Hôtel Morphée - Des histoires de fantômes

Évoluant dans le paysage montréalais depuis maintenant une demi décennie, la formation Hôtel Morphée fait enfin paraître, cette semaine, Des histoires de fantômes, sous la bannière Audiogram.

Que ceux qui attendaient cette galette avec impatience soient rassurés: elle tient ses promesses. Le groupe y offre une vision d’une cohérence qui caractérise rarement un premier effort. L’auteur de ces lignes a longtemps hésité avant de succomber au «buzz» entourant Hôtel Morphée. La raison derrière ce rejet est d’une honteuse superficialité: le nom du groupe, maladroitement sélectionné, laissait présager un concept forcé ainsi que des mélodies—c’est trop facile—endormantes. Or, Hôtel Morphée, c’est une indie pop raffinée, nuancée, voire audacieuse.

Le quatuor, qui, outre Laurence Nerbonne, une chanteuse et violoniste à la voix juste et maîtrisée, est composé de Blaise Borboën-Léonard (violon), d’André Pelletier (guitare acoustique) et de Stéphane Lemieux (batterie), a été guidé par le réalisateur Philippe Brault, surtout connu pour sa collaboration de longue date avec Pierre Lapointe.

Sur Des histoires de fantômes, le «son Montréal», si facilement identifiable et pourtant si ardu à définir, s’entend de manière distinctive. En ce sens, Hôtel Morphée s’inscrit dans la lignée de Patrick Watson et de Karkwa, des formations dont l’évolution est intimement liée à une esthétique qu’ont popularisée, depuis l’Europe, Radiohead et Sigur Rós.

Des histoires de fantômes se tient en équilibre entre envolées anxieuses et douce tristesse. La recette d’Hôtel Morphée est particulièrement goûteuse sur les courtes pièces Simon et Voices (qui, comme son nom l’indique, est interprétée en anglais)—à télécharger absolument.

3.6/5