Ariane Moffatt - Le petit spectacle à La Chapelle

L’automne dernier, Ariane Moffatt et le guitariste Joseph Marchand offraient une nouvelle vie à quelques pièces de l’auteure-compositrice durant une série de concerts intimistes. Les trois représentations offertes au Théâtre La Chapelle, un tout petit lieu où le tête-à-tête avec l’artiste devient instantané, ont donné lieu à un enregistrement de huit chansons live qui sont offertes dans une ambiance épurée ou légèrement habillée de soupçons électro.

L’automne dernier, Ariane Moffatt et le guitariste Joseph Marchand offraient une nouvelle vie à quelques pièces de l’auteure-compositrice durant une série de concerts intimistes. Les trois représentations offertes au Théâtre La Chapelle, un tout petit lieu où le tête-à-tête avec l’artiste devient instantané, ont donné lieu à un enregistrement de huit chansons live qui sont offertes dans une ambiance épurée ou légèrement habillée de soupçons électro.

Versions épurées

Offertes en direct dans le contexte lourd de novembre, un an après les attentats du Bataclan et le lendemain du décès de Cohen, les chansons se sont présentées alors comme un baume, une enveloppe feutrée pour se vautrer et attendre les belles choses.

La fille de l’Iceberg, tirée de Tous les sens (2008) ouvre la marche, une version dépouillée présentée sur un coup de piano vif. Alors que l’originale avait une touche électro, on revient ici au cœur du propos en retirant toute apparence de flafla.

Suivent les morceaux les plus récents, Nostalgie des jours qui tombent et Debout, tirés de 22h22. Les arrangements électro massifs de l’album paru en 2015 sont délaissés au profit du dépouillement. La première donne lieu, vers la fin, à un instrumental piano-guitare très prenant.

Petit saut en 2012 (album MA) avec Hôtel amour avant de faire un retour sur 22h22 avec Les tireurs fous. Le caractère plus sobre de cette version nous amène à nous intéresser plus facilement au propos dramatique. L’imploration prend ici un sens différent, la demande se fait plus claire. On est touchés plus facilement, voire, happés par l’intention qui demeurait plus vague alors qu’on avait accès à une version plus « noyée » dans l’électro auparavant.

Retour dans le passé

Avant de conclure avec deux pièces du Cœur dans la tête (2005), elle nous propose une version piano-voix de Glory Box de Portishead. L’album de 2005 est mon préféré. Outre les raisons plus évidentes d’apprécier les émotions vives et la peine latente qui teintes ce disque, c’est plutôt parce qu’il s’agit du premier album que j’ai décortiqué au complet, pour mon cours de français, en secondaire 5. Le début de quelque chose est sans doute ce qui m’y attache autant. La chanson Le cœur de la tête, poignante et dénuée d’artifices dans sa forme originale est ici présentée avec une finale enlevante invitant à la danse.

Puis le tout prend fin avec Combustion lente, tirée du même album, qui est tout aussi simple que l’originale dans sa livraison, mais qui culmine avec une finale électro-douce qui rappelle la chanson Heavenly Father de Bon Iver.

En général, Le petit spectacle à La Chapelle suggère une avenue différente des pièces originales à presque toutes les occasions, amenant une version plus rythmée ou plus introspective, selon la proposition initiale. On redécouvre ainsi de façon intéressante des chansons qu’on a peut-être oubliées.

Cet album court s’impose comme un au revoir avant un arrêt temporaire pour permettre à la maman de se consacrer à l’accueil de son troisième enfant. À bientôt !

Date de sortie : 21 avril 2017.