Clay and Friends - Conformopolis

Rencontre culturelle et métissage des genres habitent le collectif Clay and Friends, piloté par Mike Clay. Croisement entre hip-hop, reggae et jazz, le groupe né dans le foisonnement du freestyle offre un premier album officiel qui renferme les influences dans leur multitude.

La production du fort glorieux Ruffsound (Koriass, LLA) enrobe l’effort de huit pièces qui s’étendent sur environ 30 minutes. Sous la gouverne de Ste-4 musique depuis 2015, la formation roule sa bosse depuis quelques années déjà, mais Cosmopolis place une borne importante dans la concrétisation du projet.

Tous les horizons

Si le groupe se targue d’incarner le métissage linguistique montréalais, l’enracinement dans la culture montréalaise est très (trop) subtile. Conformopolis, dépeinte comme « une ville de malades », ne laisse d’ailleurs en aucun cas imaginer une ville près d’ici.

Tito, qui ouvre l’album rappelle pour sa part une certaine pop française. On parle de deal de drogues et « retourner en Algérie ». Musicalement, on entend des échos de musique folklorique africaine alors que le texte suggère de jolies images : « L’habitude c’est comme une vieille paire de souliers / C’est seulement debout sous la pluie que tu te dis que tu dois les jeter. »

En anglais svp

La formation est définitivement plus convaincante en anglais, amalgamant un groove chaleureux et des rythmes entraînants sur Rock the Boat Now et Smoke Signals, notamment.

La courte Lettre à Simone offre pour sa part une belle langueur et des empreintes exotiques dans les percussions. Mon ami Sam nous laisse ensuite perplexe, dépeignant un personnage de manière très sommaire avant de sauter à d’autres descriptions aucunement en lien avec ce dernier.

On y mêle plusieurs éléments dans un mariage peu convaincant. On y entend des chœurs jolis, un delivery rapide, propre au freestyle pour lequel on reconnaît le groupe, puis un refrain à saveur reggae et une voix extérieure au groupe, à la fin, qui jase de ce qui joue à la radio. L’ensemble est plutôt chaotique.

L’album se termine avec le single Dans ma cité qui renferme un funk vibrant. Le texte redore également l’ensemble avec des métaphores plus fortes et mieux ficelées : « Des murs tatoués sur les rues qui délimitent / Habilement la destinée de ceux qui les habitent / Mes rêves sur la corde à linge partis au vent / Carte de crédit deviendra tapis volant / C’est pas la fuite qui compte, mais l’atterrissage. »

En somme, on se sent peut-être un peu égaré dans un fouillis musical qui aurait gagné à se coller à une ligne directrice plus précise. En ne perdant pas de vue le point de départ du groupe, l’improvisation, on comprend toutefois la vibe plus éclatée qui domine durant toute l’écoute. C’est une carte de visite intéressante pour la suite des choses même si la force de la formation pourra demeurer une approche plus naturelle et des idées envoyées à brûle-pourpoint.

Date de sortie : 3 mars 2017