Gabriel Noël - Marelles nocturnes

Chaque nouveau visage qui réussit à trouver sa place sur la scène musicale d’ici représente forcément une bonne ou une mauvaise surprise. C’en est une excellente qui survient avec Marelles nocturnes, premier EP de l’auteur-compositeur-interprète Gabriel Noël.

Photo de couverture : pochette de Marelles nocturnes.

Les cinq pièces réussissent à se frayer un chemin dans notre imaginaire chacune à leur façon, mais ce que l’on retient surtout de l’écoute est la force de l’auteur à évoquer de grandes images puissantes avec les mots et les silences qui s’insèrent entre eux.

Maître en contrôle

Maître de tout son projet en réalisant lui-même son EP, Gabriel Noël s’entoure tout de même de piliers solides. Joseph Blais (basse, contrebasse), Maude Bastien (percussions), Anaïs Constantin (violoncelle), Adam Hébert (bugle et trompette) et Olivier Asselin (piano) ont également contribué aux arrangements. Jean-Bruno Pinard (Fire/Works, Mon Doux Saigneur) s’est chargé de la prise de son et du mixage.

On est également captés par l’harmonie parfaite de la voix du chanteur avec celle d’Alex Guimond (Caltâr Bateau) qui se joint à la sienne dès le départ sur Coucher l’espace, une pièce poétique où l’on cherche à déjouer tout ce qui pourrait nuire à un sommeil paisible.

On entend les mouvements du corps qui se place derrière la guitare sur la très épurée Bonne nuit. Toute la place est cédée à la voix qui se fait franche et juste sur une simple mélodie de guitare. Le texte, pourtant simpliste, réussit à nous toucher grâce à la sincérité de la voix sans faille : « Comment le monde peut tourner / Sans toi / Ne me laisse pas / Seul / Ici ».

Bien choisir ses alliés

Interprétée en duo avec Lydia Képinski, Les 7 juin se présente comme le moment fort du mini album. Emboîtées de façon imparfaite, les deux voix évoquent force et fragilité à la fois. C’est l’harmonica qui nous accueille d’abord sur la balade avant de faire place au ukulélé. Les mots se font doux et le texte nous berce indubitablement : « Je me noierai bien de toi / Dans l'euphorie de tes bras / Dans la mort de tes mois ».

Un petit groove jazzé s’installe sur Ô Loup qui casse l’aspect ballade-folk du reste du court album. On expérimente ici une ambiance plus étoffée où les instruments se superposent et s’ouvrent sur une plus grande liberté. Le texte, une fois de plus se fait sensible et imagé : « Je me promène le cœur léger / Il pèse moins lourd avec ses trous ».

Portrait en monochrome de l'auteur-compositeur-interprète Gabriel Noël.

Gabriel Noël - Photo : Philippe Richelet.

La frénésie du violoncelle et de la guitare provoque une illusion de déferlement de pluie ou de tempête sur Éclats de mer qui clôt le mini album. Gabriel Noël y dévoile également un maniement impeccable de sa voix dans des tonalités plus aiguës. Le propos, quant à lui, nous amène à penser à un endroit imaginaire où les repères s’effacent, mais où il fait bon demeurer : « Dans le firmament / Sur toutes les toiles / Sans continent / Je danse ».

C’est une entrée en matière éloquente que Gabriel Noël nous offre au cœur de l’hiver. Ceci nous laisse imaginer cela : une suite attendue et belle.

Date de sortie : 3 février 2017.