ve been sad for too long, I’m going home” »

Accueillis sur une simple mélodie de guitare sur Feels Like, on commence à entendre des phrases qui peuvent avoir une résonnance « But if I’m allowed to lie out loud I’m not allowed to lie inside ». Le regard sur la vie est grand et la mélodie se fait plus puissante durant les couplets quand on laisse toute la place aux mots.

C’est Sarah, qui figurait également sur le EP automnal, qui suit. Puis Milky Way, s’amène, plus douce et abordant davantage de lieux communs.

Aliocha enchaîne avec Crystal Plane qui fait davantage de place à la guitare électrique, dévoilant de nouveaux aspects de son style. Puis Mr Garner nous reconduit dans un élan de simplicité pur où l’on raconte des histoires. On entend la solidité d’un storytelling « enraciné » à la Bob Dylan et l’émotivité de Damien Rice : « He didn’t have a lot of money Six children called him daddy He sold cigarettes on the street For the children — they got to eat He gave them love, he taught them peace. »

Juste la bonne dose

Virtue réserve moins de surprises, puis l’album se termine sur Flash In The Pan que nous connaissions déjà, mais qui cadre de façon sublime dans l’esprit le plus pur qui nous capte depuis le début de l’album : on raconte des éclats de vie un peu tristes, doucement, sur une mélodie sans artifices. C’est la recette qui fonctionne pour Aliocha.

Bien qu’on demeure dans une succession de thématiques primaires, le regard avec lequel Aliocha s’en approche est mature et large. Musicalement, les bons coups se trouvent dans les éléments les plus simples, dans le bon dosage des choses.

Aliocha sera en spectacle dans le cadre du Festival de Jazz les 29 et 30 juin prochains.

Date de sortie : 2 juin 2017.