Richard Laviolette - Taking The Long Way Home

Richard Laviolette ne déroge pas à son offre folk précédente sur son nouvel album. Si Taking The Long Way Home n'est pas son oeuvre marquante, elle mérite toutefois une écoute de la part des amateurs du genre, grâce à la personnalité chaleureuse de l'auteur-compositeur-interprète.

Photo de couverture : pochette de Taking The Long Way Home.

Issu de la grande famille You've Changed Records (Daniel Romano, Shotgun Jimmie, The Weather Station), Richard Laviolette emprunte le long chemin pour rentrer à la maison, en famille, sur son deuxième album consécutif à paraître sur la maison de disques ontarienne.

En famille

Au départ, la collection de onze chansons devaient permettre à l'auteur-compositeur-interprète de collaborer avec son père, également musicien, mais aussi aidant naturel pour sa mère, atteinte de la maladie d'Huntingdon, l'empêchant ainsi de participer aux sessions d'enregistrement. Laviolette s'adjoint plutôt les services de la grande famille folk canadienne, issu des Skydiggers, Ohbijou, Bry Webb, Lake of Stew et autres Cowboy Junkies de ce monde.

Cela ne dénature toutefois pas le caractère intime auquel Laviolette nous a habitués, car le groupe de musiciens présents sur Taking The Long Way Home ne donne pas le ton à l'oeuvre. Au long de la quarantaine de minutes, ceux-ci se fondent plutôt au paysage créé par Laviolette avec naturel.

Grand-maman est une punk

Cela permet aux divers états d'esprits du disque de se côtoyer, comme en témoigne My Grandma's More Punk (Than Most Punks I Know), qui au-delà de la légèreté du titre, se dévoile en tant qu'hymne fédérateur aux luttes féministes du passé. Ce titre résume l'originalité et l'efficacité de la plume de Laviolette, qui arrive à ressortir du lot lorsqu'il impose sa livraison, en pesant chaque mot.

Le résultat demeure toutefois inégal et parfois, les bonnes intentions écrites se perdent à l'écoute. Celui-ci arrive à pousser une idée à bout de bras à l'intérieur des divers couplets du disques afin de recapturer notre attention, pleinement nécessaire pour saisir les détails des textes.

Rentrer à la maison

Taking The Long Way Home reluit de la bonhomie infusée par Laviolette. Le disque se heurte toutefois à certains clichés du folk, faisant en sorte qu'on a à la fois l'impression de traîner en longueur (Old Country Music) ou d'entendre le même air en boucle, en plus de certains instants qui ne possèdent pas la griffe de l'auteur-compositeur-interprète. L'effort demeure louable au bout de l'écoute, grâce à la complicité (The Rock and the Moss) et à la musicalité (Grey Rain) qui occupent les bons instants du compact.

En respectant les codes du genre, ce disque bénéficie de la franchise de la tradition folk américaine, à l'abri du caractère artificiel de productions semblables. Il manque toutefois un certain recul au niveau de la réalisation pour permettre à sa démarche de se démarquer. En empruntant un détour pour rentrer à la maison, Laviolette finit par étirer un brin la ballade, mais il évite de recréer constamment le même disque. Au final, Taking The Long Way Home possède une immense qualité; c'est un album vrai et authentique.

Date de sortie : 10 mars 2017.