Ludovic Alarie - L'appartement

L’appartement est un lieu où convergent tous les sentiments et toutes les personnes qui gravitent autour de Ludovic Alarie, qui ont quelque chose à raconter. Sur ce deuxième album, paru chez Coyote Records, l’auteur-compositeur-interprète dessine un espace de réconfort, un endroit réconfortant, un appartement pour déposer des histoires et des aspirations.

Photo de couverture : pochette de L'appartement.

Ne vous attendez à aucun moment explosif sur L’appartement. Le travail de retenue est ce qui rythme et enveloppe les dix pièces de l’album. Enregistré en séances d’improvisation en groupe, le disque intervient comme un agent calmant, pour un moment d’introspection, une réflexion ou une détente nécessaire.

Notre voyage dans L’appartement devient ainsi dénué de paroles la plupart du temps. Elles ne se présentent plus comme une nécessité devant un propos tangible dans les cordes et les percussions qui esquissent l’ambiance.

Travail d'équipe

Auprès de son fidèle complice réalisateur Warren C. Spicer (Plants and Animals), Alarie fonde quasiment une famille, un petit groupe de personnes qui prennent un sentiment et fignole des rythmes qui pourront le faire cheminer jusqu’à nous. C’est ainsi qu’Adèle Trottier-Rivard agrémente le voyage avec sa voix et ses percussions, que Mishka Stein ponctue le message de sa basse et que Matthew Woodley agrémente de sa batterie réservée le tableau général.

Après la pièce titre qui nous invite plus concrètement à prendre un moment de pause pour reconnecter avec l’autre, Comme un rêve nous interpelle avec une section instrumentale vaporeuse de près de deux minutes. Elle évoque ainsi le sentiment d’un réel éveil après un rêve tangible. « J’ai tant voulu être avec toi / Comme un rêve », nous dit-on ensuite à répétition. La pièce idéale comme réveille-matin pour les nostalgiques.

On atteint le point le plus élevé de la frénésie présente sur l’album sur Voyageurs qui n’est pas sans conserver l’aspect éthéré qui flotte durant toute l’écoute. « Trop souvent, on a eu peur de partir ensemble », évoque-t-on ici comme message.

Les séparations lourdes

Sur Chanson pour Suzanne, le synthé onirique d’Alarie accompagne la douleur vive provoquée par l’autre qui ne veux pas quitter : « Je ne veux plus trembler à ton nom / Laisse-moi tomber de moins haut ».

Un groove léger s'immisce dans Sang-froid avant que Transition 1 et 2 se présentent comme intermèdes instrumentaux bénéfiques, des liens doux entre chaque histoire. Elles sont séparées par Dernière danse, pièce phare de l’album, qui se fait poignante dans le propos tout en étant encore habitée par la légèreté généralisée qui règne sur l’album : « Je t’aime une dernière fois / Et on longe lentement nos corps/ Sans avoir à se parler / Pour se dire au revoir ».

Avant la Berceuse de la fin, véritable médicament contre le stress et réel catalyseur de sommeil doux, une version plus posée de Sang-froid nous guide jusqu’à la sortie de l’appart.

Difficile de décrire cet album autrement que comme un instant de calme qui envoûte. On nous amène du début à la fin sans nous sortir du cocon. Ludovic Alarie souffle un Appartement confortable recommandé pour toutes les personnes rongées par le stress.

Date de sortie : 27 janvier 2017.