Quiet Parade - Quiet Parade

Après avoir été l'exutoire solo de Trevor Murphy, la formation haligonienne Quiet Parade prend son envol en tant que véritable groupe sur ce disque homonyme où le Folk Rock canadien côtoie les nouvelles tendances de la planète Indé.

Ode à l'amitié

Après Old Haunts, un premier maxi avec la formation actuelle, Quiet Parade récidive avec un nouvel album complet qui marque la consolidation du projet en tant que groupe à cinq membres. Si les chansons de Trevor Murphy fonctionnent bien au sein de projets plus concis, elles se tiennent aisément debout au long de nouvel opus : le plaisir côtoie les introspections à nu.

Les balbutiements de All My Time mettent de l'avant quelques notes de guitares acoustiques, familières pour les amateurs de The Olympic Symphonium ou Andrew Sisk (Share).

Les membres de Quiet Parade embarquent les uns après les autres au rythme de la grosse caisse, pour laisser le groupe s'installer et trouver sa vitesse de croisière dans le refrain. Heavy Winter évoque l'hiver rude qui a frappé Halifax en 2015, en paralysant les rues de la ville avec ses tempêtes incessantes.

Pour Quiet Parade, ce titre offre une occasion de démontrer tout le potentiel du groupe grâce à la profondeur des arrangements, superposés à la maîtrise de hameçons mélodiques en contexte Folk Rock.

Puis, le groupe sort de sa zone de confort sur Light Back Home avec sa rythmique inspirée des caraïbes. La formation étonne, car chaque élément est à sa place, entre le jeu de batterie inventif de Josh Pothier, les harmonies vocales de la claviériste Julia Weir, les ambiances savantes du guitariste Jay Methot et la fermeté des lignes de basse de Anthony Phillips.

Surtout, le groupe bénéficie de la maîtrise des hameçons mélodiques de Murphy qui arrive à intégrer ceux-ci dans sa démarche Folk.

D'ailleurs, malgré la présence des quatre autres membres, Quiet Parade demeure un groupe qui favorise l'introspection comme en témoigne les arrangements dépouillés de Calling Out et les envolées 1970s de Good Advice, qui aurait d'ailleurs très bien pu être un titre de Marie-Pierre Arthur.

Les 4 membre du groupe assis

Quiet Parade - Crédit Photo : Dean Casavechia

Presque tout pour le rock

En deuxième moitié de compact, Quiet Parade se transforme en groupe rock, sans compromettre l'essence du disque. En montant l'intensité d'un cran sur We Were Here, le groupe évoque le Rock Indé américain des années 2000 sans compromettre la portée du disque.

Plutôt, les meilleurs coups des dix titres viennent lorsque le groupe sort des plates-bandes établies par Quiet Parade. Si toutes les chansons possèdent un point d'orgue, certaines d'entre elles ressortent plus fortes à l'écoute grâce à l'audace de ses membres.

Après une reprise d'un titre originalement enregistré en 2011 sur un des premiers disques de Quiet Parade, le groupe revient au point de départ, c'est-à-dire dans les maritimes, avec City of the Dead et ses influences Alt-country.

Malgré quelques longueurs, Quiet Parade offre un disque qui réconcilie la vision claire de Murphy à sa volonté de transporter le groupe ailleurs. L'évolution du projet est palpable et ce nouvel album complet offre à la formation une superbe carte de visite pour faire résonner ses musiques au Canada.

En attendant, ce disque a le potentiel de devenir la bande sonore de l'automne.