INCH'ALLAH - INCH'ALLAH

Secret encore bien gardé de la scène électronique montréalaise, le duo INCH'ALLAH montre une partie de son potentiel sur ce premier EP homonyme aux mouvances indie R&B.

Formé l’été dernier, INCH'ALLAH est la rencontre entre Yung Persian, guitariste et chanteur du groupe deathcore montréalais Violent Vendetta, et JP Charlebois, chanteur du groupe metal End of Crisis. Développant naturellement une chimie, les deux musiciens ont planché pendant plusieurs mois sur un projet musical fort différent avec, en tête, l'idée fort louable « d'être créatif et d'expérimenter ».

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INCH'ALLAH - Crédit : Kevin Millet.

Avec leur studio mobile, les jeunes acolytes ont commencé l'enregistrement d’un premier mini-album dans leurs appartements respectifs à l’automne dernier, avant de s'immerger totalement dans un local loué du Cinéma Impérial pendant un mois. Désirant « créer des concepts audiovisuels uniques qui repoussent les standards de l'industrie de la musique indépendante », ils ont mis à profit leur bagage musical hétéroclite dans le but de se démarquer avec une proposition musicale singulière.

En charge de la production et de la direction musicale, Yung Persian puise son inspiration dans de récentes évolutions électroniques probantes, notamment le post-dubstep, le trap et la witch house. De son côté, l'auteur et chanteur JP Charlebois donne une direction PBR&B minimaliste à l'ensemble, en plus de se charger de toute la partie vidéo, inhérente à la genèse même du projet.

Alliage puissant

Traversant une période instable pendant l’enregistrement, ce dernier propose des textes personnels, dans lesquels il met autant en relief ses épisodes sombres que son désir d’évoluer et de s’épanouir en tant qu’humain et en tant qu’artiste. Capable de traduire cette précarité émotionnelle en sons, son complice s’attèle à créer des ambiances intenses qui, tout en cristallisant une recherche musicale épurée, rendent compte d’un travail de longue haleine.

En introduction, Monochrome dévoile des synthés lugubres et un rythme vif, qui reste frappant dans sa lenteur. Puissant, cet alliage donne habilement le ton à l’ensemble du EP, traversé par cette même esthétique aux relents post-dubstep. Malgré un registre vocal un peu limité, JP Charlebois évoque à la fois Oliver Sim (de The xx) et Black Atlass.

Très différente, Others manque quelque peu de mordant. Menée par un riff électrique plat et répétitif, la chanson peine à soulever l'intérêt.

Parfois difficile d'approche

Plus convaincante, la suivante High met de l'avant des harmonies mélodiques en apparence schématiques, mais finement travaillées en ce sens. Portée par un habile contraste entre synthés caverneux et douces notes de guitare, la pièce réaffirme cette volonté qu'a le duo de sortir de l'ordinaire avec un enrobage inusité et original.

Enfin, le duo explore des sonorités club et glitch sur la léchée Now, donnant la touche ultime à ce substantiel premier EP.

Maintenant que son esthétique est bien définie, INCH'ALLAH doit développer davantage ses mélodies.