Japandroids - Near to the Wild Heart of Life

Suite au silence radio, amorcé à la fin de la tournée de Celebration Rock, le duo Canadien Japandroids refait surface avec Near to the Wild Heart of Life. Plutôt que d'ouvrir un nouveau chapitre musical, ce troisième disque sert de transition vers du nouveau matériel.

Photo de couverture : pochette de Near to the Wild Heart of Life

Japandroids semble avoir atteint la limite de son potentiel de duo sur son troisième disque. Pourtant, Near to the Wild Heart of Life s'ouvre avec l'épique pièce-titre qui joue son rôle de condensé de la proposition du combo vancouvérois, mais aussi de tout ce qui doit se retrouver dans une chanson d'ouverture. Cela s'explique par son refrain, rempli de woah-oh, de constats universels (I used to be good, but now I'm bad) et d'hameçons fidèles à la recette précédente du groupe.

T'es qui, Japandroids ?

C'est d'ailleurs là que l'on retrouve le gros problème de Near to the Wild Heart of Life. Après le joyeux chaos de Post Nothing et la précision mélodique de Celebration Rock, Japandroids ose sortir à l'extérieur de ces plates-bandes. Cela s'entend dans la présence de guitares acoustiques sur la très americana North East South West ou dans la ballade saturée I'm Sorry (For Not Finding You Sooner). En sortant de sa ligne directrice, Japandroids gagne en longueur et perd en intensité. Les bons coups manquent de portée pour ressortir du lot.

On décèle toutefois des flashs intéressants au long des huit chansons. Malgré le caractère sinistre de son titre en guise de conclusion, Like In A Body Like A Grave assume ses influences heartland pour rester en tête. Même si True Love And A Free Life Of Free Will manque de punch sur disque, ce titre a le potentiel de fonctionner pleinement sur scène.

Portrait du duo Japandroids.

Japandroids - Crédit : Leigh Righton.

En faire trop avec pas assez

Ce départ signifie également que Japandroids tente d'en faire un peu trop par moment, comme en témoignent les sept minutes de Arc of Bar qui s'éternise sans lever au maximum de son intention rock d'aréna.

Il est impossible de reprocher à Japandroids d'éviter de recréer ses deux premiers albums. Cela fait en sorte que l'on perd l'essence du duo. Ceux-ci se démarquent dans leur force de frappe mélodique et triomphent dans l'exubérance. Cette proposition manque toutefois de poids pour soutenir les nombreuses nuances que tentent d'amener Brian King et David Prowse.

Le groupe a témoigné dans le passé qu'il n'avait pas à livrer ses chansons à vitesse grand v pour être efficace; I Quit Girls et Continuous Thunder en témoignent. Japandroids aura à renouer avec le plaisir primaire de ses influences punk pour demeurer efficace et pertinent. Near to the Wild Heart of Life n'a tout simplement pas une identité fixe pour mériter une écoute attentive au long des quarante minutes. Il ne s'agit pas d'un quelconque signe d'essoufflement, mais plutôt d'une prise de risque nécessaire pour éviter de répéter inutilement ses succès passés. Heureusement, la pièce-titre rappelle que tout n'est pas perdu et offre un aperçu du véritable potentiel de Japandroids, version majeure et vaccinée.

Date de sortie : 27 janvier 2017.