JT Soul – 372 ; Velvet Tears

À l’heure où le hip-hop et le R&B fusionnent tout naturellement, le rappeur et chanteur JT Soul s’inscrit avec panache dans la tendance actuelle sur 372 ; Velvet Tears, un honorable premier EP en grande partie produit par Jei Bandit.

 Natif de Saint-Léonard, JT Soul a commencé à écrire au tout début de son adolescence, vers 2010. Avec son ami Tri$ Thomas, il a joint un groupe de rap à l’âge de 15 ans, puis a décidé de voler de ses propres ailes l’année suivante. De connivence avec plusieurs producteurs de calibre, notamment Rawssi et Jei Bandit, il a participé à l’éclosion du studio ODDIO, rapidement devenu une sorte de porte-étendard ou, du moins, une bannière sous laquelle se présente une bande de jeunes artistes hip-hop montréalais cherchant à explorer sans se mettre de barrières.

Fort de ces nouvelles rencontres, le Léonardois a fait preuve de polyvalence sur sa première chanson promotionnelle No Hesitation, qui n’a mis que quelques mois à dépasser le cap des 5000 écoutes sur la page Soundcloud d’ODDIO. Satisfait de l’accueil, il a remis ça six mois plus tard avec Need Your Love, une chanson qui sortait de son cadre rap habituel pour migrer vers des horizons plus larges, au croisement du R&B, du soul et du trap.

JT Soul - Courtoisie.

Stimulé par cette direction redéfinie, JT Soul a planché toute l’année 2016 sur une entrée en matière plus formelle, en collaboration avec son fidèle allié Jei Bandit ainsi que ses deux amis Ethan Cyr et Rawssi, à titre de producteurs exécutifs.

Réflexions nocturnes

Désirant donner une valeur significative à son premier EP, l’artiste de 17 ans s’est inspiré de ses nombreuses virées nocturnes à bord de l’autobus 372 Jean-Talon pour créer un univers musical sombre, terrain fertile pour exprimer la montagne d’émotions et de remises en question qu’il a gravie dans les derniers mois.

372 ; Velvet Tears s’amorce avec la très personnelle Down The Silhouette Road, portée par une trame soul minimaliste concoctée par Bandit. Utilisant l’Auto-Tune avec modération, l’artiste évoque une relation amoureuse qui revient toujours au même point, à la manière des longs trajets en autobus qu’il fait régulièrement.

L’ambiance s’alourdit considérablement sur Vintage Hearts, un appel au corps et à l’esprit qui traduit plutôt bien l’état tourmenté du créateur. Autant capable de rapper avec un flow posé que de chanter avec un ton exalté, JT Soul se permet une belle et grande liberté.

Intensité émotionnelle

Il poursuit le même filon exploratoire sur Velvet Tears (5:AM), chanson à l’ambiance creuse et solennelle qui progresse tranquillement vers un virage house. S’amusant à déjouer les attentes de l’auditeur, les producteurs Jei Bandit et Sterling Grove rejettent la formule pop facile.

En deuxième partie, Soul s’impose davantage comme rappeur. Sur Tommy’s Interlude, il renoue avec son camarade à la voix éraillée Tri$ Thomas sur une composition hip-hop aux inspirations ambient et glitch. Ensuite, il fait appel à Bandit sur Sun & Moon, un clin d’œil au Day ‘n’ Nite de Kid Cudi, l’une de leurs principales idoles.

Moins singulières, ces deux chansons mettent la table pour le point culminant. Plus accessible et accrocheuse, Hertz navigue entre dance, R&B, hip-hop et (même) 8-bit, alors que son auteur se confie avec un débit incarné à propos d’une blessure amoureuse.

Bref, ce premier EP laisse entrevoir de belles choses pour JT Soul.