KENSICO - White Sage

Premier album pour la Montréalaise d’adoption qui a voyagé un peu partout, particulièrement dans les lieux désertiques de l’Amérique, et passé son enfance à Paris. Kensico, c’est Gaëlle de son petit nom, une Française qui chante en anglais (exception faite d’une pièce en français) sur ce disque intitulé White Sage. Vous avez l’impression de connaître son nom? C’est fort possible car la demoiselle était au FME, l’automne dernier. Elle a également fait quelques spectacles ici et là, au Quai des brumes et au Divan Orange, entre autres.

Sa musique? C’est du folk rock qui flirte parfois avec l’alternatif, un son introspectif, mais également vibrant, qui déménage un peu plus. C’est teinté des paysages désertiques qui ont croisé le chemin de la dame et, à ce sujet, la pièce-titre nous plonge presque (je dis « presque » à escient, car la comparaison est quand même forte) dans un univers à la Lhasa de Sela. Ça se sent dans l’ambiance et dans la voix : il y a une sensibilité similaire. Sinon, ses chansons nous font penser à du Mélissa Etheridge (particulièrement sur My Love that Never Was) et même, sur les pièces plus sombres, à un petit côté Marianne Faithfull. La guitare est très présente, accrocheuse, s’enroulant à la voix chaude de Kensico. L’impression d’être sur la route avec elle est tangible : on voit défiler le paysage, on sent la roche sous le pied, le sable qui virevolte.

Quelques pièces sont un peu semblables et répétitives et sa voix est parfois carrée (sur A Scalp, A Bear, entre autres) alors qu’elle est pleine de nuances sur plusieurs autres chansons. On va se le dire, ce n’est pas un disque qui refait le monde, mais il est bien foutu et, dans le style qu’il exploite, c’est-à-dire le folk-rock/alternatif, c’est intéressant. J’aime particulièrement Demi-tour, la seule pièce en français, où sa voix sonne différemment, plus sensuelle, plus posée et où l’enrobage musical est presque jazzé. Le résultat est très beau. En fait, ça donne envie de savoir ce qu’un album entièrement dans la langue de Molière pourrait donner.

White Sage, dans son ensemble, est une belle offrande musicale qui présente une artiste accomplie. Elle a du talent et sa voix a quelque chose de sensible, de mature. Un peu écorchée, pleine de vécu, c’est celle d’une raconteuse d’histoires, d’une fille qui a cheminé. Elle nous embarque dans son périple efficacement, même si, personnellement, certaines pièces me laissent un peu plus sur ma faim. De façon générale, je n’ai pas envie de tout arrêter pour me concentrer seulement et uniquement sur le disque; il ne vient pas me chercher à ce point. Mais, ce n’est rien de bien grave, car ça demeure un produit à découvrir et, malgré les quelques bémols, on se réconcilie rapidement et on poursuit l’écoute tout en imaginant le soleil qui pointe à l’horizon sur les montagnes escarpées et la route à l’infini.

Elle sera en spectacle le 21 février dans le petit et charmant O Patro Vys, ainsi que le 27 février au Petit Champlain à Québec.